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L'actualité locale

Même piqûre, pas le même prix

3 octobre 2026 à 16:00
3 min de lecture
Même piqûre, pas le même prix

Résumé IA

En Nouvelle-Calédonie, la vaccination en pharmacie est facturée 1 300 F CFP, contre 520 F CFP pour le même acte réalisé par une infirmière. L’Alliance des infirmières calédoniennes (ADIC) dénonce cet écart et demande une revalorisation de leur rémunération.

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Même vaccin, même geste, même prévention. Et pourtant, deux prix très différents selon la blouse de celui qui tient la seringue.

Le pharmacien vaccinateur, une nouvelle donne

C'est une décision qui va changer le quotidien de nombreux Calédoniens. Le 21 septembre dernier, en réunion de collégialité, il a été acté d'ouvrir de nouvelles missions aux pharmaciens. Première d'entre elles : la vaccination.

Concrètement ? Votre pharmacien, celui que vous croisez chaque semaine au comptoir, pourra bientôt vous vacciner sur place. Sans rendez-vous chez un autre professionnel, sans détour.

Sur le principe, difficile d'y trouver à redire. Rapprocher la prévention des patients, simplifier l'accès aux soins, s'appuyer sur un réseau de proximité déjà installé dans les communes : c'est du bon sens.

Le problème est ailleurs. Il tient en un chiffre.

La vaccination réalisée en pharmacie serait désormais facturée 1 300 F CFP.

Une infirmière qui réalise exactement le même acte reste, elle, rémunérée sur la base de l'AMI 1, fixé à 520 F CFP.

Faites le calcul. 780 F d'écart pour une même vaccination.

L'ADIC monte au créneau

L'Alliance des infirmières calédoniennes n'a pas tardé à réagir. Et sa démarche mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle tranche avec les réflexes habituels.

Pas de posture victimaire. Pas de procès fait aux pharmaciens. L'ADIC commence même par saluer la décision : elle se réjouit que la vaccination soit reconnue comme un acte de prévention qui mérite d'être rémunéré.

Mais une reconnaissance à deux vitesses pose une question évidente, que l'association formule sans détour :

Si vacciner en pharmacie vaut 1 300 F CFP, pourquoi le même acte réalisé par une infirmière reste-t-il valorisé à 520 F CFP ?

La question est simple. Elle est légitime. Et pour l'heure, elle reste sans réponse.

Car l'acte infirmier ne se résume pas à une piqûre dans le bras. L'infirmière évalue la situation du patient. Elle prévient, conseille, surveille. Elle répond aux questions, souvent nombreuses, de ceux qui hésitent ou qui s'inquiètent.

Et quand elle intervient à domicile, c'est elle qui fait la route jusqu'au patient. Pas l'inverse.

Sur un territoire comme le nôtre, où l'on sait ce que représentent les distances en Brousse ou dans les îles, ce détail n'en est pas un.

Une question de juste valorisation du travail

Au fond, ce dossier parle d'un principe que beaucoup de Calédoniens partagent : le travail doit être payé à sa juste valeur. Le même travail, au même prix.

Personne ne conteste au pharmacien le droit d'être rémunéré pour un nouveau service. Mais en fixant cette nouvelle référence tarifaire, la décision du 21 septembre a mécaniquement mis en lumière le décalage dont souffrent les infirmières.

L'ADIC formule donc une demande claire : que cette différence de valorisation soit examinée et que la rémunération de la vaccination réalisée par les infirmières soit revalorisée en conséquence.

Rien de plus. Rien de moins.

Une demande d'équité, portée par une profession qui a tenu la première ligne lors de chaque campagne de prévention, et qui entend aujourd'hui être traitée avec cohérence.

L'association résume l'enjeu en une formule :

Même vaccination. Même prévention. Quelle juste valorisation pour l'acte infirmier ?

Elle invite d'ailleurs infirmiers, patients et professionnels de santé à donner leur avis. L'écart de tarif vous paraît-il justifié ?

Le débat est lancé. Il appartient désormais aux décideurs d'y répondre.

(Crédit photo : ADIC Alliance des Infirmières Calédoniennes)