Débroussaillez, ou payez

Résumé IA
À Nouméa, un arrêté municipal interdit le brûlage des déchets et le dépôt sauvage, avec des règles renforcées jusqu’au 31 mars 2027, notamment l’obligation de débroussailler sur 50 mètres. Un geste imprudent peut coûter cher, et les contrevenants s’exposent à une amende.
Le feu ne prévient pas. Et quand il part, ce n’est presque jamais la faute du seul vent.
Jusqu’au 31 mars 2027, les règles sont claires, et c’est à chacun de les tenir.
Brûler ses déchets : c’est non, et ce n’est pas négociable
Chaque saison sèche, c’est la même scène. Une colline qui fume, des pompiers mobilisés, des habitants inquiets. Et souvent, à l’origine, un geste banal : un tas de feuilles qu’on brûle, un mégot jeté par la fenêtre, un pétard lancé trop près des herbes sèches.
Ce n’est pas une fatalité. C’est une question de responsabilité.
Pour prévenir les incendies d’espaces naturels et protéger les personnes comme les biens, l’arrêté municipal n° 2018/3459 du 3 octobre 2018 encadre l’usage du feu sur le territoire de la commune de Nouméa. Un texte qui n’a rien de nouveau, mais que trop de gens semblent encore découvrir au moment de payer l’amende.
Commençons par l’essentiel. Le brûlage des déchets ménagers à l’air libre est strictement interdit. Les ordures suivent les circuits de collecte habituels, point final.
Même logique pour le jardin. Tontes, branches, feuilles mortes : le brûlage des déchets verts est interdit. Il existe des solutions simples, la déchetterie ou le service de collecte dédié, joignable au numéro vert 050 060. Personne ne peut sérieusement prétendre qu’il n’avait pas le choix.
Quant à ceux qui préfèrent se débarrasser de leurs encombrants au détour d’un sentier, le texte est tout aussi net : le dépôt ou l’abandon de déchets dans les espaces naturels est interdit. Les dépôts sauvages ne sont pas une incivilité mineure. Ils dégradent le paysage et alimentent, littéralement, les départs de feu.
Saison des feux de brousse : la zone des 200 mètres
La période dite de feux de brousse court du 1ᵉʳ septembre 2026 au 31 mars 2027. Pendant ces sept mois, les règles se durcissent autour des espaces sensibles.
À moins de 200 mètres des zones boisées, des parcs et des jardins, y compris sur les îles et îlots, il est interdit de fumer, de jeter des objets en combustion, d’allumer du feu ou d’utiliser pétards et feux d’artifice. Une cigarette mal éteinte suffit. Tout le monde le sait. Tout le monde ne s’en souvient pas.
Les traditions ne sont pas pour autant sacrifiées. Les feux d’artifice restent autorisés les 24, 25 et 31 décembre, le 1ᵉʳ janvier, ainsi que lors de la fête du Têt. Pour les lâchers de lanternes célestes, il faut une autorisation préalable, demandée 15 jours avant la manifestation.
Le barbecue du dimanche ? Il reste permis, tout comme les fours traditionnels. À une condition de bon sens : garder une distance raisonnable avec la végétation et avoir de quoi éteindre à portée de main.
Et il y a une obligation que beaucoup de propriétaires négligent. Le débroussaillage sur 50 mètres autour des habitations et constructions est obligatoire pendant toute la période de sécheresse. Ce n’est pas une contrainte administrative de plus. C’est la première barrière entre un feu de brousse et votre maison.
Tout feu autorisé obéit par ailleurs à des consignes strictes. On ne l’allume que par vent calme, en dessous de 15 nœuds. Le sol doit être décapé et mis à nu autour du foyer. La surveillance est permanente. Et avant de partir, l’extinction doit être totale, par recouvrement de terre. Pas « presque éteint ». Totalement.
Ceux qui passent outre s’exposent à l’amende prévue pour les contraventions de 1ère classe. La règle existe, elle s’applique.
Risque du jour et réflexes d’urgence
Adapter son comportement suppose de savoir à quoi s’en tenir. Météo-France Nouvelle-Calédonie publie chaque jour une carte du risque de feu de forêt, consultable sur https://meteo.nc/fr/risque-feu-de-foret.
Elle est actualisée deux fois par jour. Vers 8h30, elle indique le niveau de risque pour la journée en cours. Vers 17 heures, elle donne la prévision du lendemain. Un coup d’œil suffit avant d’allumer quoi que ce soit.
Si malgré tout un feu se déclare, un seul réflexe : composer immédiatement le 18.
L’appel doit être précis, car chaque minute compte pour les secours. Il faut d’abord indiquer le lieu exact du sinistre et, si possible, les accès qui permettront aux équipes d’arriver vite. Puis décrire la situation : l’étendue du feu, sa vitesse de propagation, la présence d’une fumée importante.
Donnez ensuite votre nom et un numéro où l’on peut vous rappeler.
Enfin, signalez ce qui est menacé à proximité. Des personnes en danger, des habitations ou des bâtiments exposés, le type de végétation qui brûle : toute information peut changer la manière d’intervenir.
Dernier point, et il compte : ne raccrochez pas avant que l’opérateur ne vous y invite.
Au fond, ces règles ne demandent rien d’extraordinaire. Ne pas brûler ses déchets, entretenir son terrain, éteindre ce qu’on allume, appeler quand il le faut. Le civisme, en saison sèche, tient en quelques gestes. Encore faut-il les faire.
(Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)


