La fraude numérique ne frappe plus au hasard : elle cible désormais les figures d’autorité pour mieux tromper les citoyens.
À Nouméa, une nouvelle alerte rappelle une réalité brutale : la naïveté numérique a un coût, et il est souvent payé par les plus vulnérables.
Une usurpation cynique qui exploite la confiance institutionnelle
La ville de Nouméa a lancé une alerte officielle face à la circulation de faux profils Messenger usurpant l’identité du maire, Sonia Lagarde.
Ces comptes frauduleux prétendent proposer un accès au dispositif provincial Sud Retour, en invitant les victimes à laisser leur numéro WhatsApp afin d’obtenir une aide financière.
La manœuvre est grossière, mais redoutablement efficace.
Elle repose sur un levier classique de l’escroquerie moderne : l’autorité institutionnelle.
La mairie rappelle fermement plusieurs faits vérifiables :
➡ le dispositif Sud Retour ne dépend en aucun cas de la mairie de Nouméa ;
➡ le maire n’accorde aucune aide financière via les réseaux sociaux ;
➡ aucun élu ne contacte des administrés par Messenger pour des questions d’argent.
Ces messages constituent donc des tentatives d’escroquerie caractérisées, destinées à soutirer des coordonnées bancaires, des données personnelles et parfois des documents administratifs.
Une mécanique bien rodée, souvent opérée depuis l’étranger, mais aux conséquences très locales.
Une menace croissante pour les citoyens et la crédibilité des élus
Ces dernières années, les cas d’usurpation d’identité visant les maires et les élus de Nouvelle-Calédonie se multiplient.
Ce phénomène n’est ni anodin ni marginal.
Il révèle une fragilité inquiétante : celle d’un espace numérique devenu un terrain de chasse pour des escrocs de plus en plus audacieux, profitant d’un déficit de culture numérique et d’un climat social parfois tendu.
Les conséquences sont lourdes. Pour les victimes, d’abord, qui peuvent subir des pertes financières, des blocages bancaires, voire des démarches juridiques complexes.
Pour les institutions ensuite, confrontées à une érosion de la confiance publique, pourtant indispensable au bon fonctionnement républicain.
À force de voir les symboles de l’autorité détournés, c’est la parole publique elle-même qui se trouve affaiblie.
Un risque majeur dans un territoire où la stabilité institutionnelle demeure un enjeu central.
Vigilance, responsabilité et fermeté : les seuls remparts efficaces
Face à cette recrudescence, la ville de Nouméa appelle une nouvelle fois à la plus grande vigilance.
Les consignes sont claires, simples, et doivent être martelées :
– Ne jamais communiquer d’informations personnelles.
– Ne jamais transmettre de coordonnées bancaires.
– Bloquer et signaler immédiatement tout compte suspect.
La lutte contre les arnaques numériques ne peut reposer uniquement sur les autorités.
Elle suppose aussi une responsabilisation individuelle, loin de toute posture victimaire.
À l’heure où certains exploitent la détresse sociale pour mieux frauder, il est urgent de rappeler une vérité simple : l’État, les collectivités et les élus n’agissent jamais dans l’ombre des messageries privées.
La sécurité numérique est désormais une composante essentielle de la sécurité civile.
L’ignorer, c’est laisser le champ libre à ceux qui prospèrent sur la crédulité et la désinformation.


















