Deux ans après les grandes annonces parisiennes, l’État remet du concret sur la table en Nouvelle-Calédonie.
À Koumac, France 2030 est sorti des discours pour entrer dans le réel économique du territoire.
L’État assume sa stratégie d’investissement en province Nord
La réunion publique organisée à Koumac marque un tournant assumé.
Dans les locaux de la première compagnie du Régiment du service militaire adapté, Arnaud Lauzier, secrétaire général adjoint du haut-commissariat de la République, a présenté sans détour le dispositif France 2030 régionalisé en Nouvelle-Calédonie.
Face aux entreprises, aux porteurs de projets, aux acteurs économiques et aux organismes de formation implantés en province Nord, le message est clair : l’État investit et structure, loin des logiques d’assistanat dénoncées depuis des années.
Le programme repose sur un partenariat solide associant l’État, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Bpifrance et la Banque des territoires – Caisse des dépôts.
Une architecture institutionnelle classique, éprouvée et surtout assumée comme telle.
Le chiffre central est désormais posé publiquement : 342 millions de francs CFP sont dédiés à la Nouvelle-Calédonie.
Un montant renforcé, puisque la part de l’État consacrée au dispositif est doublée, signe d’une volonté politique affirmée de réinvestir les territoires productifs.
Cet abondement cible deux priorités nettes : les filières économiques et la formation professionnelle, avec une logique de résultats et non de communication.
Deux axes opérationnels pour soutenir l’innovation et les filières locales
Le dispositif France 2030 régionalisé se décline concrètement en deux axes immédiatement opérationnels, tous deux confiés à Bpifrance, opérateur reconnu du financement de l’innovation.
Premier axe : les projets d’innovation en Nouvelle-Calédonie.
Il s’agit d’accompagner les entreprises dans la conception d’innovations, depuis l’étude de faisabilité jusqu’aux phases de développement.
L’objectif est clair : faire émerger des projets économiquement viables, capables de s’inscrire dans la durée.
Deuxième axe : les projets de filières.
Ce volet vise la structuration de filières régionales clés, à travers le financement de dépenses mutualisées d’investissement et de recherche et développement.
Une logique industrielle assumée, loin du saupoudrage.
Pour ces deux axes, Bpifrance gère une enveloppe globale de 1 528 k€, soit environ 182,4 millions de francs CFP.
Un signal fort envoyé aux acteurs économiques locaux, souvent confrontés à l’isolement et au manque de capitaux structurants.
Les appels à projets sont ouverts en continu, permettant aux entreprises de déposer leurs dossiers sans contrainte calendaire artificielle.
Une approche pragmatique, adaptée aux réalités du tissu économique calédonien.
Formation professionnelle et ingénierie : le troisième pilier attendu
Un troisième axe, dédié aux projets d’ingénierie et de formation professionnelle, viendra compléter le dispositif.
Il sera opéré par la Caisse des dépôts et consignations, via la Banque des territoires.
Ce volet vise le développement de formations professionnelles innovantes, construites en partenariat avec les acteurs économiques, afin de répondre aux besoins réels du marché du travail.
Une rupture assumée avec les dispositifs déconnectés des débouchés.
Son ouverture est annoncée pour une phase ultérieure, confirmant une montée en puissance progressive mais structurée du programme.
Point clé rappelé lors de la réunion : toute entreprise candidate doit disposer d’un numéro SIREN.
La demande doit être effectuée auprès de l’ISEE de Nouvelle-Calédonie, condition administrative indispensable pour accéder aux financements.
Ce rappel n’est pas anodin : France 2030 s’adresse à des entreprises structurées, prêtes à s’inscrire dans une logique nationale de performance et de compétitivité.
France 2030 : une vision nationale assumée, déclinée localement
Au-delà de la déclinaison calédonienne, France 2030 s’inscrit dans une stratégie nationale de long terme.
Doté de 30 milliards d’euros sur cinq ans, le plan vise à préparer la France aux défis industriels, technologiques et stratégiques du XXIᵉ siècle.
Parmi ses objectifs figurent notamment : la relance du nucléaire innovant, le leadership sur l’hydrogène vert, la décarbonation industrielle, la production de véhicules électriques, le développement de l’aviation bas carbone, la souveraineté alimentaire, les biomédicaments, la culture, le spatial et l’exploration des fonds marins.
En Nouvelle-Calédonie, cette ambition se traduit par une approche simple : investir, structurer, former, sans discours victimaire ni dilution des responsabilités.
À Koumac, l’État a envoyé un message politique limpide : le développement passe par l’initiative, l’innovation et le travail, et non par la plainte permanente.

















