Le Parti travailliste relance la mobilisation sur le terrain. Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, le mouvement appelle ses militants à se rassembler dès vendredi 13 février à partir de 7 heures du matin sur plusieurs points stratégiques du territoire. Une initiative qui marque une nouvelle étape dans la séquence politique tendue que traverse la Nouvelle-Calédonie.
Une mobilisation coordonnée sur l’ensemble du territoire
Dans son communiqué, le Parti travailliste évoque « la combinaison de la mobilisation du terrain et du travail de lobbying de nos représentants du Front » pour faire face à ce qu’il qualifie de « machine coloniale » et à son « arsenal réglementaire, judiciaire, médiatique, répressif ».
Plusieurs lieux sont explicitement mentionnés : Apogoti (rue des Départs), Païta Fraisiers, Conception, Poindimié, Ponérihouen (relais Riwinx) ainsi que Koné, subdivision. Une cartographie qui couvre aussi bien le Grand Nouméa que la côte Est et le Nord, traduisant une volonté d’ancrage territorial large.
Sur l’affiche diffusée en ligne, le mot d’ordre est clair : « Affichons nos couleurs ! Mobilisation statique ». Les hashtags #KanakyResistance, #decolonisation ou encore #OnEstEnsemble viennent renforcer la tonalité politique du message.
Un double front : terrain en Calédonie, lobbying à Paris
Cette séquence s’inscrit dans une stratégie plus large. Alors que les militants sont appelés à occuper le terrain localement, les représentants du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) se trouvent actuellement à Paris. Objectif affiché : multiplier les rencontres institutionnelles et médiatiques afin de porter la voix indépendantiste au niveau national.
Ce va-et-vient entre mobilisation locale et relais politique dans l’Hexagone traduit une approche coordonnée. D’un côté, une démonstration de présence sur le terrain. De l’autre, un travail de pression et d’influence auprès des décideurs et des médias nationaux.
Un discours assumé de confrontation politique
Le texte publié par le Parti travailliste assume une ligne offensive. Il évoque un combat contre les institutions, présenté comme un affrontement politique global, mêlant terrain, relais institutionnels et bataille d’influence.
« C’est notre part du travail et de responsabilité », écrit le mouvement, concluant par un « Force Kanaky » accompagné des drapeaux indépendantistes.
Cette rhétorique intervient dans un contexte où les tensions institutionnelles et identitaires restent vives, plusieurs mois après les épisodes de violences qui ont marqué le territoire. Si l’appel évoque des « mobilisations statiques », la perspective de rassemblements simultanés sur plusieurs axes stratégiques pourrait raviver les inquiétudes d’une partie de la population.
Un test pour les autorités et pour le climat social
Reste désormais à mesurer l’ampleur réelle de la mobilisation. Le Parti travailliste entend visiblement démontrer sa capacité d’organisation et de maillage territorial. Les autorités, de leur côté, seront attentives au déroulement de ces rassemblements, alors que la question de l’ordre public demeure particulièrement sensible.
Au-delà du simple appel militant, cette initiative s’inscrit dans une stratégie assumée de rapport de force. Elle vise à maintenir la question institutionnelle au cœur de l’agenda public et à rappeler que, pour une partie du camp indépendantiste, le combat se joue à la fois dans la rue et dans les salons parisiens.
La journée de vendredi pourrait ainsi constituer un nouveau point d’observation du climat politique calédonien. Entre démonstration de force symbolique et message adressé aux institutions, le Parti travailliste choisit clairement de reprendre l’initiative sur le terrain.



















