Les coups de gueule des auditeurs d’Océane FM mettent en lumière une situation dramatique : le système de santé calédonien est au bord de la rupture. Tandis que le Médipôle vit au rythme d’une grève illimitée, les habitants du Nord et des îles se retrouvent contraints de parcourir des centaines de kilomètres pour accéder aux soins. Depuis les émeutes de mai 2024, le système médical calédonien est au bord du gouffre. Dans l’émission Coups de gueule sur Océane FM, les chiffres ont glacé les auditeurs : « 250 départs en un an, 80 médecins radiés, 100 soignants perdus au Médipôle ». La saignée ne s’arrête pas là : 20 cabinets médicaux incendiés, des lits fermés, des urgences saturées.
Aides-soignants en grève mais au front
Les patients n’ont parfois plus de porte d’entrée. Un auditeur raconte :
Certains cabinets n’acceptent plus que leurs habitués, impossible pour les nouveaux d’être reçus
Un autre ajoute :
Les médecins travaillent du matin au soir sans interruption, ils ne peuvent plus prendre personne de plus
Un auditeur a tenu à exprimer sa gratitude :
Ils sont en sous-effectif, en grève illimitée, mais ils tiennent pour soigner les malades
Derrière ce message de soutien, une réalité glaçante : les soignants se battent sur deux fronts, défendre leurs conditions de travail et continuer à assurer des soins essentiels à une population fragilisée.
Des hôpitaux vides dans le Nord et les îles
La situation est dramatique hors de Nouméa. Le CMS de Bourail, seul centre médico-social du nord de la province Sud, croule sous la demande. Les malades doivent parcourir des dizaines, parfois des centaines de kilomètres pour accéder à des soins.
Une auditrice l’a résumé avec colère :
Dans le Nord et les îles, il n’y a plus d’hôpital. Les pauvres deviennent plus pauvres, les riches plus riches
Derrière ces mots, une réalité crue : l’inégalité sanitaire fracture le territoire. Pendant que la capitale concentre encore quelques services spécialisés, la brousse et les îles vivent dans un désert médical.
Cette phrase résonne comme un constat d’échec. Les fermetures partielles, le manque de médecins et la fuite des praticiens créent des déserts médicaux. Résultat : les familles doivent descendre jusqu’à Nouméa pour une simple consultation, aggravant les inégalités territoriales.
Le malaise est profond : les soignants en grève illimitée tiennent encore par conscience professionnelle, mais jusqu’à quand ? Un auditeur a tenu à leur rendre hommage :
Ils sont en sous-effectif, mais ils soignent toujours les malades
Cette reconnaissance populaire contraste violemment avec l’indifférence perçue du monde politique.
La Nouvelle-Calédonie vit une urgence sanitaire silencieuse. Soignants épuisés, patients abandonnés, inégalités croissantes : tout indique qu’il est temps d’agir. Le coup de gueule des auditeurs n’est pas une simple plainte, c’est un signal d’alarme.