Ils arrivent en vacances, bagages pleins et règles oubliées.
À l’entrée du territoire, la biosécurité ne laisse pourtant aucune place à l’approximation.
Des contrôles renforcés face à une irresponsabilité persistante des voyageurs
La Direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales (DAVAR) tire la sonnette d’alarme. En cette période de vacances scolaires, les flux de voyageurs augmentent et, avec eux, les tentatives d’introduction de produits strictement interdits sur le territoire.
Au cœur du dispositif, le service d’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire (SIVAP) veille au respect d’une réglementation sanitaire claire, connue, mais encore trop souvent ignorée.
Il y a quelques semaines, les agents de la biosécurité ont procédé à une saisie exceptionnelle à l’arrivée d’un passager en Nouvelle-Calédonie. Grâce aux chiens détecteurs du SIVAP, spécialement entraînés à repérer les produits d’origine animale et végétale, 35 kilogrammes de denrées non déclarées et interdites ont été interceptés dans des bagages personnels.
Le contenu est révélateur : fruits et légumes frais, œufs de caille en provenance de Thaïlande, charcuterie importée de France. Autant de produits à risque, transportés sans déclaration, en totale infraction avec la réglementation en vigueur.
Cette saisie dite « record » n’a rien d’anecdotique. Elle illustre, au contraire, une réalité préoccupante : des volumes importants de produits sensibles continuent d’être transportés avec légèreté, au mépris des règles sanitaires et de l’intérêt collectif.
Un risque sanitaire majeur pour l’agriculture, l’environnement et l’économie locale
Contrairement à une idée reçue, ces produits ne sont pas inoffensifs parce qu’ils sont destinés à un usage personnel ou familial. Bien au contraire, les denrées d’origine animale et végétale peuvent être vectrices de maladies, de parasites ou d’organismes nuisibles capables de ravager des filières entières.
La Nouvelle-Calédonie bénéficie d’un statut sanitaire privilégié, fruit de décennies de rigueur et de contrôles stricts. Ce statut protège l’agriculture, les élevages, la biodiversité et, plus largement, l’économie du territoire. Une seule introduction non maîtrisée peut suffire à provoquer des dégâts irréversibles.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chaque année, les agents de la biosécurité, basés à l’aéroport international de Nouméa-La Tontouta et au centre de tri postal de Ducos, réalisent en moyenne 3 500 saisies.
Cela représente près de 3,5 tonnes de produits interdits, systématiquement détruits par incinération.
Ces données factuelles démontrent l’ampleur du phénomène, aussi bien dans les bagages des voyageurs que dans les colis postaux adressés aux particuliers. Elles confirment une chose : la pédagogie ne suffit plus sans responsabilité individuelle.
Responsabilité individuelle, déclaration obligatoire et sanctions financières
Face à cette situation, la DAVAR rappelle fermement les règles. De nombreux produits sont strictement interdits ou soumis à réglementation, notamment :
les fruits et légumes frais ; les viandes et produits carnés (jambon, saucisson, volaille) ; les produits laitiers ; les œufs et leurs dérivés ; les plantes et les semences.
En période de vacances, propice aux échanges alimentaires et aux envois de colis, la responsabilité de chacun est engagée. Avant de voyager ou de recevoir un colis, il est indispensable de se renseigner sur les produits autorisés.
En cas de doute, la règle est simple : déclarer systématiquement.
Les voyageurs doivent remplir la fiche de déclaration sanitaire remise avant l’atterrissage à l’aéroport de Tontouta. Pour les envois postaux, la déclaration s’effectue via les formulaires CN22 ou CN23 transmis par La Poste.
Les informations officielles et les contacts utiles sont accessibles auprès des services compétents de la DAVAR.
Le SIVAP reste mobilisé quotidiennement à tous les points d’entrée du territoire : aéroports, ports et centre de tri postal. Sa mission est claire : préserver la santé animale, la santé végétale et l’environnement de la Nouvelle-Calédonie.
La règle est appliquée sans faiblesse. Toute interception constitue une infraction et expose son auteur au paiement d’une indemnité transactionnelle pouvant atteindre 70 000 F CFP par produit saisi. Une sanction financière qui rappelle que la biosécurité n’est ni optionnelle ni négociable.
(Crédit photo de couverture : DAVAR)


















