La Corée du Nord a procédé, dimanche 4 janvier 2026, à plusieurs tirs de missiles balistiques présumés en direction de la mer du Japon. Il s’agit du premier essai militaire nord-coréen de l’année, survenu dans un contexte international particulièrement tendu, marqué par l’intervention américaine au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro. Détectés par la Corée du Sud et le Japon, ces tirs sont interprétés par les analystes comme un signal de dissuasion stratégique adressé à Washington.
Un tir jugé « absolument intolérable » par Tokyo et Séoul
Selon le ministère sud-coréen de la Défense, plusieurs projectiles assimilés à des missiles balistiques ont été lancés depuis les environs de Pyongyang vers la mer de l’Est, nom coréen de la mer du Japon. Le Japon a confirmé la détection d’au moins un missile balistique présumé, tombé en mer sans que sa zone d’impact précise ne soit communiquée.
Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a dénoncé un acte « absolument intolérable », estimant que le développement nucléaire et balistique nord-coréen menace directement la stabilité régionale et internationale.
Séoul, de son côté, a renforcé sa surveillance militaire et coordonné sa réponse avec ses alliés.
Un message en réaction à l’intervention américaine au Venezuela
Pour plusieurs experts, ces tirs doivent être lus à la lumière de l’actualité internationale récente. L’analyste Hong Min, de l’Institut coréen pour l’unification nationale, estime que Pyongyang ressent une pression stratégique accrue après l’opération américaine ayant conduit à la capture de Nicolás Maduro.
Les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, ont revendiqué cette opération, affirmant vouloir accompagner le Venezuela vers une « transition sûre ».
Un scénario que la Corée du Nord redoute depuis longtemps et qu’elle brandit régulièrement pour dénoncer de supposés plans de renversement du régime nord-coréen.
Selon les analystes, le message implicite est clair : une action militaire contre Pyongyang serait bien plus risquée qu’une intervention contre un État affaibli. Un ancien diplomate nord-coréen passé au Sud en 2023 a d’ailleurs appelé son pays à tirer les leçons des choix récents de Washington.
Une démonstration de force avant un congrès clé du Parti
Ces tirs interviennent également à un moment politique stratégique. Dans les prochaines semaines doit se tenir le premier congrès en cinq ans du Parti des travailleurs de Corée, rendez-vous central pour définir la ligne économique, militaire et sécuritaire du régime.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un multiplie depuis plusieurs mois les démonstrations de puissance :
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visites de chantiers de sous-marins à propulsion nucléaire,
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ordres d’augmentation massive de la production de missiles,
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supervision d’essais de missiles de croisière longue portée,
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mise en avant de nouveaux lance-roquettes multiples.
Samedi encore, l’agence officielle KCNA rapportait une visite de Kim Jong Un dans une usine d’armement, avec instruction d’augmenter la capacité de production de 250 %.
Sur le plan diplomatique, ces événements coïncident avec le départ du président sud-coréen Lee Jae Myung pour la Chine, où il doit rencontrer Xi Jinping. Pékin, allié traditionnel de Pyongyang, pourrait jouer un rôle clé dans l’équilibre régional


















