Quand la sécurité vacille, il reste des femmes et des hommes qui tiennent la ligne. Dans l’ombre, sans slogans ni caméras, une unité veille jour et nuit sur la paix publique.
Au centre de tout : le CORG, cœur opérationnel de la gendarmerie
Au cœur du dispositif de sécurité de la Gendarmerie nationale, le Centre opérationnel et de renseignement de la gendarmerie, plus connu sous le nom de CORG, fonctionne sans interruption, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
C’est ici que convergent l’ensemble des appels au 17 pour toute la zone gendarmerie de Nouvelle-Calédonie, de Yaté à Bélep, en passant par la Brousse et les îles Loyauté.
Installé au sein de la caserne Meunier, le CORG centralise, analyse et hiérarchise chaque signalement. Derrière chaque appel, une situation parfois banale, parfois critique, souvent urgente.
Les opérateurs, officiers et sous-officiers expérimentés, évaluent en temps réel la gravité des faits, déclenchent les patrouilles et mobilisent, si nécessaire, des moyens spécialisés : équipe cynophile, hélicoptère, négociateur.
Un travail exigeant, précis et réactif, au service direct de la population, loin des caricatures et des procès d’intention trop souvent adressés aux forces de l’ordre.
Former, fidéliser, professionnaliser : une exigence permanente
L’efficacité du CORG repose aussi sur la formation continue. Actuellement, trois réservistes, issus de la promotion d’octobre 2025 du peloton DEROST, sont en immersion opérationnelle.
Encadrés par des sous-officiers et des gendarmes adjoints volontaires, ils apprennent les fondamentaux d’un métier où chaque seconde compte.
Ces formations sont placées sous la responsabilité du commandant Joachim Lamare, commandant du Centre opérationnel et de renseignement. L’objectif est clair : monter en compétence, responsabiliser et fidéliser des réservistes pleinement intégrés au dispositif de sécurité.
Cette approche pragmatique illustre une réalité trop souvent oubliée : la sécurité ne s’improvise pas. Elle se construit sur la rigueur, la discipline et la transmission du savoir, loin des discours victimaires et des postures idéologiques.
Appels au 17 : chiffres, réalités et dérives d’un service sous tension
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chaque année, entre 220 000 et 240 000 appels sont traités par le CORG calédonien. Un volume qui place le centre entre la troisième et la quatrième position nationale, tous territoires confondus.
Rapporté à la population réellement couverte par la gendarmerie, cela représente plus de deux appels par habitant et par an.
En semaine, le CORG reçoit de 400 à 500 appels par jour, principalement en journée. Le week-end, l’activité explose : de 800 à 1 000 appels, majoritairement nocturnes.
Les motifs sont révélateurs des fractures de la société calédonienne : violences intrafamiliales en tête, suivies des incivilités (tapages nocturnes, rodéos sauvages) et des agressions physiques, souvent liées à l’alcool.
Contrairement à une idée reçue, si l’appelant n’est pas directement mis en relation avec sa brigade locale, c’est pour une raison simple : l’efficacité opérationnelle.
Depuis Nouméa, le CORG dispose d’une vision globale et géolocalisée de l’ensemble des unités et des moyens disponibles, permettant d’engager la patrouille la plus proche sans perte de temps.
Mais le centre doit aussi faire face à des dérives préoccupantes : appels intempestifs, sollicitations hors urgence, demandes absurdes liées à l’alcool ou à une mauvaise compréhension du rôle du 17.
Ces appels inutiles engorgent les lignes et peuvent retarder la prise en charge de véritables situations de danger, notamment en matière de violences intrafamiliales, où quelques secondes peuvent sauver une vie.
Une unité discrète, pilier de l’ordre républicain
Le CORG n’est ni une vitrine ni un symbole politique. C’est un outil opérationnel, au service de la sécurité et de la prévention, fondé sur le renseignement, l’anticipation et la réactivité.
Dans un territoire soumis à de fortes tensions sociales, économiques et humaines, cette unité incarne une réalité simple : sans ordre, il n’y a ni liberté ni paix publique.
Discret, parfois critiqué, souvent méconnu, le CORG demeure pourtant indispensable. Une vigie permanente, au cœur de la coordination des secours et de la sécurité, fidèle à une mission républicaine claire : protéger, intervenir, prévenir.
Loin du bruit médiatique, mais au plus près du réel.
(Crédit photo de couverture : Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie)


















