FLNKS : Pas de président. Mais un porte-parole…

FLNKS : Pas de président. Mais un porte-parole…



L’unité, c’est l’obsession des indépendantistes. À huit mois du référendum, le FLNKS cherche à montrer à la Calédonie et au monde son désir d’unité. Pas simple, lorsque les divisions et les divergences se sont accrues au fil des ans. Le congrès d’Arama du week-end dernier nous en a administré la preuve.

Le 36ème congrès du FLNKS n’a pas débouché sur de grandes avancées. Les participants ont pris acte du projet de société qui sera défendu lors de la campagne référendaire, mais pour le reste rien de ce qui avait été proposé n’a été entériné. À l’UC qui souhaitait l’élection d’un président du Front et son élargissement à d’autres composantes indépendantistes, le Palika, l’UPM et le RDO ont répondu niet, consacrant les divergences de vues entre les uns et les autres. Et parce qu’il fallait bien que quelque chose sorte d’Arama, l’idée d’un porte-parolat confié à Daniel Goa a surgi. « Tous les efforts ont été faits pour arriver à ce résultat, déclare Jean-Louis Koroma, secrétaire général de l’UC par intérim, et on va dire que c’est le pragmatisme qui a permis cette issue-là ». Mais l’exercice ne sera pas facile, comme le note justement Élisabeth Nouar dans sa chronique de lundi dernier : « Daniel Goa, président de l’UC, dit-elle, devra-t-il continuer à réclamer l’ouverture du FLNKS à d’autres groupes de pression, pendant que Daniel Goa, porte-parole du FLNKS devra expliquer que c’est une mauvaise idée ? ». Au sujet de l’ouverture du Front, l’idée semble avoir été repoussée aux calendes grecques, le Palika restant fermement opposé à toute idée d’alliance avec le Parti travailliste ou la DUS. « L’idée de conserver en l’état le noyau dur du mouvement indépendantiste a été privilégié, souligne Jean-Louis Koroma, mais la sphère FLNKS va s’ouvrir aux autres forces dans les espaces de travail ».

Pas la même indépendance !

Jusqu’alors, le crédo des indépendantistes consistait à répéter qu’en dépit des divergences possibles, les composantes du Front parviendraient toujours à s’unir sur l’essentiel. Ça ne semble plus vrai aujourd’hui du simple fait que, même sur l’idée d’indépendance, les opinions divergent. Paul Néaoutyine a toujours été opposé à une indépendance dans laquelle Kanaky pour survivre, serait contrainte de tendre la sébile, d’où sa proposition d’une indépendance en partenariat avec la France. L’UC en revanche revendique une indépendance pleine et entière, quel qu’en soit le prix. La fracture fondamentale entre les composantes du FLNKS est là, et chacun campe sur ses positions. Dès lors, tout ce qui est débat périphérique, comme on vient de le voir au congrès d’Arama, est superfétatoire. Le FLNKS, sans président ni véritable structure opérationnelle depuis le début des années 2000, est réduit désormais à la portion congrue, confiné à un rôle de représentation. Certes, les partis indépendantistes vont retrouver leur « unité » lors de la campagne en faveur du Oui pour l’indépendance, mais ensuite ? Dans les discussions souhaitées par le Premier ministre Édouard Philippe en décembre dernier, et organisées depuis au Haut-commissariat, chacun s’avance avec ses propositions, sans même chercher à réduire les divergences. Cette situation conduit à s’interroger sur le lendemain du référendum. À un Daniel Goa qui réclame des discussions bilatérales avec l’État pour éviter un 2ème puis un 3ème référendum, le Palika tient bon sur l’application stricte et entière de l’accord qui prévoit bien ces deux nouvelles consultations en cas d’échec du premier référendum. Le FLNKS n’est pas divisé, mais il n’est plus un front commun. Qu’on se le dise !

Ajouter un commentaire

L'addresse électronque est déjà enregistrée sur le site. S'il vous plaît, veuillez utiliser Le formulaire de connexion ou veuillez saisir un autre.

Vous avez saisi un nom d'utilisateur ou mot de passe incorrects

Nous sommes désolés, vous devez être connecté pour faire un commentaire.