La France s’approche d’un tournant politique. En cas de dissolution, les sondages montrent un paysage dominé par le RN et une gauche incapable de s’unir.
RN stable, Reconquête en embuscade
Le sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche (30 août) confirme la tendance : le Rassemblement national reste la première force du pays avec 31 à 31,5 % des intentions de vote. Ce socle électoral massif s’installe dans la durée, après les 33,22 % récoltés dès le premier tour des législatives 2024.
Autre donnée à surveiller : la progression de Reconquête, crédité désormais de 4,5 à 5 % contre seulement 0,75 % en 2024. Une percée qui traduit un espace réel pour la droite identitaire et souverainiste.
Les Républicains, maillon faible mais pivot décisif
Affaiblis mais pas effacés, Les Républicains se maintiennent autour de 10,5 % des intentions de vote. S’ils apparaissent loin derrière le RN, leur poids reste décisif : ce socle, combiné au RN et à Reconquête, porterait une éventuelle union des droites autour de 45 à 47 % des voix.
De quoi envisager, dans l’hypothèse d’une dissolution, une majorité absolue si les électorats conservateurs et patriotes acceptaient de dépasser leurs querelles internes.
Macron affaibli, la gauche piégée
Pendant ce temps, le camp présidentiel Ensemble s’effondre à 14 %, loin des 20 % engrangés en 2024. La gauche, même unie, ne dépasse pas 23,5 %. Divisée, elle tombe à 16,5 % pour PS/EELV/PCF et 10 % pour LFI. L’effet Mélenchon s’épuise, tandis que le clivage au sein de la NFP devient visible : la moitié des électeurs préfèrent le PS et ses alliés plutôt que LFI.
Un constat implacable : seule la droite, dans toutes ses sensibilités, est en dynamique.
Le front républicain s’effrite
Enfin, le fameux “barrage républicain” n’a plus le même impact : 53 % des Français estiment qu’il ne faudrait pas faire barrage au RN, contre 46 % qui pensent l’inverse. Une bascule symbolique, qui montre que l’opinion publique s’habitue à l’idée d’une droite au pouvoir, et peut-être d’une grande alliance nationale.