Quand le budget devient un champ de bataille politique, la vérité se lit dans les chiffres et dans les votes.
Ce vendredi, l’Assemblée a tranché : le gouvernement tient, malgré la pression des oppositions.
Un vendredi décisif au Palais-Bourbon
Malgré un climat politique sous tension, Sébastien Lecornu a franchi une étape clé.
Les motions de censure déposées après l’usage de l’article 49.3 sur la partie recettes du budget ont échoué, confirmant que la majorité relative tient bon.
La motion portée par La France insoumise, les Écologistes et les communistes a réuni 269 voix, soit 19 de moins que le seuil requis.
Un chiffre lourd de sens : malgré une coalition large allant de l’extrême gauche au Rassemblement national, l’addition n’a pas suffi.
La motion du RN, examinée dans la foulée, n’a recueilli que 142 voix, confirmant son isolement parlementaire.
Le Parti socialiste, malgré quelques défections individuelles, avait annoncé ne pas voter la censure, rendant l’issue prévisible.
Ce vote démontre une réalité politique brute : la majorité des députés a refusé le saut dans l’inconnu réclamé par les oppositions les plus radicales.
49.3 : un outil constitutionnel assumé
L’utilisation du 49.3, pourtant critiquée, s’inscrit dans un cadre strictement constitutionnel.
Contrairement aux accusations de « déni démocratique », le mécanisme prévoit explicitement la possibilité de renverser le gouvernement par le vote.
Devant les députés, Sébastien Lecornu a rappelé que « le pouvoir n’a pas été confisqué », soulignant que chacun avait la possibilité de se prononcer clairement.
Les motions de censure, selon lui, constituent un moment de vérité démocratique.
Les attaques verbales d’Éric Coquerel, dénonçant une prétendue « escroquerie budgétaire », relèvent davantage de la posture idéologique que de l’analyse financière. Aucune alternative chiffrée crédible n’a été présentée par les oppositions.
Le gouvernement assume également une évolution de discours : oui, le 49.3 avait été écarté dans un premier temps.
Mais l’absence de majorité stable impose parfois des décisions de responsabilité, loin des slogans.
Un budget sous surveillance, une stabilité préservée
Sur le fond, les critiques portent notamment sur la prime d’activité, revalorisée après négociation avec le PS.
La gauche radicale y voit une substitution aux salaires, quand le gouvernement y répond par une mesure immédiate de soutien au pouvoir d’achat.
Les syndicats CFDT et CGT dénoncent le dispositif, mais sans proposer de solution applicable à court terme dans un cadre budgétaire contraint.
Là encore, le débat oppose idéologie et gestion concrète.
Après ces votes, le calendrier est clair :
– nouveau 49.3 sur la partie dépenses,
– passage au Sénat,
– dernier 49.3 sur l’ensemble du texte.
De nouvelles motions de censure seront déposées, sans illusion sur leur issue.
La séquence l’a démontré : ni les mélenchonistes ni les lepénistes n’ont convaincu une majorité de députés.
En refusant de renverser le gouvernement, l’Assemblée a fait un choix net : la stabilité plutôt que le chaos politique.
Un signal fort envoyé aux marchés, aux collectivités et aux Français.
Sébastien Lecornu peut souffler, provisoirement. Mais il avance, étape après étape, dans un exercice d’équilibriste assumé.

















