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FLNKS : qui impose quoi à qui ?

La Dépêche par La Dépêche
21 janvier 2026
dans L'actualité locale, Politique
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8 minutes

À chaque communiqué, le même mantra : aucun accord ne serait possible « sans le peuple kanak », sous-entendu sans le FLNKS.

Cette affirmation martelée à Paris comme sur la scène internationale ne repose pourtant plus ni sur la réalité sociale, ni sur la réalité économique, ni sur l’opinion exprimée par les Kanaks eux-mêmes.

Les chiffres sont là. Ils sont clairs. Et ils racontent une autre histoire que celle portée par les slogans.

Le quotidien avant l’idéologie

Le sondage exclusif réalisé en juin 2025 par l’institut Quid Novi pour la Dépêche de Nouméa est sans ambiguïté : 52 % des Calédoniens placent le quotidien en tête de leurs priorités, loin devant l’avenir institutionnel (29 %).

Chez les personnes de statut civil coutumier, cette tendance est encore plus marquée : 56 % privilégient le quotidien, contre seulement 17 % l’avenir institutionnel. Oui, messieurs les extrémistes de l’indépendance kanak socialiste radicale, qui placent l’idéologie avant la situation économique et sociale du pays : vous n’êtes que 17 %, et 17 % ne peuvent pas imposer leur vision à 100 % de la population, sinon cela ne s’appelle plus une démocratie, mais une dictature.

Santé, pouvoir d’achat, emploi, sécurité : ce sont ces sujets-là qui dominent, y compris chez une large partie de l’électorat indépendantiste. La santé arrive en tête (61 %), suivie du pouvoir d’achat (50 %). L’avenir institutionnel, lui, arrive en troisième position.

Autrement dit : le peuple kanak parle de vivre, le FLNKS parle de rupture.

Une population économiquement exsangue

Le même sondage révèle une réalité sociale brutale : un Calédonien sur deux rencontre aujourd’hui des difficultés financières, et 8 % ne s’en sortent plus du tout.
Cela représente potentiellement 54 000 ménages, dont près de 8 000 familles en situation critique.

Ce sont ces familles-là, kanak comme non-kanak, qui paient aujourd’hui le prix de l’instabilité, des blocages et de la radicalisation politique. Ce sont elles qui n’ont plus de travail, plus de visibilité, parfois plus de quoi finir le mois.

Et ce sont précisément ces réalités que le discours du FLNKS ignore.

L’indépendance immédiate : une ligne minoritaire, y compris chez les indépendantistes

C’est sans doute l’enseignement le plus dérangeant pour le FLNKS. 47 % des électeurs ayant voté “oui” à l’indépendance en 2020 se disent opposés à une indépendance immédiate. Ce chiffre monte à 57 % chez les personnes de statut civil coutumier.

Même chez les indépendantistes, une majorité estime qu’il faut d’abord redresser le pays économiquement avant toute transition institutionnelle.

Ce n’est pas un reniement. C’est du pragmatisme. Et surtout, c’est une parole populaire.

À l’inverse, l’indépendance « maintenant, quoi qu’il en coûte » ne rassemble qu’une minorité militante.

Une peur largement partagée d’un effondrement social

Interrogés sur les conséquences d’une indépendance immédiate, 53 % des Calédoniens estiment que leur situation se dégraderait, voire deviendrait insoutenable.

Y compris parmi les indépendantistes, 28 % reconnaissent que leur situation serait moins bonne ou intenable dans un tel scénario.

Quant à la capacité d’un État indépendant à assurer la sécurité et les services publics, 62 % des électeurs en doutent (certainement pas ou probablement pas).

Même ceux qui y croient souhaitent du temps. Un temps que le FLNKS refuse.

Le vrai passage en force

À la lumière de ces chiffres, une question s’impose : qui impose quoi à qui ?

Le peuple kanak demande de la stabilité, du travail, des soins et un avenir concret pour ses enfants. Le FLNKS répond par des ultimatums, des communiqués martiaux et une rhétorique de confrontation permanente.

Ce décalage n’est pas une erreur d’analyse. C’est un choix politique assumé. Celui d’une élite militante qui prétend parler au nom d’un peuple sans prendre la peine de l’écouter.

Le mensonge d’une représentation totale

Non, tous les Kanaks ne sont pas FLNKS.
Non, le FLNKS ne représente pas l’intégralité du peuple autochtone.
Et non, refuser cette vérité n’est pas un combat anticolonial, c’est une négation du pluralisme politique.

D’autres courants indépendantistes existent. D’autres voix kanakes s’expriment. L’UNI-Palika, qui a remporté les dernières élections, en est aujourd’hui l’illustration la plus évidente.

Prétendre le contraire revient à vouloir imposer à la Nouvelle-Calédonie une logique dangereuse : celle où une minorité décide pour tous, au nom d’un peuple qu’elle ne représente plus majoritairement.

L’UNI-Palika, courant indépendantiste majoritaire et responsable

Un fait politique majeur est volontairement occulté par le FLNKS : le courant indépendantiste aujourd’hui majoritaire en Nouvelle-Calédonie n’est pas le FLNKS. Ce courant, c’est l’UNI-Palika.

L’UNI-Palika a signé l’accord de Bougival.
L’UNI-Palika a signé la séquence de l’Élysée-Oudinot.
L’UNI-Palika a fait le choix du dialogue et de la responsabilité politique.

Lorsque le FLNKS affirme que les Kanaks auraient été absents ou écartés des discussions, il travestit donc la réalité. Les indépendantistes étaient présents. Ils ont participé aux négociations. Ils ont assumé leurs signatures. Et ils l’ont fait en tenant compte des réalités économiques et sociales du pays.

Une parole indépendantiste moins bruyante, mais bien réelle

L’UNI-Palika représente précisément ces Kanaks et ces indépendantistes que le sondage met en lumière, ceux pour qui la priorité n’est pas l’affrontement idéologique mais la capacité du pays à tenir debout. Il s’agit de femmes et d’hommes qui souhaitent discuter, qui acceptent de signer des accords lorsqu’ils estiment qu’ils vont dans l’intérêt général, et qui cherchent avant tout des solutions concrètes pour améliorer la vie quotidienne du peuple.

Ils parlent moins fort que les radicaux. Ils ne s’expriment pas par la menace ou par la violence. Mais leur silence relatif ne doit pas être confondu avec une absence politique.

Où sont les preuves du FLNKS ?

Sur quoi le FLNKS fonde-t-il aujourd’hui sa prétention à incarner seul le peuple kanak ? Pas sur les élections, puisque les partis qui composent actuellement le FLNKS n’ont pas remporté les dernières échéances.

Pas sur les sondages, puisqu’aucune donnée chiffrée ne vient appuyer leurs affirmations. Pas sur l’opinion publique, qui exprime majoritairement d’autres priorités.

Le FLNKS ne démontre qu’une chose : ce que pense une minorité militante, souvent éloignée des réalités vécues par les familles kanakes confrontées au chômage, à la précarité et à la perte de repères économiques.

Quand la radicalité cherche à faire taire les autres indépendantistes

Plus inquiétant encore, les indépendantistes radicaux ne se contentent plus de contester politiquement les positions modérées. Ils cherchent désormais à intimider ceux qui, au sein même du camp indépendantiste, souhaitent discuter, signer des accords et trouver des compromis utiles au peuple.

Des pressions s’exercent sur les réseaux sociaux, des menaces sont adressées par messages privés ou par courriels.

Dans certains cas, des menaces de mort ont même été rapportées.

Ces dérives s’accompagnent de rappels lourds de sens à l’histoire, évoquant le destin de Jean-Marie Tjibaou, assassiné parce qu’il avait choisi la voie du dialogue et de la paix. Personne ne peut aujourd’hui contester que Jean-Marie Tjibaou fut l’un des plus grands artisans de la cause indépendantiste. Et pourtant, il a été tué par des extrémistes refusant toute autre voie que la radicalité.

Une dérive autoritaire incompatible avec la démocratie

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement le débat institutionnel. Il s’agit d’une tentative de confiscation du débat politique par une minorité radicale qui entend imposer sa vision en faisant taire toute voix dissidente, y compris au sein du peuple kanak.

Une indépendance imposée par la pression, la peur et l’intimidation ne relève pas d’un projet de libération. Elle relève d’une logique de domination.

Et c’est précisément ce que refusent aujourd’hui une majorité de Calédoniens, et une majorité de Kanaks, qui demandent avant tout de vivre dignement, de travailler, de se soigner et d’offrir un avenir stable à leurs enfants.

 

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Tags: CNTPDUSFLNKSPalikaParti travaillisteuni

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