Kea Trader : déjà un an et ce n’est pas fini…

Kea Trader : déjà un an et ce n’est pas fini…



Demain, le 12 juillet, cela fera un an que le Kea Trader, le porte conteneur de 25 000 tonnes et 185 mètres de long battant pavillon maltais, s’est échoué sur le récif Durand. Si le risque majeur de pollution est désormais écarté, les experts étudient maintenant le plan pour évacuer les deux sections du navire qui ne débutera pas avant la fin du premier semestre 2019.

C’était le 12 juillet 2017. Il y a tout juste un an, en pleine nuit, le Kea Trader s’échouait sur le récif Durand à 140 nautiques de Nouméa, à vitesse de croisière. A bord, 782 conteneurs (dont 53 dangereux), 750 tonnes de fioul lourd, 81 tonnes de gazole et 60m3 d’huiles.

Le plan ORSEC Maritime est alors immédiatement déclenché pour cette opération « un cas unique et un défi pour les experts maritimes mondiaux », selon le haut-commissaire, Thierry Lataste. Unique parce que le navire est échoué en pleine mer, à plus de 400 mètres à l’intérieur du récif, et subit la forte houle et rend les conditions de travail sur site difficiles et dangereuses. « En moyenne, depuis novembre 2017, les équipes n’ont pu embarquer en sécurité à bord que 40% du temps », précise le commandant de la base navale, Amaury Bulier. Les priorités de l’Etat sont claires, sauvegarder les vies humaines, prévenir le risque de pollution majeur et restituer le récif à l’état de nature.

La première étape a donc consisté à retirer les hydrocarbures et alléger le navire pour tenter un déséchouement. « Au terme d’un an d’activité soutenue les sociétés Ardent Shanghai Salvage Company sont parvenues à traiter  les risques majeurs que faisait peser cet échouement soit 1 009 m3 de fioul lourd, gazole et huiles diverses, 399 m3 de débris et 90 % des conteneurs soit 697 », détaille le haut-commissaire.

Malheureusement, le 12 novembre le Kea Trader se sectionne en deux sous les assauts de vagues de 6 mètres. A ce jour et selon les autorités, moins d’un mètre cube de fioul s’est échappé du navire ce qui a engendré une pollution de 585 kg de boulettes de fioul ramassées sur les plages des îles Loyauté et de la grande terre. C’est la DSCGR (direction de la sécurité civile et de la gestion des risques) qui coordonne cette opération avec l’armateur tout comme la récupération des débris, environ 18 tonnes, suite au passage à proximité de Kea Trader des cyclones Gita et Hola qui ont disloqués les cales 2 et 3 libérant 72 conteneurs (tous vides à l’exception de 5 contenant des matières inertes. « Le risque de pollution majeure est écarté depuis le 10 août », annonce les autorités qui n’excluent pas, comme pour l’échouement du MV Rena en Nouvelle-Zélande, que demeurent encore à bord quelques hydrocarbures piégés dans les parties inondées du navire « dans des quantités résolument marginales ».

Maintenant, les opérations changent de nature et un appel d’offre international est lancé par l’armateur pour le retrait des deux sections de l’épave. Débutent alors les opérations visant à dépolluer finement l’ensemble du navire avant enlèvement. « Par la taille du bateau, les conditions en mer, le positionnement du navire sur le récif, on est face un phénomène sans précédent dans le monde, précise le haut-commissaire. Nous étudions en ce moment la proposition de l’armateur, mis en demeure pour enlever le navire par élément successif, dans une taille à déterminer. Cela comprend l’ensemble de ce qui reste sur le récif, les deux sections du bateau, mais aussi ce qui a été déposé au droit du récif. Le mode opératoire est en cours d’expertise par les services de l’Etat puisque ce serait une première mondiale tel qu’il est envisagé et proposé ».

Un travail qui va encore durer longtemps selon les experts et qui va nécessiter des savoir-faire particuliers. La mise en place du dispositif d’enlèvement n’interviendra pas avant la fin du premier semestre 2019. En attendant, la collecte des débris se poursuit sur le récif pour pouvoir évaluer l’impact sur l’environnement à la fin des opérations. Mais le haut-commissaire a tenu a rappelé que l’objectif fixé à l’armateur est bien de « restituer à la fin des opérations le récif Durand à l’état de nature. Jusqu’à aujourd’hui il répond à nos demande et mise en demeure et n’a jamais opposé d’arguments financiers ». Des retombées financières importantes pour les nombreuses entreprises calédoniennes sollicitées par l’armateur et qui restent le seul point positif de cet échouement hors norme.

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