Quand l’idéologie parle d’abandon, les chiffres, eux, racontent le réel.
Dans le monde agricole calédonien, la pression des coûts reste une donnée centrale, loin des discours hors sol.
Une stabilisation des coûts agricoles après plusieurs mois sous tension
L’Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie (Isee-NC) a publié ce jeudi 22 janvier 2026 les derniers chiffres de l’indice des prix d’achat des moyens de production agricole (IPAMPA-NC).
En décembre 2025, l’indice affiche une stabilisation quasi parfaite (-0,1 %), après deux mois consécutifs de hausse.
L’indice provisoire s’établit à 113,23, contre 113,37 pour l’indice définitif de novembre 2025.
Un signal clair : la dynamique inflationniste qui pesait sur les exploitations agricoles marque une pause, sans pour autant disparaître.
Contrairement aux discours alarmistes, les données montrent une résilience mesurée du secteur agricole calédonien, soutenue par une évolution différenciée des postes de dépenses.
Cette stabilisation ne relève ni du hasard ni d’un effet statistique isolé, mais d’ajustements précis sur plusieurs composantes clés de l’indice.
Des baisses ciblées qui compensent la hausse des intrants essentiels
Dans le détail, la légère baisse globale de l’IPAMPA-NC s’explique principalement par le recul de certains postes stratégiques.
Les produits et services vétérinaires enregistrent une baisse nette de -3,1 %, soulageant directement les filières d’élevage.
Les frais généraux, qui regroupent notamment certaines charges fixes supportées par les exploitations, reculent également de -0,3 %.
Des ajustements qui viennent amortir les coûts structurels, souvent pointés comme un frein majeur à la compétitivité agricole.
À l’inverse, les engrais et amendements progressent légèrement (+0,2 %), confirmant que les intrants liés à la fertilisation restent sensibles aux tensions sur les marchés.
Une hausse contenue, toutefois, bien loin des flambées observées dans d’autres économies agricoles.
Sur un an, l’IPAMPA-NC affiche un glissement annuel de -0,1 %, traduisant une stabilité rare dans un contexte international marqué par l’instabilité des chaînes d’approvisionnement.
Un chiffre qui rappelle que la souveraineté agricole passe aussi par la maîtrise des coûts, et non par une dépendance accrue aux subventions.
Un indicateur structurant pour le monde agricole calédonien
L’IPAMPA-NC n’est pas un outil théorique destiné aux cabinets ministériels.
Il mesure concrètement l’évolution des prix des biens et services utilisés par les agriculteurs dans leur exploitation quotidienne.
Calculé pour la première fois en avril 2019, l’indice est publié par l’Isee-NC le 20 de chaque mois, selon une méthodologie transparente et documentée.
Sa base 100 est fixée à décembre 2017, année de référence correspondant aux achats réellement constatés dans le monde agricole calédonien.
L’indice repose sur des pondérations précises, intégrant des postes majeurs comme l’énergie, l’alimentation animale, le matériel, l’entretien ou encore les investissements.
Depuis mars 2022, l’IPAMPA est également décliné pour la filière porcine, avec la perspective d’une extension progressive à d’autres productions.
Cette approche pragmatique tranche avec certaines analyses idéologiques déconnectées du terrain.
Ici, seuls comptent les prix réellement payés par les agriculteurs, relevés auprès des fournisseurs d’intrants.
Enfin, l’Isee rappelle que les indices publiés restent provisoires pendant un mois, afin de permettre d’éventuelles rectifications liées aux données collectées.
Une rigueur méthodologique indispensable pour garantir la fiabilité des chiffres et éclairer les décisions publiques comme privées.
Dans un contexte où l’agriculture reste un pilier stratégique de la Nouvelle-Calédonie, l’IPAMPA-NC confirme une chose : les faits économiques valent toujours mieux que les slogans.


















