À la veille de la rentrée scolaire 2026, l’assemblée de la province Sud, réunie ce jeudi 12 février dans l’hémicycle du conseil municipal de Nouméa, a réaffirmé une priorité assumée : placer la jeunesse et les familles au cœur de l’action publique.
Dans un territoire encore marqué par les conséquences des émeutes de mai 2024, l’exécutif provincial défend une stratégie constante : agir plutôt que commenter, investir plutôt que subir.
Parce que préparer l’avenir des jeunes, c’est préparer celui de la Nouvelle-Calédonie, 54 % du budget provincial 2026, soit 25,2 milliards de francs CFP, sont consacrés à l’enseignement, à la santé et à la protection sociale. Un choix budgétaire massif, revendiqué comme tel.
Cette orientation est renforcée par la dotation républicaine de l’État, accordée dans le cadre du prêt garanti. Pour 2026, la province Sud bénéficiera de 473 469 131 F CFP destinés à financer des actions ciblées en faveur des populations.
Soutien direct aux familles, insertion des jeunes, accès aux soins, protection de l’environnement : l’exécutif assume une vision structurée, articulée autour du capital humain.
Une solidarité républicaine concrète pour la rentrée
Parmi les mesures phares adoptées figure l’attribution d’une enveloppe exceptionnelle de 6 000 F CFP par enfant scolarisé dans chaque famille de la province Sud.
Le dispositif concerne 44 640 jeunes. L’objectif est clair : soutenir les dépenses liées à la rentrée scolaire et alléger les frais de cantine.
Marie-Jo Barbier, présidente de la commission de l’enseignement, a salué :
le choix responsable d’utiliser une recette exceptionnelle pour un soutien exceptionnel aux populations.
Aniseta Tufele, présidente de la commission de la santé et de l’action sociale, a évoqué « une aide directe » face à l’augmentation du coût de la vie.
Pour une famille de deux, trois ou quatre enfants, l’impact budgétaire est tangible.
Sonia Backès a remercié l’État pour cette dotation exceptionnelle, soulignant qu’elle permettra :
d’aider sans contrepartie ceux qui connaissent des difficultés à la suite de la crise de 2024.
La prolongation du Programme provincial de réinsertion citoyenne (PPRIC) est également financée grâce à cette enveloppe.
Dans un contexte post-émeutes, la majorité provinciale revendique une approche fondée sur la responsabilité, l’accompagnement et la reconstruction.
Loisirs, santé : des réponses structurées et encadrées
L’assemblée a voté un renforcement du soutien aux centres de vacances et de loisirs (CVL), qui accueillent chaque année près de 30 000 enfants. La revalorisation de l’aide provinciale atteint désormais 550 F CFP par jour et par enfant, soit une augmentation de 100 F CFP.
Une majoration de 50 F CFP par jour est prévue pour les enfants en situation de handicap. L’âge d’accès au forfait complémentaire est abaissé à 11 ans. Le dispositif est simplifié pour plus de lisibilité.
Nadine Jalabert a rappelé que :
 deux ans après les émeutes, nos familles ont besoin de soutien.
Sur le volet santé, les élus ont approuvé la participation provinciale à la mise en œuvre d’une équipe soignante itinérante de l’Ordre de Malte France. La convention-cadre, signée le 22 août 2025, prévoit l’intervention de trois à cinq professionnels de santé dans les trois provinces. En province Sud, ces équipes interviendront dans les centres médico-sociaux désignés.
Sonia Backès a précisé que la collectivité accompagnera l’intégration de ces professionnels dans les dispensaires provinciaux.
Aniseta Tufele a salué « un partenariat équilibré et encadré ». Nina Julié a remercié le personnel soignant pour sa réactivité, notamment face à la pénurie de médecins au Mont-Dore Sud. Parallèlement, la province poursuit sa politique d’incitation à l’installation des professionnels de santé.
Créé en octobre 2022, le dispositif prévoit jusqu’à 6 millions de F CFP pour les cabinets de médecine ou d’odontologie, versés sur trois ans. Les cabinets de maïeutique, d’orthophonie, de masso-kinésithérapie ou d’infirmiers peuvent bénéficier de 1,5 million de F CFP.
Une enveloppe pouvant atteindre 16 millions de F CFP est prévue pour l’achat d’équipements médicaux, sous conditions.
Initialement réservé aux zones extérieures au Grand Nouméa, le dispositif a été élargi à certains secteurs du Mont-Dore et de Païta confrontés à une pénurie. Le 12 février, l’exécutif a proposé d’intégrer La Coulée ainsi que la zone du Mont-Mou.
Un amendement visant à inclure la presqu’île de Ducos a été déposé par Philippe Dunoyer.
Virginie Ruffenach a soutenu cette proposition, estimant qu’il ne fallait pas « oublier Nouméa ». Sonia Backès a jugé la demande « légitime », tout en précisant qu’elle n’avait pas été examinée par les services.
Le texte a été retiré. Un travail complémentaire sera mené.
Environnement et souveraineté locale : protéger le territoire
L’assemblée a adopté un dispositif de coopération avec la Marine nationale afin de renforcer la police de l’environnement.
L’objectif est d’améliorer la surveillance maritime, de prévenir la pêche irrégulière et de renforcer la remontée de signalements.
La province Sud a également formalisé une convention avec le Groupement technique vétérinaire de Nouvelle-Calédonie (GTV-NC), dans le cadre du réseau d’échouage des espèces protégées.
La collaboration avec l’Aquarium des Lagons est consolidée. Ces mesures traduisent une volonté de protéger le littoral et la biodiversité.
Au-delà des textes votés, cette assemblée illustre une orientation politique cohérente : investir dans la jeunesse, sécuriser l’accès aux soins, soutenir les familles et défendre le patrimoine naturel.
Dans un contexte institutionnel et économique fragile, la province Sud revendique une ligne constante depuis 2019 : agir. Covid, crise sociale, émeutes : la majorité provinciale affirme avoir maintenu le cap. Reste désormais à traduire ces choix budgétaires en résultats durables.
Une chose est sûre : à l’approche des municipales, le débat politique s’intensifie.
Mais sur le fond, les chiffres sont là : 25,2 milliards pour l’humain, 6 000 F CFP par enfant, des aides revalorisées, des conventions signées. Pour l’exécutif provincial, la stratégie ne change pas : préparer l’avenir de la Nouvelle-Calédonie en consolidant ses fondations.

















