Les cantines scolaires du Grand Nouméa rouvriront jeudi 8 novembre

Les cantines scolaires du Grand Nouméa rouvriront jeudi 8 novembre



Les experts mandatés par le gouvernement ont restitué hier à l’oral une partie de leurs travaux. Ils ont réalisé un diagnostic sur les toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) qui ont touché les écoles primaires du Grand Nouméa et formulé des recommandations. Les villes de Nouméa, Païta et Dumbéa ont décidé de rouvrir les cantines le jeudi 8 novembre, mais le travail se poursuit pour améliorer et sécuriser ce service. Explication.

Après plus d’un mois de crise dans les cantines du Grand Nouméa, les choses se précisent. Hier, les deux experts de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) mandatés par le gouvernement ont rendu leurs premières conclusions à l’oral. Elle suffisent apparemment à reprendre le service de cantines dans les communes de Nouméa, Dumbéa et Païta à partir du jeudi 8 novembre. Le Mont-Dore avait déjà repris le 29 octobre.

« La flore microbienne observée est banale et très courante. La piste toxicologique, sans être complètement écartée, n’est pas retenue »

C’est par un communiqué, hier soir, que le gouvernement a annoncé la nouvelle tant attendue par les parents d’élèves du Grand Nouméa depuis le 25 septembre, date à laquelle le gouvernement, la province Sud et les quatre villes du Grand Nouméa avaient suspendu le service en raison de nombreuses toxi-infections alimentaires collectives (TIAC) qui ont touché les écoles primaires publiques servies par la société Newrest.

Arrivés le 25 octobre, les deux experts, Renaud Lailler, coordinateur adjoint de la plate-forme nationale de surveillance sanitaire de la chaîne alimentaire de l’ANSES et Laurent Guignard, docteur vétérinaire et inspecteur senior en santé publique vétérinaire, spécialisé en audit d’entreprises de restauration collective ont rencontré l’ensemble des acteurs impliqués, la Dass, le Sivap, les laboratoires d’analyse et l’entreprise Newrest et se sont rendus dans les cantines concernées par les TIAC. Selon le gouvernement, ils ont conduit « une expertise épidémiologique, technique et sanitaire des diverses intoxications alimentaires, et ont réalisé une évaluation technique et sanitaire des sites de production et des modes de distribution des repas » qui ont déjà permis de formuler des recommandations à destination des  administrations en charge des investigations et des contrôles.

« Près de 800 analyses bactériennes et toxicologiques ont été menées par les laboratoires de Nouvelle-Calédonie ou par l’ANSES, en Métropole »

Quelles analyses ?

Le gouvernement explique que depuis la fermeture des locaux de l’entreprise Newrest « près de 800 analyses bactériennes et toxicologiques ont été menées par les laboratoires de Nouvelle-Calédonie ou par l’ANSES, en Métropole » et que, sur la base des résultats déjà reçus, « les experts confirment 6 TIAC sur les 12 suspicions dont la cause est microbiologique ». Il précise que « la flore microbienne observée est banale et très courante ». Pour les experts « la piste toxicologique, sans être complètement écartée, n’est pas retenue ».

Quelles écoles concernées ?

Les résultats des nombreuses analyses révéleraient que sur «  les six cas de TIAC cinq concernent des écoles (Heinrich-Ohlen en juin, écoles Marguerite-Arsapin, Alphonse-Dillenseger, Albert-Perraud et James-Paddon en septembre) et un le centre d’incendie et de secours de la Ville de Païta (en juillet dernier). Selon les experts « aucun élément d’analyse ne permet de confirmer les six autres épisodes comme étant des TIAC (école Jean-Ounou Cottin en mars, école Antoine-Griscelli en juin, école Frédérique-Surleau et Les Oeillets en juillet, école Victorien-Bardou et Louise De-Greslan en septembre ». Ils précisent qu’elles auraient pu être « causées par d’autres facteurs ».

Quid de Newrest

Le gouvernement explique que les experts ont consacré plus d’une journée à étudier le fonctionnement de la cuisine centrale et à rencontrer les membres de la direction de Newrest. Des rencontres qui ont soulevé plusieurs points. Selon eux, « le rachat de la Restauration française par l’entreprise Newrest, en novembre 2017 « a entraîné une perte de maîtrise dans la production des repas (changement de direction, changement de personnel) ». Il en ressort que « les locaux sont conformes mais vétustes et nécessitent une réhabilitation que l’entreprise va entreprendre dès l’été prochain » et que « le process de lavage des plateaux doit également être améliorée ». Le plan de maîtrise sanitaire de l’entreprise (PMS) a été complété et transmis au Sivap qui l’a validé. Selon le gouvernement, Newrest a mis en place des formations et des procédures afin de faire évoluer son personnel et de « gros travaux de réhabilitation » sont prévus entre décembre 2018 et février 2019. Ce n’est qu’après ces travaux que le Sivap pourrait délivrer un agrément d’hygiène définitif à Newrest.

« Aucun élément ne permet de mettre en relation les TIAC avec un véhicule, un chauffeur ou un horaire de livraison en particulier »

Pour ce qui concerne les livraisons les experts ont procédé à l’analyse des véhicules de transport et « aucun élément ne permet de mettre en relation les TIAC avec un véhicule, un chauffeur ou un horaire de livraison en particulier ». Concernant les cantines des écoles, les experts ont souligné « la nécessité de réviser certains réfrigérateurs, de renforcer le contrôle de leur température intérieure et de réviser les carnets de suivi fournis aux cantinières ».

Le communiqué du gouvernement explique donc que « fortes de ces enseignements, les villes de Nouméa, de Païta et de Dumbéa ont souhaité reprendre le service de cantine dès le lundi 5 novembre », mais les contraintes d’approvisionnement de Newrest ne pourront toutefois lui permettre de livrer les écoles qu’à partir du jeudi 8 novembre.

Enfin, le gouvernement tient à préciser que durant les semaines précédant la fin de l’année scolaire, il « réunira à intervalles réguliers l’ensemble des acteurs impliqués afin de vérifier le bon avancement d’un plan d’actions qui comporte des mesures à court, moyen et long terme ».

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