Un programme européen débarque dans le Pacifique. Mais derrière le vernis écologique, certains y voient aussi une forme de dépendance renforcée.
L’UE exporte sa méthode aux Outre-mer
Derrière le label Green Overseas, Bruxelles veut accélérer la transition énergétique et renforcer la capacité de réponse des pays et territoires d’outre-mer (PTOM) face aux crises climatiques. Concrètement, deux modules sont proposés :
Accéder au financement climatique (les 23, 25 et 30 septembre, et le 2 octobre 2025), destiné aux porteurs de projets et responsables publics ;
Renforcer la résilience financière face aux catastrophes (les 7, 9, 14 et 16 octobre 2025), visant les acteurs de la gestion des risques et des finances publiques.
Les horaires, fixés sur Nouméa (7h00-9h00), indiquent que le dispositif cible en priorité le Pacifique. Mais une question demeure : jusqu’où l’Europe doit-elle dicter aux Outre-mer leur agenda énergétique ?
Entre expertise et dépendance institutionnelle
Ces formations, animées par des experts internationaux, promettent une approche à la fois théorique et pratique, avec études de cas, travaux de groupe et séances interactives. Une démarche séduisante sur le papier. Pourtant, pour certains élus et acteurs économiques, le risque est clair : la dépendance aux financements extérieurs. Car si l’Europe paie et encadre, les PTOM se retrouvent en position d’exécutants. Les sociétés civiles locales et les secteurs privés régionaux pourraient voir leurs capacités d’initiative réduites au profit de standards européens.
Une opportunité… mais pour qui ?
Les organisateurs insistent sur l’échange de bonnes pratiques et la coopération régionale. Mais derrière cette vitrine, les PTOM – qu’ils soient britanniques ou européens – n’ont pas tous les mêmes priorités. Certains défendent la souveraineté énergétique locale, misant sur des filières adaptées à leurs réalités. D’autres rappellent que le climat sert trop souvent de prétexte à la mise sous tutelle technocratique. Si l’UE apporte des fonds et des outils, la vraie question reste : qui décide de l’avenir énergétique des Outre-mer ? Bruxelles ou les territoires eux-mêmes ?