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Au delà du récif

Palaos : le président dénonce les pressions de la Chine et met en garde contre ses ambitions dans le Pacifique

17 octobre 2026 à 17:00
4 min de lecture
Palaos : le président dénonce les pressions de la Chine et met en garde contre ses ambitions dans le Pacifique

Résumé IA

Le président des Palaos, Surangel Whipps Jr., dénonce dans un entretien à Politico les pressions chinoises, mêlant promesses économiques et menaces de représailles, pour obtenir un rapprochement avec Pékin. Il évoque aussi un tir de missile chinois sans préavis dans le Pacifique Sud et appelle les petites nations à coopérer, tout en jugeant nécessaire un renforcement militaire du Japon et de la Corée du Sud.

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Promesses de millions de touristes, menaces de représailles et tensions autour de Taïwan : le président des Palaos, Surangel Whipps Jr., dévoile les méthodes de pression diplomatique qu'il attribue à Pékin. Un témoignage qui illustre les rivalités d'influence grandissantes dans le Pacifique.

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Des promesses économiques accompagnées de menaces

Dans un entretien accordé au média américain Politico, publié le 15 octobre 2026, le président des Palaos, Surangel Whipps Jr., a dénoncé les pressions exercées selon lui par la Chine sur son pays, l'un des rares États du Pacifique à entretenir des relations diplomatiques officielles avec Taïwan.

Le chef de l'État affirme notamment avoir été approché par un ambassadeur chinois lui promettant des millions de touristes et autant d'hôtels que nécessaire, en échange d'un rapprochement avec Pékin.

Mais ces perspectives économiques auraient été accompagnées d'un avertissement : tout refus de suivre la ligne chinoise pourrait entraîner des représailles.

Pour le président des Palaos, une telle démarche ne correspond ni à un partenariat équilibré ni à une relation d'amitié entre États souverains.

Taïwan au cœur des tensions diplomatiques

Les déclarations du président interviennent après le Forum des îles du Pacifique, organisé cette année aux Palaos.

La participation de Taïwan, représenté par son ministre des Affaires étrangères, Lin Chia-lung, avait suscité la colère de Pékin.

Les autorités chinoises avaient alors averti que cette présence pourrait entraîner des « conséquences ».

Cette réaction s'inscrit dans la politique chinoise visant à isoler diplomatiquement Taïwan, que Pékin considère comme faisant partie de son territoire.

Les Palaos maintiennent pourtant leur reconnaissance diplomatique de Taipei, malgré les pressions économiques et politiques décrites par leur président.

Pour Surangel Whipps Jr., chaque nation doit pouvoir déterminer librement ses relations internationales, indépendamment de sa taille ou de sa puissance économique.

La présence militaire chinoise inquiète également

Au-delà des relations diplomatiques, le président des Palaos a également évoqué les activités militaires chinoises dans le Pacifique.

Il est notamment revenu sur un tir de missile balistique à longue portée, attribué à la Chine, qui aurait été effectué dans le Pacifique Sud sans avertissement préalable, selon les informations rapportées dans l'entretien.

Cet épisode a suscité des réactions de plusieurs pays de la région et de partenaires occidentaux, notamment les États-Unis, l'Australie et le Canada.

Surangel Whipps Jr. s'est interrogé sur le choix de cette zone pour un essai militaire, alors que d'autres espaces océaniques auraient pu être utilisés.

Ces préoccupations reflètent une question stratégique : comment les petits États insulaires peuvent-ils préserver leur souveraineté dans une région où les grandes puissances renforcent leur présence ?

Un appel à une réponse collective dans l'Indo-Pacifique

Face à cette situation, le président des Palaos estime que les petites nations doivent davantage coopérer pour défendre leurs intérêts.

Il considère qu'une action collective est nécessaire pour répondre aux comportements chinois qu'il juge agressifs.

Mais son message ne s'adresse pas uniquement aux États insulaires.

Le Japon et la Corée du Sud devraient également renforcer leurs capacités militaires, selon lui, afin que la responsabilité de la sécurité régionale ne repose pas exclusivement sur les États-Unis.

Cette position témoigne de l'importance croissante des alliances et des partenariats de sécurité dans l'Indo-Pacifique.

Un avertissement qui concerne l'ensemble du Pacifique

Les déclarations de Surangel Whipps Jr. dépassent le seul cadre des relations entre les Palaos, la Chine et Taïwan.

Dans le Pacifique, les États insulaires se trouvent au centre d'une compétition diplomatique et stratégique qui associe aide économique, infrastructures, tourisme et sécurité.

Pour des économies insulaires dépendantes des échanges internationaux, les promesses d'investissements peuvent représenter des perspectives importantes de développement. Mais les pressions diplomatiques alléguées par le président des Palaos soulèvent aussi la question de leur liberté de décision.

La Nouvelle-Calédonie, située au cœur de cet espace régional, est elle aussi concernée par l'évolution des équilibres stratégiques dans le Pacifique, même si sa situation institutionnelle et ses relations internationales diffèrent de celles des États indépendants.

Le témoignage du président des Palaos rappelle ainsi un enjeu essentiel pour les pays et territoires de la région : concilier développement économique, coopération internationale et préservation de leur autonomie de décision.