Il se croyait intouchable. Il narguait les autorités, filmait des vidéos provocatrices, raillait journalistes et lanceurs d’alerte. Cette fois, le rideau est tombé. Selon des informations révélées par le Vanuatu Daily Post, les autorités du Vanuatu ont mis fin aux agissements du réseau piloté par Jérôme Marcelin, chef présumé d’une vaste escroquerie pyramidale opérant dans le Pacifique.
Dimanche 18 janvier 2026, l’immigration de Port-Vila a refusé l’entrée sur le territoire à Jérôme Marcelin, ressortissant français, avant de le renvoyer immédiatement vers la France. Un signal clair : au Vanuatu, les arnaques financières ne passent pas.
Jérôme Marcelin, le patron de l’arnaque
Contrairement au storytelling entretenu sur les réseaux sociaux, Jérôme Marcelin n’est pas un simple “partenaire” ou “conseiller”. Selon les autorités vanuataises citées par le Daily Post, il est le responsable central du système, celui qui structure, finance et dirige le programme Api La Savatte.
C’est lui qui pilote l’organisation, fixe les règles, orchestre la collecte des fonds et tire les ficelles en coulisses. C’est également lui qui aurait tenté d’utiliser le nom du Premier ministre du Vanuatu pour se donner une crédibilité institutionnelle, une manœuvre fermement démentie par le gouvernement.
Api La Savate, le rabatteur qui faisait le tour des îles
Face caméra, provocateur, méprisant envers ses détracteurs, Api La Savate n’est pas le cerveau, mais l’exécutant zélé du système. Exploité par Jérôme Marcelin, il en est surtout le visage public, chargé de faire le tour des territoires, de recruter et de convaincre.
Après la Polynésie française, puis la Nouvelle-Calédonie, il s’apprêtait à étendre cette mécanique d’arnaque au Vanuatu. Toujours la même méthode : promesses de gains rapides, discours agressifs, attaques contre les journalistes, et une propagande incessante présentant le système comme “légal”.
Un système illégal selon les autorités du Vanuatu
La Commission des services financiers du Vanuatu (VFSC) a été catégorique : toute activité financière en ligne doit être enregistrée et régulée. Api La Savatte ne l’était pas. La police a confirmé que tout système non enregistré est illégal, et que les contributeurs doivent demander des remboursements.
Selon le Vanuatu Daily Post, plus de 20 millions de vatus auraient déjà été versés par des contributeurs locaux, et plus de 2 000 personnes auraient rejoint le programme, dont certaines figures connues de la société civile.
Activités commerciales sous visa touristique
Autre élément accablant révélé par la police : Jérôme Marcelin et ses collaborateurs seraient entrés au Vanuatu avec de simples visas touristiques, sans droit d’exercer une activité commerciale. Les autorités affirment que les opérations étaient menées depuis une chambre d’hôtel à Port-Vila, via une plateforme internationale.
Aucun bureau déclaré. Aucun cadre légal. Aucun contrôle. Une organisation clandestine opérant à ciel ouvert.
La Calédonie n’a pas agi, le Vanuatu l’a fait
C’est sans doute l’enseignement le plus amer. Des Calédoniens ont été arnaqués. Les alertes existaient. Les preuves circulaient. Mais aucune action ferme n’a été engagée lorsque le réseau opérait encore en Nouvelle-Calédonie.
Il aura fallu que ce soit le Vanuatu, sur la base d’une enquête relayée par le Vanuatu Daily Post, qui mette un coup d’arrêt à cette escroquerie itinérante.
Une chute annoncée
Derrière les vidéos bravaches d’Api La Savate, il y avait une réalité bien plus sombre : un système pyramidal classique, piloté par Jérôme Marcelin, reposant sur l’avidité, la manipulation et la crédulité de ses victimes.
Cette affaire rappelle une vérité essentielle : les escroqueries financières prospèrent là où les autorités ferment les yeux. Et elles s’effondrent dès qu’un État décide de faire respecter la loi.
Le Vanuatu l’a fait. D’autres devront s’en souvenir.
Des millers de victimes identifiées :


















