Gaël Yanno reprend le perchoir du Congrès

Gaël Yanno reprend le perchoir du Congrès



Il y avait finalement trois candidats ce matin à la présidence du Congrès, Thierry Santa, Gaël Yanno et Roch Wamytan. C’est Gaël Yanno qui a été élu au troisième tour avec toutes les voix non-indépendantistes. Thierry Santa, le président sortant s’est d’abord maintenu, avec 6 voix sur 52 votants, avant de se retirer au dernier moment.

Il aura fallu finalement trois tours pour élire le président du Congrès. Si l’on savait depuis longtemps que les indépendantistes présenteraient une candidature unique, celle de Roch Wamytan, jusqu’au début de la séance rien n’était moins sûr côté non-indépendantistes. Le président Thierry Santa ayant annoncé depuis longtemps qu’il était candidat à sa propre succession, il ne restait plus qu’à savoir si, comme le microcosme le pressentait, Gaël Yanno se porterait candidat. Dès l’annonce de sa candidature en début de séance, tous les observateurs savaient que l’on s’acheminerait vers un troisième tour. La seule inconnue côté loyaliste étant qui voterait pour qui.

52 votants seulement

Les élus du parti travailliste, Marie Pierre Goyetche et Louis Kotra Uregei, ayant décidé de ne pas participer au vote, 52 élus seulement se sont exprimés. 23 côté indépendantistes et 29 côté non-indépendantistes. Et comme il faut la majorité absolue pour être élu au premier ou deuxième tour, soit 28 voix, seul un vote groupé des non-indépendantistes pouvait écourter la séance. Mais ce ne fut pas le cas.

Au premier tour Roch Wamytan a recueilli l’ensemble des 23 voix indépendantistes exprimés, Gaël Yanno les 15 voix de Calédonie Ensemble et la sienne, et Thierry Santa seulement 6 voix, celles du nouveau groupe constitué au Congrès avec le Rassemblement et Gil Brial du MPC, puisque les Républicains Calédoniens ont voté  blanc. Le deuxième tour s’est déroulé à l’identique entrainant, de fait, un troisième à la majorité relative.

Santa se maintient, puis se retire agacé

Et il y a eu un léger flottement pour ce troisième tour car dans un premier temps les trois candidats se sont maintenus, laissant planer quelques secondes sur le Congrès la possibilité de l’élection d’un président indépendantiste l’année du référendum. Ce n’est que dans un deuxième temps que le président sortant, Thierry Santa, a pris la parole pour annoncer, visiblement très agacé, qu’il retirait sa candidature et voterait pour Gaël Yanno. Ce dernier a été élu avec l’ensemble des voix non-indépendantistes, 29, contre 23 voix indépendantistes pour Roch Wamytan.

Gaël Yanno reprend le perchoir du Congrès 3 ans après sa première élection à la tête de l’institution. « Cette année de mandature est particulière à plus d’un titre, c’est la dernière année de mandature des 20 années de l’Accord de Nouméa (…), mais également l’année où les Calédoniens auront à choisir leur avenir le dimanche 4 novembre, a déclaré Gaël Yanno. C’est une année difficile durant laquelle je veillerai à ce que nos débats soit la traduction de la vie démocratique, mais aussi qu’après le 4 novembre cette institution soit un lieu où toutes les sensibilités qui se seront exprimées au référendum pourront poursuivre le dialogue indispensable au maintien de la paix et du vivre ensemble ».

Les réactions

Philippe Michel, président du groupe Calédonie Ensemble

« Nous avons soutenu la candidature de Gaël Yanno pour deux raisons. La première c’est le respect des engagements pris. Lorsque nous avons signé la Plate-forme commune le 15 juin nous poursuivions deux objectifs : garantir la stabilité des institutions et poursuivre le dialogue entre non-indépendantistes et indépendantistes. A ce titre nous avions pris l’engagement d’opérer une alternance politique au profit du MPC pour la dernière année de mandature au Congrès. Gaël Yanno a respecté ses engagements en ce qui concerne la poursuite du dialogue et nous avons respecté nos engagements en ce qui concerne le soutien de sa candidature à la présidence  du Congrès.  Pour le reste c’est la règle démocratique qui s’est opérée, c’est-à-dire que pour garantir l’élection d’un président non-indépendantiste au congrès c’est le candidat non-indépendantiste le moins bien placé qui se désiste au troisième tour. C’est ce qui s’est passé, le mieux placé a été élu. J’observe qu’au troisième tour tout le monde s’est rallié à la candidature de Gaël Yanno ».

Réaction de Philippe Michel à l'élection de Gaël Yanno à la Présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie

Philippe Michel : "On a respecté notre engagement, un point c'est tout !" Réaction de Philippe Michel à l'élection de Gaël Yanno à la Présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie.

Posted by La Dépêche de Nouvelle-Calédonie on Sunday, July 29, 2018

 

Sonia Backès, présidente du groupe les Républicains Calédoniens

« Nous avons fait le choix de ne pas présenter de candidat et de ne pas se positionner pour les deux premiers tours de scrutin, en votant blanc, car les Calédoniens en ont assez de ces bagarres pour des postes et nous ne voulions pas rentrer dans ce débat-là. Les Calédoniens attendent autre chose et je crois que pour l’avenir, dans le prochain statut de la Nouvelle-Calédonie, il faudra revoir ce système de vote au Congrès qui chaque année occupe une partie de la classe politique. Nous ne souhaitons pas en faire de même pour se positionner sur des postes. On sait ce que Gaël Yanno a fait pour en arriver là… »

Réaction de Sonia Backès suite à son élection à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie – lundi 30 Juillet 2018.

Réaction de Sonia Backès suite à l'élection de Gaël Yanno à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie – lundi 30 Juillet 2018.

Posted by La Dépêche de Nouvelle-Calédonie on Sunday, July 29, 2018

Roch Wamytan, président du groupe UC-FLNKS et nationalistes

« Cette élection est la mise en œuvre de la stratégie de Calédonie Ensemble pour la présidence du Congrès. Nous en prenons acte tout simplement et souhaitons que la présidence de Gaël Yanno puisse se dérouler avec toute la sagesse que nécessite la situation en Nouvelle-Calédonie dans le cadre de la préparation du référendum. Il en a parlé dans son discours d’investiture. Il y a eu un rassemblement de forces de droites non-indépendantistes contre la candidature d’un indépendantiste. Je doute en revanche que les propos de Thierry Santa, qui dit qu’il faut faire absolument barrage au candidat indépendantiste à la tête du Congrès, soit porteur d’avenir. Ce genre de discours, les indépendantistes ne souhaitent plus l’entendre dans cette enceinte ».

Réaction de Roch Wamytan suite à l'élection de Gaël Yanno à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie – lundi 30 Juillet 2018.

Réaction de Roch Wamytan suite à l'élection de Gaël Yanno à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie – lundi 30 Juillet 2018.

Posted by La Dépêche de Nouvelle-Calédonie on Sunday, July 29, 2018

 

Gaël Yanno, président du Congrès

« Aujourd’hui un président du Congrès loyaliste a été élu au troisième tour comme cela se fait quand il y a des candidatures multiples. L’ensemble des élus loyalistes se sont ralliés à ma candidature au troisième tour, c’est du classique. Les tensions entre loyalistes ne datent pas d’aujourd’hui, mais des départs de la plate-forme il y a un mois. Moi, je maintiens qu’il faut un minimum d’accord entre les différentes formations loyalistes pour pouvoir coordonner nos actions et pour pouvoir assurer la stabilité des institutions. Autrement se sont les indépendantistes qui sortent vainqueurs de cela ».    

Réaction de Gaël Yanno suite à son élection à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie – lundi 30 Juillet 2018.

Réaction de Gaël Yanno suite à son élection à la présidence du Congrès de la Nouvelle-Calédonie – lundi 30 Juillet 2018.

Posted by La Dépêche de Nouvelle-Calédonie on Sunday, July 29, 2018

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