Un vaisseau fantôme fait peur à Onghoué

Un vaisseau fantôme fait peur à Onghoué



Échoué en 1998 au large de l’Australie, un thonier japonais de 15 mètres a dérivé jusqu’au récif du lagon Sud de Nouvelle-Calédonie. Déséchoué fin 2017, ce véritable danger ambulant se dirigeait dans un couloir de circulation maritime. Il a été remorqué et déposé lundi en baie d’Onghoué… à la surprise générale des habitants. Et maintenant ?

 « C’est quoi ça ? Ça fait tâche sur notre récif ? » A en croire une habitante de la baie d’Onghoué, près de Naïa (Païta), l’épilogue de la « fabuleuse » histoire du thonier japonais échoué depuis 1998, n’est pas du goût de tous…

Lundi, les riverains, principalement des pêcheurs, ont eu la surprise de voir La Croix du Sud, navire amiral de la SNSM (société nationale de sauvetage en mer) de Nouméa, remorquer une épave et la déposer… dans leur baie.

« Personne ne nous a rien dit, on ne sait pas ce que c’est, explique un habitant, remonté. Tout ce que je vois, c’est que c’est dangereux pour les pêcheurs et les plaisanciers qui naviguent ici jour et nuit ! On en fait quoi de ce thonier ?»

Le problème, c’est que, pour l’instant, personne n’a la réponse. Renseignement pris auprès du centre coordination des secours en mer, le MRCC, il s’agit en fait d’un thonier japonais de 15 mètres, dont l’histoire aurait pu être le scénario du film le plus triste du monde. Jugez plutôt.

En 1998, ce navire s’échoue sur le récif de Middleton en Australie, dans des circonstances que nous ne connaissons pas. Qu’importe. 20 ans plus tard (oui, vous ne rêvez pas), le vaisseau fantôme rejoint les eaux calédoniennes,  plus précisément le récif de Grand Coude dans le Grand lagon Sud (magnifique). Extraordinairement, aucun accident en mer lié à la présence de ce danger ambulant n’a été signalé en deux décennies. Soit, environ, 7 300 jours d’errance en mer. Triste.

En novembre dernier, les autorités s’aperçoivent que ce thonier, du moins ce qu’il en reste, s’est déséchoué du récif de Grand Coude et « file » dangereusement au Nord de la passe Dumbéa. Surveillé, il se rapproche de la passe de Uitoé et de son flot incessant de porte-conteneurs. C’est à ce moment là que le haut-commissariat, garant de l’action de l’État en mer, et les forces armées de Nouvelle-Calédonie, décident de faire appel à la SNSM pour le remorquage et le dépôt… en baie d’Onghoué. Grâce à cette intervention, une collision avec un porte-conteneur ou tout autre navire a, peut-être, pu être évitée. Depuis, nous dit-on au MRCC, plusieurs réunions ont eu lieu pour décider du sort de ce pauvre thonier, qui, après 20 ans d’errance, semble être rejeté par tout le monde. Pourtant, certains plongeurs, adeptes d’épaves englouties, en feraient bien leur nouveau terrain de jeu.

Mais, certainement pas en baie d’Onghoué, où un projet démesuré de ferme perlière (comme à Tahiti) avait capoté il y a quelques années à cause, entre autre, d’un manque de communication entre les porteurs du projet et la population locale…

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1 commentaire(s)

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et moi je te dis mon frère, t'inkekette pas, l'administration gère et digère, dans 20 tans cé toujours là.