Se garer « deux minutes » sur un trottoir. Laisser sa voiture « juste là ». Un geste devenu banal pour certains automobilistes, mais qui peut se transformer en véritable mise en danger pour les autres. À Sunset Marina, à Nouméa, cette incivilité du quotidien a pris un visage bien concret. Celui de Thierry Esposito, ancien cuisinier, figure connue en Nouvelle-Calédonie, aujourd’hui en situation de handicap.
« Je n’avais pas d’autre choix que de descendre sur la chaussée »
Ce jour-là, à proximité de l’agence immobilière Sunset, une Range Rover noire est stationnée entièrement sur le trottoir. Aucun passage possible. Pour Thierry Esposito, en fauteuil roulant, la situation est immédiate et brutale.
Étant en situation de handicap, je n’ai eu aucun autre choix que de faire demi-tour, de descendre du trottoir et de circuler sur la chaussée, m’exposant directement au danger
Comme si cela ne suffisait pas, un second véhicule vient se garer derrière le premier, bloquant toute possibilité de retour en arrière.
Cette situation est inacceptable et extrêmement dangereuse
L’égoïsme ordinaire, sans même y penser
Pour Thierry Esposito, le problème n’est pas un cas isolé. C’est une pratique répétée, presque mécanique, qui traduit une forme d’indifférence totale à l’égard des autres usagers de l’espace public.
Certains automobilistes s’approprient les trottoirs comme s’ils leur appartenaient, sans se soucier une seule seconde des conséquences de leurs actes
Parents avec poussette, personnes âgées, malvoyants, personnes handicapées : tous se retrouvent contraints de quitter le trottoir pour circuler sur la route, au milieu des voitures.
Les trottoirs ne sont pas des parkings. Ils sont destinés aux piétons et aux personnes à mobilité réduite
Un danger bien réel, pas une exagération
Sur les réseaux sociaux, le ton employé par Thierry Esposito a parfois été jugé excessif. Il réfute fermement cette idée.
Ce message n’est ni excessif ni injustifié
Il est l’expression d’une colère fondée face à des comportements répétés qui mettent des vies en danger
Il rappelle que le simple fait de forcer une personne en fauteuil roulant à circuler sur la chaussée suffit à créer un risque d’accident grave.
Descendre du trottoir, pour nous, ce n’est pas un inconfort : c’est un danger immédiat
Des incivilités qui se répètent, quartier après quartier
Le plus préoccupant, selon lui, reste la répétition de ces comportements. Le même véhicule, au même endroit, à quinze jours d’intervalle. Et des scènes similaires observées ailleurs, notamment rue Paul Kervistin.
C’est toujours la même chose, et toujours les mêmes excuses
Face à cette récurrence, Thierry Esposito annonce qu’il signalera désormais systématiquement ces infractions.
La loi existe, encore faut-il la respecter
Le cadre légal, lui, est clair : le stationnement sur trottoir est interdit et passible d’une amende de 1 000 francs CFP. Un montant connu, mais visiblement peu dissuasif.
1 000 francs aujourd’hui, cela n’empêche personne de recommencer
Sans attaquer frontalement les institutions, Thierry Esposito constate surtout un manque de prise de conscience collective.
Tant que certains considéreront le trottoir comme une extension de leur parking, le problème restera le même
Le respect, une règle simple
Au fond, le message est d’une grande simplicité. Il ne s’agit ni de polémique, ni de revendication excessive, mais de respect élémentaire.
Le respect de l’espace public n’est pas une option
C’est une obligation morale
Un rappel utile, à l’heure où une incivilité banalisée peut, en quelques secondes, mettre une vie en danger.
















