Les pêcheurs auront bientôt un vrai statut

Les pêcheurs auront bientôt un vrai statut



Le gouvernement a trouvé un accord avec la confédération des pêcheurs professionnels côtiers de Nouvelle-Calédonie pour la création d’un statut pour les patrons pêcheurs. Un avant-projet de loi du pays que les hommes de la mer attendent depuis longtemps sera présenté mardi prochain en séance du gouvernement.

Ils ont enfin trouvé un accord avec le gouvernement. Ils, ce sont les patrons pêcheurs de Nouvelle-Calédonie. Depuis 2009, année de création de la confédération des pêcheurs professionnels côtiers de Nouvelle-Calédonie, ils réclament un statut officiel reconnu à l’échelle du pays à l’instar de celui des agriculteurs. Réunis hier autour du membre du gouvernement en charge notamment de la pêche, Nicolas Metzdorf, ils ont annoncé que le fruit de leur travail depuis bientôt 9 ans était en passe d’aboutir avec la présentation d’un avant-projet de loi de pays dès la semaine prochaine en séance du gouvernement.

« Ce statut va nous ouvrir de nouvelles perspectives et permettre de fixer les populations sur leur lieu de vie notamment au Nord et aux îles »

« Aussi loufoque que cela puisse paraître dans une île du Pacifique avec une grande histoire avec la mer, avec la volonté de développer l’économie bleue, les pêcheurs de Nouvelle-Calédonie n’avait aucun statut et c’est une situation anormale », explique Nicolas Metzdorf. Les professionnels et le gouvernement ont donc travaillé de longs mois à la rédaction d’un texte qui traite des grandes orientations de la pêche en Nouvelle-Calédonie, prévoit un code de la pêche avec un véritable statut pour les patrons pêcheurs, qu’ils soient pêcheurs côtiers ou hauturiers. « C’est une véritable avancée pour nous, mais surtout pour les générations futures, se réjouit Abel Cica, le président de la confédération des pêcheurs professionnels côtiers. C’est un métier très dur qui naturellement n’attire pas les jeunes. Mais si en plus ils n’y voient aucune perspective, aucun statut, aucun droit à la retraite, ils préfèrent regarder vers la montagne et la mine que vers la mer. Ce statut va nous ouvrir de nouvelles perspectives, dans un pays où nous importons encore trop de poisson alors que la ressource est riche et à notre portée, et permettre de fixer les populations sur leur lieu de vie notamment au Nord et aux îles ».

Des droits et des devoirs

Pour être désigné pêcheur en Nouvelle-Calédonie, et obtenir les droits et la reconnaissance qui en découlent, il va donc falloir remplir des obligations, c’est la contrepartie que les professionnels ne contestent pas, bien au contraire. Pour être considéré comme patron pêcheurs il faudra, si le texte est adopté, être titulaire d’une autorisation de pêche provinciale, être l’exploitant d’un navire qui en conformité avec les conditions liées à la sécurité des navires et à la fiscalité qui entrent dans le champ des compétences de la Nouvelle-Calédonie avoir un permis de navigation (catégorie pêche professionnelle en cours de validité pour chacun des navires qu’il exploite), un justificatif d’inscription au répertoire d’identification des entreprises (RIDET) et une attestation de situation fiscale de l’année précédente pour l’activité de pêche en mer. « Cela paraît basique, mais  contribuera ainsi à la professionnalisation du secteur et ouvrira progressivement à ses titulaires des droits particuliers comme des avantages fiscaux, détaille Nicolas Metzdorf. Il faut savoir qu’aujourd’hui beaucoup d’entre eux ne déclarent même pas leurs revenus ou n’ont tout simplement pas de permis de navigation ». Les patrons pêcheurs en règle seront à l’avenir répertoriés et bénéficieront d’une carte professionnelle, une manière aussi d’assainir la profession.

La pêche côtière en quelques chiffres

Selon le gouvernement et les professionnels, 879 tonnes de poissons sont pêchés annuellement par les 500 pêcheurs côtiers professionnels de la Grande Terre et des îles, dont plus de la moitié dans Nord, pour un chiffre d’affaire annuel de 500 millions de francs (Chiffres 2016). Avec plus de 510 tonnes par an, les poissons récifaux lagonaires constituent l’essentiel des captures, suivis par les holothuries (237 tonnes), les crustacés (66 tonnes), les poissons pélagiques (18 tonnes) et enfin les poissons profonds (30 tonnes). 52% sont prélevés en province Sud et seulement 6% en province en province des Îles. « C’est une aberration, mais sans statut beaucoup choisissent d’avoir une autre activité et ne pêchent presque plus, notamment aux Loyauté », explique le président de la confédération qui attend avec impatience le vote au Congrès de cette loi du pays pour changer la donne.

Un statut pour les patrons-pêcheurs

Nicolas Metzdorf : "Si on n'apporte pas un statut aux pêcheurs, comment espérer développer l'économie bleue ?"Ce mercredi matin, à Port Moselle, Nicolas Metzdorf, membre du gouvernement en charge du secteur de la pêche, entouré des acteurs de la profession, présentait un projet de loi de pays, intégrant la création d'un code de la pêche en Nouvelle-Calédonie.

Posted by La Dépêche de Nouvelle-Calédonie on Tuesday, November 13, 2018

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