Chaque année, le scénario se répète. Les écoles ferment, les familles s’organisent… et les cambriolages repartent à la hausse. En Nouvelle-Calédonie, les vacances scolaires sont devenues, pour trop de foyers, une période d’angoisse. Le sujet n’est ni nouveau ni fantasmatique : il a été re-cité à l’antenne comme l’un des marqueurs forts des derniers jours, porté par des témoignages concrets. Le coup de gueule est simple : on sait, on voit, mais on subit encore.
Des vacances synonymes d’opportunités pour les délinquants
À l’antenne, les mots sont revenus avec insistance :
Pendant les vacances, c’est là que ça recommence
Maisons vides en journée, familles en déplacement, voisinage moins attentif : toutes les conditions sont réunies. Ce constat rejoint les messages de prévention diffusés chaque année par la Gendarmerie et la Police, qui rappellent que les périodes de congés sont statistiquement plus exposées aux cambriolages. En Nouvelle-Calédonie, la réalité est souvent la même : retours de week-end marqués par une porte forcée, un portail fracturé, des effets personnels disparus. Des faits rarement spectaculaires, mais toujours violents pour ceux qui les vivent.
Une délinquance du quotidien qui use la population
Le problème n’est pas seulement le vol. C’est le sentiment d’insécurité durable.
Un auditeur l’a exprimé sans détour :
On part travailler ou quelques jours, et on croise les doigts pour retrouver sa maison intacte
Ce climat alimente une fatigue collective. Selon certaines analyses relayées, les atteintes aux biens figurent parmi les infractions les plus ressenties par la population, précisément parce qu’elles touchent l’intimité du domicile.
Prévention : les mêmes messages, les mêmes limites
Les forces de l’ordre multiplient pourtant les rappels : fermer portes et fenêtres, éviter d’annoncer ses absences sur les réseaux sociaux, signaler les départs prolongés. La Gendarmerie insiste régulièrement sur l’efficacité de dispositifs comme l’Opération Tranquillité Vacances, également déclinée localement. Mais sur le terrain, beaucoup le disent :
On a beau faire attention, ça n’empêche pas tout
Car la prévention individuelle ne compense pas le manque de dissuasion perçue, ni la rapidité d’action de certains réseaux de délinquance opportuniste.
Vacances scolaires : angle mort des politiques de sécurité
Le vrai malaise est là. Les vacances scolaires sont connues à l’avance, prévisibles, répétitives. Pourtant, chaque année, le même sentiment domine : on anticipe mal, on réagit après.
Comme le rappelait un auditeur :
On sait que ça va arriver… et pourtant, on a l’impression que rien ne change
Ce décalage nourrit une défiance croissante. La sécurité du quotidien n’est pas une abstraction : elle conditionne la liberté de partir, de travailler, de souffler. Quand elle vacille, c’est la qualité de vie entière qui recule.
Ce coup de gueule n’est pas un procès, mais un rappel de réalité. Les cambriolages pendant les vacances scolaires ne sont ni une fatalité ni une surprise. Ils sont un problème récurrent, identifié, vécu, documenté. À force de banaliser ces atteintes, on banalise l’idée qu’être victime serait presque normal. Or, la sécurité ne devrait jamais être saisonnière. En Nouvelle-Calédonie, le droit de partir en vacances sans crainte ne devrait pas être un luxe.

















