Pour Promosud la situation est « solide et saine »

Pour Promosud la situation est « solide et saine »



Rendu public, le dernier rapport de la chambre territoriale des comptes n’est pas tendre avec la gestion de Promosud entre 2012 et 2016. Manque de résultats, soutien trop long aux sociétés, une stratégie qui « compromet l’autonomie financière » du bras armé de la province Sud. Pour son directeur, Michel Lasnier, de nombreuses actions ont déjà été engagées pour retrouver une situation « solide et saine ».

Promosud c’est depuis 1991 l’outil de la province Sud pour soutenir le développement touristique et économique. Une société d’économie mixte (SEM) dont elle est actionnaire à 67 % qui regroupe au total pas moins de douze filiales, dans l’hôtellerie, les mines, les services, l’aquaculture…

PromoSud c’est des participations dans 63 sociétés, représentant 12,6 milliard de francs. « C’est surtout 1 260 emplois créés dans des secteurs et filières classés prioritaires pour les politiques publiques de la province Sud, tient à préciser la présidente de Promosud, Martine Lagneau. Des secteurs économiques, mais aussi géographiques fragiles qui n’aurait pu exister et se développer sans le soutien de Promosud ».

Ce que l’on connait le mieux de Promosud, c’est son actionnariat dans la STCPI, elle-même au capital de la SLN et d’Eramet, mais aussi dans la Société des hôtels de Nouméa (SHN), actionnaire des casinos. Généralement très rémunératrices pour Promosud, les dividendes dans le secteur Nickel se sont taris ces dernières années et si on enlève celles de la SHN « du fait des remboursements d’emprunts liés à la rénovation du Méridien Nouméa et la construction d’un Sheraton de deva » toujours pas rentable, ça coince en trésorerie. La chambre territoriale relève dans son dernier rapport 1,3 milliard de pertes entre 2014 et 2016 et donc une « autonomie financière compromise » et des projections de trésorerie alarmante.

Pour le directeur de Promosud, Michel Lasnier, la situation n’est pas des meilleures, mais il note aussi que la CTC ne relève « aucun problème grave ». De plus, comme le rapport s’étend sur la période de 2012 à 2016 « des mesures correctives ont déjà été mises en application avant le rapport de la CTC ». Pour Michel Lasnier, « les prévisions de trésorerie de la Chambre, qui sont établies à partir de projection de 2015 et qui font état d’un déficit de 4 milliards en 2025, ne sont tout simplement plus d’actualité ». Deux milliards de remboursements d’avance en compte courant et de participation seraient déjà réalisées ou programmées pour les sociétés SOPAC, SIFRAIS, SHN ou encore Oure Lodge et « d’autres leviers sont susceptibles d’être actionnés comme le plan de remboursement province, la distribution de dividendes STCPI sur les dividendes SLN déjà perçus », explique le directeur qui annonce une trésorerie positive d’un milliard au 31 mars 2018.

Une durée d’intervention trop longue dans les sociétés

Autre point majeur du rapport de la CTC, la durée moyenne d’intervention de PromoSud dans les sociétés. Trop longue, selon la chambre qui relève que « cette durée moyenne, qui est de dix ans, soit le double de celle définie par Promosud, traduit l’absence de rentabilité des projets ». La chambre recommande donc à la société d’économie mixte « de limiter ses interventions, en temps et en volume financier, et de veiller au respect des engagements contractuels des bénéficiaires quant au remboursement des avances ». Pour les magistrats de la CTC, Promosud doit « se doter des instruments de mesure pertinents afin d’évaluer le résultat de ses participations en termes d’emplois et de valeur ajoutée, ainsi que de soutenabilité pour les finances publiques ».

Pour la présidente Martine Lagneau cette société d’économie mixte est une chance et « sans Promosud, beaucoup de ces sociétés n’existeraient pas tout comme les emplois directs et indirects qui vont avec et développent notamment des commues de l’intérieur ». Quant à la durée de participation dans ces sociétés avant rachats des parts à Promosud, le directeur est ferme : « Je ne veux pas être le fossoyeurs des entreprises calédoniennes en me retirant trop tôt de ces sociétés. Les aléas de la vie de ces jeunes entreprises prometteuses, sans problème de gestion je précise, font que nous sommes obligés de rester plus longtemps que prévu. Si nous provoquions le remboursement, ce serait la fin pour eux et nous aurions tout à y perdre ». Il annonce également que cette analyse tout comme le rapport de la CTC et le rapport d’activité de Promosud seront présentés « de manière très détaillée » devant les élus de la province Sud.

Les recommandations de la chambre territoriale des comptes

Parmi les 18 recommandations de la chambre recommande on peut noter les principales à savoir qu’elle demande à Promosud :

« De formaliser sa stratégie en passant par une délibération du conseil d’administration, sa déclinaison en actions opérationnelles et ses modalités d’évaluation. Une démarche devra s’accompagner d’un bilan exhaustif d’activité » ;

« D’adopter un règlement intérieur définissant les conditions et les modalités de ses interventions » et de « réexaminer les modalités de rémunération des avances en compte-courant afin que le taux de 3% retenu par sa délibération du 21 novembre 2014, qui est à ce jour peu appliqué, conserve une portée générale » ;

« De demander à l’ensemble des sociétés du portefeuille de transmettre trimestriellement un tableau de bord homogène comportant des indicateurs pertinents permettant un suivi de leurs activités et de leur situation financière » ;

« De renforcer, et d’identifier dans son organisation la fonction de contrôle interne en mettant en place des outils de pilotage sous la forme de tableaux de bord et d’indicateurs d’activité et d’évaluation », mais aussi « d’évaluer et d’analyser précisément les conditions de sortie des entreprises de son portefeuille et les pertes qui en résultent » ;

« De mettre en place les instruments de mesure pertinents afin d’évaluer les résultats de ses participations en termes d’emplois et de valeur ajoutée » et « d’examiner les conditions d’une limitation de ses interventions, en temps et en volume financier et de veiller au strict respect des engagements contractuels des bénéficiaires quant au remboursement des avances ».

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