La reconstitution du meurtre du gendarme mobile Nicolas Molinari, survenu le 15 mai 2024, livre ses premiers enseignements. Lors d’une opération massive fin août, le parquet de Nouméa confirme l’emploi d’un tireur équipé d’une arme longue à lunette, déterminé à frapper à distance au moment où la victime utilisait son téléphone, l’éclairant dans l’obscurité. Les investigations, non moins minutieuses, ont déjà permis d’identifier dix suspects, dont deux tireurs présumés issus de la tribu de Saint‑Louis : la violence politique signe un nouveau seuil. Voici la chronologie d’un drame devenu symbole de la crise melting‑pot.
Contexte et déroulé de la reconstitution
Une reconstitution spectaculaire s’est déroulée dans la nuit du 18 au 19 août 2025, mobilisant 450 gendarmes et entrainant la fermeture totale de l’axe routier traversant Saint‑Louis. L’objectif : reproduire les conditions exactes du drame pour éclairer les zones d’ombre quelques jours après que le procureur Yves Dupas ait livré les premières conclusions.
Les faits reconstitués et les éléments techniques
- Le 15 mai 2024, deux jours après le début des émeutes dans l’archipel, le gendarme mobile Nicolas Molinari, âgé de 22 ans, est abattu d’une balle en pleine tête alors qu’il occupait le siège du conducteur du véhicule de gendarmerie, stationné aux abords du rond‑point de La Coulée, au Mont‑Dore .
- L’expertise balistique a établi que le tireur, situé à une distance de 200 à 230 mètres, avait utilisé une arme longue équipée d’une lunette de visée, lui offrant les moyens d’un tir précis à distance.
- Le gendarme aurait été visé au moment où il utilisait son téléphone portable, qui aurait éclairé son visage dans l’obscurité, facilitant ainsi le ciblage.
Enquête et mise en cause des suspects
- L’enquête, qualifiée de particulièrement minutieuse, a permis d’identifier dix personnes mises en cause, toutes originaires de la tribu de Saint‑Louis . Parmi elles, deux tireurs présumés ont été détectés :
- Un figure parmi les trois individus placés en détention provisoire.
- L’autre a été tué lors d’un affrontement avec les forces de l’ordre dans la tribu de Saint‑Louis, le 19 septembre 2024.
- Au total, trois personnes sont en détention provisoire, une est assignée à résidence sous surveillance électronique, et cinq autres sont sous contrôle judiciaire .
- Les charges retenues sont lourdes :
- Une personne pour « meurtre et tentative de meurtre »,
- Trois pour « complicité de meurtre et de tentative de meurtre »,
- Cinq pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un crime ».
La reconstitution de la nuit du 18-19 août 2025 constitue un tournant dans l’affaire Molinari. Ce drame, survenu dans la tourmente des émeutes printanières, révèle une exécution ciblée : un tireur isolé, à distance et prêt, a visé le gendarme rendu vulnérable par la lumière de son portable. L’enquête, déjà fructueuse, met en lumière un réseau criminel localisé à Saint-Louis, portant un coup dur à la logique de simple violence de quartier. Le dossier va désormais s’épaissir devant la justice.
Appel à l’action : la suite de l’instruction, les audiences à venir ainsi que la désignation formelle du tireur seront autant d’étapes décisives pour lever le voile sur ce drame et restaurer la confiance dans l’ordre public calédonien.