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Ils l’ont brûlé, on le reconstruit

16 octobre 2026 à 16:00
4 min de lecture
Ils l’ont brûlé, on le reconstruit

Résumé IA

La Chambre de métiers et de l'artisanat de Nouvelle-Calédonie officialise ce jeudi 15 octobre la reconstruction du CFA de Nouville, brûlé lors des émeutes de mai 2024. Le projet, financé à hauteur de plus de 3,3 milliards de francs CFP, prévoit un centre modernisé et une livraison pour fin 2029.

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Brûlé aux premiers jours des émeutes, le CFA de Nouville va renaître de ses cendres.
Plus de 3,3 milliards de francs CFP, une convention signée, un chantier lancé : l’artisanat calédonien refuse de baisser les bras.

Un front commun autour de l’artisanat

Le lieu n’a pas été choisi au hasard. C’est sur le site historique de Nouville, là même où les flammes ont ravagé le Centre de formation de l’artisanat dès les premiers jours des émeutes de mai 2024, que la Chambre de métiers et de l’artisanat de Nouvelle-Calédonie a officialisé, ce jeudi 15 octobre, le lancement de sa reconstruction.

Un symbole fort. Une réponse aussi.

Fondé en 1993, le CFA formait depuis plus de trente ans les artisans du pays. En quelques heures, des émeutiers l’ont réduit à l’état de ruines. Depuis, les apprentis vivent une forme d’errance. D’abord accueillis dans l’ancienne école Adolphe-Boutan, à Yahoué, ils ont rejoint en août une autre école désaffectée, Mauricette-Devambez, à Rivière-Salée, grâce à une convention passée avec la ville de Nouméa.

Des solutions de dépannage, faute de mieux. Il fallait reconstruire.

Autour d’Élizabeth Rivière, présidente de la CMA-NC, l’exécutif s’était déplacé en nombre. Le président du gouvernement Milakulo Tukumuli, les membres du gouvernement Laurent Bonnefond, Gilbert Tyuienon et Christopher Gygès, des représentants du Congrès en la personne de Xavier Rossard, et le haut-commissaire de la République Jacques Billant ont tous fait le déplacement.

Le moment fort de la matinée : la signature d’une convention entre la CMA-NC et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, sous les yeux du représentant de l’État.

Laurent Bonnefond, chargé de la reconstruction au gouvernement, a posé les termes sans détour. Pour lui, l’exécutif se devait d’épauler la Chambre, au nom de la jeunesse calédonienne, des artisans et de l’avenir économique du territoire. Il a rappelé que le gouvernement avait suivi de près les schémas financiers et de reconstruction, et s’est engagé à faciliter les démarches autant que possible.

Le message est clair. Ce qui a été détruit sera rebâti.

L’État en première ligne du financement

Sur la table, plus de 3,3 milliards de francs CFP pour le seul bâtiment. Un financement tripartite, dans lequel l’État tient le premier rôle.

Paris apporte 1,6 milliard. La CMA-NC met elle-même 1,3 milliard sur la table, un effort considérable pour une chambre consulaire. Le gouvernement calédonien complète avec 405 millions.

À cette enveloppe s’ajoutent 257,3 millions de francs CFP dédiés à l’équipement des ateliers pédagogiques : 205,8 millions de l’État, 51,4 millions du gouvernement.

Au total, l’État mobilise près de 1,83 milliard de francs CFP. Et l’argent ne reste pas sur le papier. Une première avance d’environ 548 millions, soit 30 % de la subvention, a déjà été versée à la Nouvelle-Calédonie.

En soutenant ce chantier, l’État dit investir dans les compétences des jeunes, leur insertion professionnelle et la relance économique du territoire. Une démonstration concrète que la solidarité nationale ne se résume pas à des discours.

Un CFA taillé pour les métiers de demain

Le projet est confié à la Secal, désignée maître d’ouvrage délégué à l’issue d’un appel d’offres. Et il est colossal.

Deux bâtiments, de part et d’autre de la rue Juliette-Bernard. Deux hectares. 7 000 m² de surface totale.

La phase de programmation est engagée. Les premières opérations doivent démarrer dans les prochaines semaines, avec la sécurisation du site puis les premières déconstructions d’ici la fin de l’année. Viendront ensuite trois ans de travaux, pour une livraison prévue à la fin de l’année 2029.

Élizabeth Rivière ne veut pas d’une simple copie de l’ancien centre. Elle promet un CFA plus moderne et plus accessible. Au programme : des ateliers repensés pour les nouvelles pratiques, la réalité virtuelle comme support pédagogique, et surtout des solutions d’hébergement sur place, pensées pour les apprentis venus du Nord ou des îles.

Ateliers, salles de formation, espaces administratifs, locaux techniques : tout est conçu pour les alternants, les formateurs et les entreprises artisanales qui les accueillent.

La visite du site a permis de mesurer l’ampleur de la tâche. Elle a aussi rappelé l’essentiel. Pendant que certains brûlaient, d’autres formaient, transmettaient, construisaient. Avec ce chantier, c’est cette Calédonie du travail et de l’apprentissage qui reprend la main.

(Crédit photo : Chambre de Métiers et de l'Artisanat-CMA-NC)