Comme un disque rayé, la Vᵉ République tourne en boucle. Mais cette fois, Emmanuel Macron pourrait bien se retrouver face au mur.
La chute de Bayrou, symbole d’un pouvoir sans colonne vertébrale
Le 8 septembre marquera une nouvelle humiliation pour le Président. Son Premier ministre, François Bayrou, va tomber, balayé par une motion de censure annoncée. Macron perd son paratonnerre : celui qui encaissait les coups et lui permettait de tenir encore quelques mois. Dès le 10 septembre, les cortèges syndicaux, encouragés par La France insoumise, réclameront ouvertement la démission du chef de l’État. Des slogans circulent déjà :
Le 8, on vire Bayrou ; le 10, on fait tomber Macron.
Le climat social se durcit, et le pouvoir vacille comme rarement depuis 2018. Loin de l’image de stratège froid, Macron apparaît désormais acculé, isolé, prisonnier de ses propres contradictions.
La gauche radicale et l’extrême droite se frottent les mains. Mais derrière ce chaos, une réalité s’impose : la France paie le prix de sept années de macronisme technocratique, coupé du réel et incapable de rassembler une majorité stable. La dissolution de l’Assemblée, que Macron répète ne pas vouloir, redevient pourtant l’arme ultime. Gérald Darmanin, toujours prompt à tester le rapport de force, l’a rappelé : il ne faut pas « écarter » trop vite ce scénario. Même Édouard Philippe, figure tutélaire de la droite modérée, estime qu’elle est « inéluctable ». Mais une dissolution ne réglerait rien : le pays resterait fracturé, le Parlement éclaté.
La tentation de la démission : Copé en éclaireur, Mélenchon en embuscade
Et si la crise trouvait sa sortie par le haut ? L’idée de la démission du Président prend forme. Jean-François Copé, revenu sur le devant de la scène, appelle Macron à « programmer son départ », en se présentant en héritier du gaullisme : mieux vaut partir dignement que s’accrocher pathétiquement. Pour Jean-Luc Mélenchon, la musique est la même mais l’orchestre différent :
Le problème, c’est Macron. Il doit partir.
La convergence est rare, mais révélatrice. Quand Copé et Mélenchon parlent d’une même voix, c’est que la légitimité présidentielle est à bout de souffle.
Emmanuel Macron, fidèle à lui-même, balaie l’idée. Il promet de rester « jusqu’au dernier quart d’heure ». Mais les Français, lassés de ses promesses creuses et de son mépris affiché, ne l’écoutent plus. Le macronisme est devenu un bruit de fond, une sorte de disque rayé que le pays n’entend plus. Même les partisans les plus fidèles peinent à défendre son bilan. L’autorité s’est évaporée, et avec elle l’espoir d’une sortie de crise apaisée.
La France n’a pas besoin d’un président en fin de course qui s’accroche à son fauteuil, mais d’un cap, d’une autorité claire et assumée. Macron ne l’incarne plus.
Le piège du Premier ministre de gauche : Macron recule pour mieux sombrer
Dernière carte dans le jeu élyséen : nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire. Les écolos, LFI et les communistes hurlent depuis des semaines pour imposer leur chef de gouvernement. Marine Tondelier supplie, Mélenchon menace. Macron, lui, hésite. Il sait que confier Matignon à la gauche, c’est offrir les clefs de la maison France à ceux qui veulent déconstruire l’État, ouvrir grand les frontières et ruiner l’économie.
Nommer Lucie Castets, ou une figure de gauche moins clivante comme Bernard Cazeneuve, serait un pari insensé. D’une part parce que la droite comme le RN censureraient immédiatement ce gouvernement. D’autre part parce que Macron n’a jamais voulu voir sa politique économique détricotée. On n’imagine pas le Président renoncer à la réforme des retraites ou accepter un virage écologique punitif. Autant dire que ce scénario, brandi par la gauche comme une victoire démocratique, ressemble à une impasse totale.
En réalité, Emmanuel Macron n’a plus de solution. Ni dissolution, ni démission, ni nomination miracle : chaque option mène à l’affaiblissement. Le pays a besoin de clarté, d’ordre et de fermeté. Or Macron ne peut plus les incarner. Les Français le savent. La droite le dit. Même certains de ses alliés commencent à l’admettre.
En huit ans, Emmanuel Macron aura tout tenté, sauf l’essentiel : réconcilier la France avec elle-même, en assumant l’autorité plutôt que la posture. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un président en sursis. Le disque tourne encore, mais le son est déjà coupé.