Au lendemain du cambriolage suivi de l’incendie criminel qui a ravagé deux classes de CP de l’école Jack Mainguet, le choc a été immense. Les salles noircies, le matériel détruit, les livres calcinés. Et puis, très vite, autre chose a pris le dessus : une mobilisation spontanée, profondément humaine, portée par celles et ceux qui font vivre l’école au quotidien.
Des mains solidaires au milieu des cendres
Dès les premières heures, des enseignantes de l’établissement, rejointes par des collègues venues d’autres écoles et quelques habitants de Dumbéa, se sont retrouvées sur place. Pas pour constater, mais pour agir. À genoux, les mains noircies, elles ont entrepris de nettoyer, trier, sauver ce qui pouvait encore l’être. Stylos, puzzles, bacs pédagogiques, supports plastifiés : chaque objet récupéré devenait une petite victoire contre la destruction.
Dans ce moment de détresse pourtant, un constat s’est imposé aux équipes sur place : la municipalité n’a apporté aucun soutien concret, ni humain ni matériel, laissant le personnel scolaire affronter seul l’urgence et les conséquences immédiates du sinistre.
Sauver les livres, page après page
Le geste le plus poignant reste sans doute celui posé autour des livres. Des piles entières, abîmées par la suie et l’eau, ont été ouvertes une à une. Page après page, essuyées, séchées, parfois simplement préservées de l’oubli. L’objectif était clair : permettre aux élèves de CP de retrouver, malgré tout, une bibliothèque de classe. Un travail long, minutieux, chargé d’émotion, où chaque ouvrage sauvé semblait porter un peu de l’espoir de l’école.
Le personnel scolaire en première ligne
Il n’y avait pas seulement des enseignantes. Plus largement, c’est tout le personnel scolaire qui s’est retrouvé à nettoyer, ranger, tenter de reconstruire un environnement digne pour les enfants. Un travail invisible, rarement mis en lumière, mais essentiel. Quelques administrés, trop peu nombreux, ont également prêté main-forte. Des gestes simples, mais précieux, dans un contexte où les dégradations répétées finissent par user les équipes éducatives.
Anticiper pour limiter l’irréparable
Par chance, certaines enseignantes avaient, par précaution, retiré une partie de leur matériel des classes avant les faits. Cette anticipation a permis de limiter les pertes, même si les dégâts restent considérables. Là encore, l’expérience du terrain et la vigilance quotidienne ont fait la différence face à l’irréparable.
Le soutien institutionnel pour reconstruire
Comme lors de précédents actes de vandalisme, la Province Sud a réagi rapidement. Une aide financière d’urgence, comme c’est l’usage dans ce type de situation, a été allouée afin de répondre aux premiers besoins en matériel pédagogique. Un soutien indispensable pour permettre d’avancer, même s’il ne remplacera jamais le temps, l’énergie et l’engagement personnel déployés par les équipes éducatives.
La présidente de la Province Sud a également adressé un message de soutien à l’équipe pédagogique et confirmé que le remplacement des tableaux numériques interactifs serait assuré dans les meilleurs délais, afin de rétablir des conditions d’apprentissage acceptables.
Une leçon silencieuse, mais puissante
Au milieu des décombres encore visibles, une certitude s’impose : l’école Jack Mainguet n’est pas seule. Face à la violence aveugle, les équipes éducatives ont répondu par la solidarité, la dignité et l’engagement. Une réponse sans discours, mais chargée de sens. Une leçon donnée aux enfants, et peut-être plus encore aux adultes : même quand tout brûle, l’éducation tient debout, portée par l’humain.

















