À La Foa, la bataille municipale est lancée.
Entre continuité assumée et opposition dite « d’ouverture », les électeurs devront trancher.
Une succession confirmée dans la continuité
Ce fut un véritable séisme politique en 2020 : le bastion historique de Calédonie ensemble à La Foa tombait aux mains de Nicolas Metzdorf.
L’élection municipale marquait la fin d’un cycle incarné par Philippe Gomès et ouvrait une nouvelle ère dans cette commune stratégique de l’Ouest calédonien.
Deux ans plus tard, en 2022, Nicolas Metzdorf remportait les législatives dans la seconde circonscription. Conformément aux règles de non-cumul, il quittait alors son siège de maire.
Le conseil municipal a désigné Florence Rolland pour lui succéder en juillet 2022.
C’est par un tract distribué dans les boîtes aux lettres que les habitants ont appris sa décision : Florence Rolland est officiellement candidate à sa propre succession.
Sous la bannière « Union pour La Foa », et membre de Générations NC, elle affiche une ligne claire : faire de La Foa, commune de 3 500 habitants située à une heure de Nouméa, « un pôle de brousse structurant au cœur de l’Ouest calédonien ».
L’édile se présente comme une « enfant de La Foa » et défend un mandat placé sous le signe de la continuité, de la proximité et de la rigueur.
Notre commune a besoin de stabilité pour poursuivre son développement, affirme-t-elle.
Sécurité, infrastructures et projets structurants
Dans son programme, la sécurité figure au premier rang des priorités.
Un enjeu majeur pour les communes de brousse confrontées aux conséquences des crises successives.
Florence Rolland met également en avant le développement économique local, qu’elle souhaite « respectueux des terres et de l’emploi local ».
La poursuite des investissements dans les infrastructures est annoncée, notamment dans le réseau routier.
Plusieurs projets structurants sont évoqués :
– la construction d’une gendarmerie,
– la création d’un lycée,
– la réalisation d’un funérarium.
La candidate revendique par ailleurs un bilan chiffré : « près de 70 % des engagements pris en 2020 ont été réalisés », malgré la crise sanitaire liée au Covid-19 et les émeutes de 2024.
Depuis son entrée en politique municipale en 2020 comme adjointe, Florence Rolland a consolidé son ancrage institutionnel.
Le 1er janvier 2025, elle a été élue présidente de l’Association des collectivités et des communes des Outre-mer pour un mandat de deux ans.
Un signal politique fort pour une commune de brousse qui entend peser davantage dans les débats nationaux.
Une opposition « d’ouverture » sous influence
Face à elle, Stevens Kaouda a officialisé sa candidature le 27 janvier 2026 à la tête de la liste « Osons La Foa ».
Conseiller municipal d’opposition et chef de groupe depuis juillet 2024, il revendique une liste « d’ouverture », construite « en dehors des étiquettes partisanes ».
Pourtant, l’ancien maire Philippe Gomès soutient activement la liste concurrente de celle de la maire sortante.
La liste « Osons La Foa » bénéficie également du soutien de l’Éveil océanien, nouvel allié de circonstance de Calédonie ensemble au Congrès.
Un positionnement qui interroge alors que le logo de Calédonie ensemble n’apparaît pas officiellement sur les supports de campagne.
Au cœur du projet de Stevens Kaouda :
– le vivre-ensemble,
– la cohésion sociale,
– la jeunesse.
Le candidat assure ne pas vouloir promettre l’irréalisable :
On n’a pas de liste de père Noël. On ne va pas vendre un programme à 13 milliards de francs.
Il plaide pour un « réalisme pragmatique mais ambitieux », notamment en direction de la jeunesse.
Transparence et proximité figurent parmi ses priorités.
Stevens Kaouda déplore un « manque de lisibilité dans l’action communale ».
Nous avons traversé la crise Covid, les émeutes, les gens se désintéressent de la politique, souligne-t-il.
Issu de la commune, adjoint d’éducation et président d’une association de parents d’élèves, il met en avant son engagement associatif local.
Ce sont des habitants de La Foa qui m’ont encouragé à m’engager, affirme-t-il.
Il revendique une équipe multigénérationnelle, composée de profils issus des milieux associatif, éducatif, social et professionnel.
« La liste passe avant la personne », insiste-t-il.
Stabilité ou alternance : un choix stratégique
À La Foa, le scrutin prévu les 15 et 22 mars 2026 dépasse le simple cadre communal.
Il s’inscrit dans une recomposition politique plus large en Nouvelle-Calédonie, où les équilibres entre formations loyalistes évoluent.
La maire sortante mise sur la stabilité, la sécurité et la continuité du développement.
Son adversaire défend une gestion plus lisible et participative, appuyée sur un discours de rassemblement.
Dans cette commune clé de l’Ouest, marquée par les crises récentes mais aussi par une volonté de structuration économique, les électeurs devront arbitrer.
Le choix sera clair : poursuivre une ligne de rigueur et de continuité assumée,
ou tenter une alternance portée par une opposition qui se dit « d’ouverture ».
Rendez-vous en mars 2026.


















