Après des semaines de tensions et un duel politique qui a fragilisé l’institution, l’assemblée provinciale des Îles Loyauté tente de tourner la page.
À Wé, ce jeudi 12 février, place au réel : chiffres, dettes, économies et responsabilité budgétaire.
Fin de l’imbroglio politique : retour aux comptes
Après l’imbroglio autour de la présidence et le duel entre Mathias Waneux et Jacques Lalié, l’assemblée de la province des Îles Loyauté devait envoyer un signal clair : celui du retour au sérieux institutionnel.
Réunis ce jeudi 12 février à Wé, les élus loyaltiens ont planché sur le Débat d’orientation budgétaire, étape incontournable avant l’adoption du budget.
Le contexte est sans ambiguïté. La province des Îles doit faire face à un effet ciseaux particulièrement contraignant : une baisse de ses recettes conjuguée à des engagements financiers lourds.
La collectivité doit encore régler plus de 4 milliards de francs CFP d’arriérés, un poids considérable pour un budget provincial déjà fragilisé.
Ce passif limite mécaniquement les marges de manœuvre. Chaque décision nouvelle doit être arbitrée à l’aune d’une réalité implacable : l’argent public n’est pas illimité.
Dans une période où la Nouvelle-Calédonie traverse des turbulences économiques majeures, la rigueur budgétaire n’est plus une option idéologique, mais une nécessité comptable.
Les élus ont donc travaillé sur des orientations concrètes, en tenant compte des recommandations officielles et des contraintes structurelles.
Le ton se veut plus posé, plus technique, loin des querelles de personnes qui ont récemment agité l’institution.
Une dette lourde et des charges de personnel sous pression
Le principal défi reste financier. Avec plus de 4 milliards de francs CFP d’arriérés à rembourser, la province évolue sous contrainte.
À cela s’ajoute la diminution des recettes, qui accentue la tension budgétaire.
Des efforts ont déjà été engagés. La masse salariale a été réduite de 3 %, selon les éléments présentés en séance.
Mais pour plusieurs élus, cette baisse demeure insuffisante au regard de la situation.
La chambre territoriale des comptes a en effet préconisé une diminution de 8 % des charges de personnel.
Un écart significatif qui alimente les débats internes sur l’ampleur des réformes à conduire.
La question est sensible. Réduire les charges de personnel implique des choix structurants pour l’administration provinciale.
Mais dans un contexte d’endettement élevé, la maîtrise des dépenses de fonctionnement devient un levier incontournable.
Les discussions ont ainsi porté sur l’efficacité des dispositifs existants et sur la capacité de la province à rationaliser son organisation.
L’objectif affiché : concentrer les moyens sur les missions essentielles, tout en évitant une dérive des dépenses.
Le message envoyé par une partie de l’assemblée est clair : la gestion publique doit s’inscrire dans une logique de responsabilité.
Il ne s’agit pas de remettre en cause la solidarité, mais d’assurer sa pérennité.
26 mesures sur la table : santé, aides sociales et réalisme budgétaire
Pour faire face à cette conjoncture défavorable, l’exécutif provincial a présenté une série de pistes d’orientation.
Au total, 26 mesures ont été proposées, tous secteurs confondus.
Un principe a été posé : les mesures retenues devront être réalisables dans l’année. Autrement dit : pas de promesses théoriques, mais des décisions applicables rapidement.
Dans le secteur de la santé, plusieurs sujets ont été débattus.
La mise en œuvre d’un ticket modérateur pour les bénéficiaires de l’aide médicale figure parmi les propositions examinées.
Autre piste évoquée : le recul de l’âge d’accès au minimum vieillesse de 62 à 64 ans.
Une mesure présentée comme un ajustement destiné à contenir la progression des dépenses sociales.
Les élus ont également abordé la révision des critères d’attribution de l’aide médicale, afin de mieux cibler les bénéficiaires.
L’objectif affiché est d’assurer une solidarité efficace, sans effet d’aubaine ni dérive budgétaire.
Ces propositions ne constituent pas une liste figée. L’exécutif provincial a précisé que les orientations demeuraient ouvertes à discussion.
Mais le cap est donné : dans un contexte de dette élevée et de recettes en recul, la province des Îles Loyauté doit arbitrer.
Chaque franc dépensé devra être justifié.
Le Débat d’orientation budgétaire ne règle pas tout. Il fixe toutefois un cadre politique et financier.
Après les tensions institutionnelles, l’assemblée semble vouloir replacer la gestion au cœur de son action. Le temps des rivalités personnelles laisse place à celui des chiffres.
Reste désormais à traduire ces orientations en décisions budgétaires concrètes. Car au-delà des déclarations d’intention, c’est l’équilibre financier de la province qui est en jeu.
Dans un territoire confronté à des défis économiques majeurs, la crédibilité des institutions passe aussi par la maîtrise des comptes publics. À Wé, ce 12 février, le message était limpide : la responsabilité budgétaire redevient une priorité.

















