Qui se ressemble s’assemble

Résumé IA
L’Union calédonienne apporte son soutien à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2027, annoncé devant la presse après un comité directeur à Thio. Les élus du mouvement prévoient de parrainer le candidat insoumis et de mener campagne « en Kanaky ». Le parti justifie ce choix en estimant que La France insoumise porte une vision vers la pleine souveraineté.
Deux cents militants à Thio, un communiqué, et un choix qui ne surprendra personne.
L’Union calédonienne a trouvé son candidat pour 2027 : Jean-Luc Mélenchon.
Thio, le pacte de la rupture
Le décor était planté dimanche dernier à Thio. Près de 200 militants et responsables politiques réunis pour le comité directeur de l’Union calédonienne.
Mercredi 14 octobre, devant la presse, le parti a dévoilé ses orientations.
Sans surprise.
L’UC confirme son soutien à Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle d’avril et mai 2027. Le communiqué ne s’embarrasse d’aucune nuance. Selon le mouvement, Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise seraient aujourd’hui « les seuls à porter une vision politique ouvrant des perspectives concrètes vers l’accession de la Kanaky à sa pleine souveraineté ».
Tout est dit. Le mot « Kanaky » plutôt que Nouvelle-Calédonie. La « pleine souveraineté » comme horizon unique. Et un tribun parisien comme porte-voix.
Le comité directeur ne s’est pas contenté d’une déclaration d’amour. Il a décidé que les élus du mouvement apporteraient leur parrainage au candidat insoumis, pour l’aider à franchir la barre des 500 signatures nécessaires à toute candidature présidentielle.
Des élus de la République, élus dans des institutions de la République, mettant leur signature au service de celui qui promet de détacher un territoire de la République. Le paradoxe ne semble gêner personne à l’UC.
L’Union calédonienne annonce aussi vouloir s’organiser pour mener campagne « en Kanaky ». Une campagne présidentielle française, donc, menée dans un pays que le parti refuse d’appeler par son nom officiel.
Qui se ressemble s’assemble
Il faut le dire clairement : ce rapprochement n’a rien d’un mariage de raison. C’est une évidence idéologique.
LFI s’est affichée comme un soutien du FLNKS ces dernières années. Ce n’est pas un secret, c’est une ligne assumée. Le parti de Jean-Luc Mélenchon a porté l’opposition au projet d’accord de Bougival à l’Assemblée nationale. Il défend ouvertement un projet d’indépendance à court terme pour la Nouvelle-Calédonie.
Bougival. Ce texte signé à l’été 2025 sous l’égide de l’État, fruit de longues discussions, censé offrir enfin une sortie de crise après des années d’incertitude. LFI s’est employée à le combattre dans l’hémicycle. L’UC le rejette également.
Deux partis, un même refus.
Et derrière ce refus, une même méthode : opposer, cliver, désigner des camps. D’un côté la France, présentée comme puissance coloniale. De l’autre, un peuple que l’on prétend libérer. Le récit victimaire comme unique boussole politique.
On connaît la musique. LFI la joue en métropole sur tous les sujets, des quartiers à la police, de l’école à la laïcité. L’UC la joue en Nouvelle-Calédonie. Les deux partitions s’accordent naturellement.
Il serait naïf d’y voir une coïncidence.
Mai 2024, la mémoire courte
Les Calédoniens, eux, n’ont pas oublié.
En mai 2024, le territoire a basculé dans des émeutes d’une violence inédite depuis des décennies. Quatorze morts. Des quartiers entiers ravagés. Des entreprises incendiées, des emplois détruits par milliers, une économie à genoux dont les dégâts ont été estimés à plus de deux milliards d’euros.
La Cellule de coordination des actions de terrain, la CCAT, au cœur de la mobilisation qui a précédé ces violences, avait été créée à l’initiative de l’Union calédonienne. C’est un fait. Une commission d’enquête parlementaire s’est d’ailleurs penchée sur ces événements à l’Assemblée nationale.
Et pendant ce temps, où se situait La France insoumise ? Dans la complaisance, dans l’excuse permanente, dans la mise en accusation de l’État plutôt que des pilleurs.
Deux ans plus tard, ces deux formations se retrouvent officiellement côte à côte pour 2027.
Faut-il vraiment s’en étonner ?
Le soutien de l’UC à Jean-Luc Mélenchon dit au fond quelque chose de simple. Le mouvement ne cherche pas l’apaisement. Il ne cherche pas le compromis. Il cherche un allié à Paris capable de porter la rupture jusqu’au sommet de l’État.
Pour les dizaines de milliers de Calédoniens qui ont dit non à l’indépendance à trois reprises, en 2018, 2020 et 2021, ce choix sonne comme un avertissement. Leur voix, exprimée dans les urnes, compte manifestement moins que la perspective d’une victoire insoumise.
La France n’a pas à rougir de sa présence dans le Pacifique. Elle n’a pas à s’excuser d’exister à Nouméa, à Koné ou à Lifou. Elle a le devoir de protéger tous les Calédoniens, y compris contre ceux qui misent sur le désordre pour imposer leur agenda.
En avril 2027, chacun saura donc exactement ce que signifie un vote Mélenchon pour la Nouvelle-Calédonie.
L’Union calédonienne vient de l’écrire noir sur blanc.
(Crédit photo : page Facebook "Jean-Luc Mélenchon")


