Le sujet qui a tout écrasé : la retraite CAFAT. Pas une discussion technique, non. Une colère brute, nourrie par une angoisse simple : on cotise, on serre la ceinture, et personne n’explique clairement où va l’argent. Entre soupçons, incompréhensions et rappels factuels, l’émission a mis à nu un territoire qui doute de son filet de sécurité.
Un système fragilisé… et un peuple qui ne croit plus aux “éléments de langage”
Dans l’émission, les auditeurs reviennent sans cesse sur le même point : on leur répète qu’il n’y a “pas assez d’actifs”, mais eux voient surtout un système qu’on touche par le haut et une addition qui retombe toujours sur les mêmes. Deux phrases résument l’état d’esprit :
On est des vaches à lait
Le gouvernement, il est en train de voler le peuple
Sur le fond, un fait est acté : l’âge légal est progressivement repoussé jusqu’à 62 ans en 2026 en Nouvelle-Calédonie, selon les informations officielles de la CAFAT et de service-public.nc. Et ce recul, même expliqué, alimente une défiance : parce que quand la règle change, la question fuse immédiatement… pourquoi ?
“Où va l’argent ?” Le choc des mots… et la confusion sur la répartition
Le passage le plus explosif, c’est celui-là : des auditeurs demandent ce que devient l’argent quand des cotisants décèdent tôt, parfois peu après l’ouverture des droits. On entend :
Tous les gens qui décèdent à 60, 61, 62… on fait quoi avec ce capital ?
On n’emploie pas cette manne financière et où elle va
Puis arrive une mise au point : un auditeur rappelle calmement le mécanisme par répartition, en clair, les cotisations d’aujourd’hui financent les pensions d’aujourd’hui, elles ne s’empilent pas sur un compte personnel.
Quand nous on cotise, on cotise pour ceux qui sont déjà à la retraite
L’argent… il est déjà redistribué
Ce rappel colle avec la logique générale des régimes par répartition : c’est un système d’équilibre démographique et économique, pas une tirelire individuelle.
Âge de départ, durée, règles : quand les chiffres arrivent, la colère ne retombe pas
Là où le débat dérape, c’est quand la technique entre dans l’arène. Un auditeur affirme que les patentés cotisent (contesté ensuite), un autre rectifie, et l’antenne finit par poser LA question que tout le monde se pose : à partir de quand on peut partir ?
Ce qui est vérifiable côté règles : la CAFAT explique le calendrier de réforme et le passage à 62 ans en 2026.
Côté “préparer sa retraite”, la CAFAT publie aussi un guide pratique 2025 avec les démarches, conditions générales et dispositifs associés (dont le Complément Retraite de Solidarité, sous conditions).
Mais même quand l’info est disponible, la critique reste la même : l’explication ne suffit plus si les gens ont le sentiment que la gestion est opaque et que l’effort est à sens unique.
Cette émission l’a montré sans filtre : en Nouvelle-Calédonie, la retraite n’est plus un sujet social, c’est devenu un sujet de confiance publique. Tant que les règles bougeront sans pédagogie massive, tant que la transparence restera un mot creux, les gens continueront de se dire qu’ils payent “dans le vide”. La question n’est plus “qui a raison à l’antenne ?” : c’est qui remettra enfin des chiffres clairs, accessibles, et opposables sur la table et qui assumera de répondre, sans détour.


















