Les centres médico-sociaux de Maré, Lifou et Ouvéa tournent au ralenti. L’USTKE sonne l’alarme sur une crise sanitaire silencieuse mais dramatique.
Des soins réduits au strict minimum
Ce mercredi 30 juillet, les CMS des trois îles Loyauté n’assurent plus que les urgences vitales. Une grève symbolique mais déterminée, orchestrée par les sections locales de la Fédération de la Fonction Publique STKE, a mobilisé le personnel soignant de Tadine à Wé. Partout, le même constat : les centres de soins sont à bout de souffle, confrontés à un sous-effectif chronique, une désorganisation administrative et des conditions de travail devenues intenables.
À Maré, il manque deux sages-femmes, deux dentistes et trois médecins. À Lifou, les gardes de nuit ne sont plus assurées. À Ouvéa, les soignants doivent eux-mêmes pallier l’absence d’aides-soignants et d’agents hospitaliers. Les CMS tiennent grâce à l’abnégation du personnel, mais au prix de lourds sacrifices. Pire encore : certains bâtiments sont devenus insalubres, le ménage n’y étant plus assuré.
Des choix budgétaires contestés
La colère syndicale ne vise pas seulement le manque de moyens, mais des décisions politiques jugées incompréhensibles. Un poste de dentiste a été supprimé pour créer celui d’infirmière hygiéniste, une fonction déjà incluse dans la formation infirmière. Une hérésie, selon l’USTKE, quand on manque cruellement d’infirmiers sur le terrain. Certains postes sont laissés vacants alors que les besoins sont criants. Les patients n’ont plus de repas servis depuis le 3 juin, plus de literie propre depuis deux semaines. À Maré, ce sont désormais les familles qui assurent le service de bouche.
Le plus alarmant reste l’absence de dialogue structuré entre les syndicats et la province.
Lorsqu’on rencontre les élus, le décalage entre le discours et la réalité est vertigineux, regrette un représentant syndical. On ne comprend plus les choix.
Des revendications claires, une santé en péril
Face à cette dégradation accélérée du service public de santé, l’USTKE ne demande pas l’impossible. Les revendications sont claires : recrutement immédiat du personnel soignant déjà budgété, reprise des services de base (ménage, repas, literie), titularisation des aides-soignants et agents hospitaliers, et un engagement écrit de la province avec un calendrier précis.
La création d’un groupe de travail incluant les représentants de terrain figure aussi parmi les priorités. Les personnels souhaitent que les décisions soient enfin prises au contact des réalités vécues. Une première rencontre entre les syndicats et le secrétaire général de la province des Îles s’est tenue à Lifou en fin de matinée. Elle marque peut-être le début d’un dialogue plus franc, mais la défiance reste vive.
L’USTKE alerte : ce mouvement n’est pas un baroud d’honneur mais un signal d’alerte. La santé publique des îles est en urgence vitale. Les populations locales, souvent éloignées des centres urbains, ne peuvent pas être les oubliées du système de soins. Il y a des choix à faire, mais ils doivent être justes, concertés, et cohérents avec les réalités du terrain.