La douceur des eaux de la Baie des Citrons à Nouméa a récemment été troublée par un « coup d’Ouest » qui a fragilisé la fameuse barrière anti‑requins. Fermeture préventive, inspecteurs pompiers à l’appui… une simple maintenance, ou plutôt un rappel brutal des tensions entre protection des usagers et préservation du lagon ?
Filet brisé, plage interrompue… plongée au cœur de la tempête
Le coup d’Ouest survenu en début de semaine a sévèrement endommagé le filet anti‑requins protégeant la Baie des Citrons. Sa résistance n’a pas suffi : la baignade a été interdite mercredi 27 et jeudi 28 août, le temps que les réparateurs interviennent. Les pompiers ont alors fouillé la zone en jet‑ski et drone, concluant à l’absence de danger, permettant ainsi une réouverture sans heurt vendredi. « Le filet anti‑requins a été endommagé… Fermeture de la baignade par précaution… réouverture de la plage emblématique »
Filet anti-requins : bouclier salvateur ou prison sous-marine ?
Le dispositif, installé fin 2023 (750 m × 220 m, surface de baignade sécurisée de 10 ha), s’inscrit dans le cadre du plan P3R lancé dès 2019. Il a permis, selon la mairie, de réactiver une plage qui risquait de sombrer dans l’oubli :
Ça fait vraiment plaisir de voir la plage retrouver son animation
interpellent les commerçants.
Il s’agit d’une barrière anti‑requins… résistante et respectueuse de l’environnement
Mais les doutes persistent.
Urgence ou précaution ? Quand la peur façonne le littoral
Les filets, tout comme les campagnes d’abattage, sont des réponses directes à plusieurs attaques dont une mortelle survenues début 2023 dans les baies de Nouméa. Le filet s’est imposé comme une mesure urgente, mais contestée : certains estiment que la meilleure protection reste la vigilance et l’éducation plutôt qu’une clôture sous-marine.
Repenser la coexistence terre-mer ou continuer à simuler une sécurité dénaturée ?
La réouverture de la Baie des Citrons après une brève fermeture technique rappelle que la nature garde toujours un coup d’avance sur nos dispositifs de protection. Le filet anti-requins, installation emblématique, incarne à la fois notre besoin de sécurité et notre détachement croissant des réalités du lagon. Entre sécurité humaine et survie environnementale, le dilemme perdure. Alors que l’on répare cette barrière endommagée, c’est bien la barrière mentale qu’il faudrait questionner. Faut-il encore renforcer ? Ou plutôt commencer par respecter ce qui ne dérange personne ?