Les Français sont de nouveau appelés aux urnes. En mars 2026, les municipales redessineront le visage des communes et des intercommunalités.
Une convocation nationale pour défendre la démocratie locale
Le décret de convocation des électeurs, présenté au Conseil des ministres du 27 août 2025 puis publié au Journal officiel le 28, fixe les dates : 15 mars 2026 pour le premier tour, 22 mars pour le second. Ces élections permettront de renouveler l’ensemble des conseils municipaux, les conseillers communautaires et, à Paris, Lyon et Marseille, les conseillers d’arrondissement.
Les électeurs devront être inscrits sur les listes électorales extraites du répertoire électoral unique (REU). La date limite est fixée au 6 février 2026, sauf cas particuliers prévus par le code électoral (nouveaux majeurs, mutation de fonctionnaires, etc.). L’inscription est un acte civique fort : sans participation massive, la démocratie locale s’étiole.
Un mode de scrutin clarifié et harmonisé
La grande nouveauté découle de la loi du 21 mai 2025 : désormais, le mode de scrutin est le même dans toutes les communes, qu’elles comptent 200 ou 200 000 habitants. Il s’agit d’un scrutin de liste proportionnel à deux tours, assorti d’une prime majoritaire de 50 % des sièges à la liste arrivée en tête.
Concrètement, si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés dès le premier tour, elle rafle d’emblée la moitié des sièges. Le reste est attribué à la proportionnelle entre les listes ayant franchi le seuil de 5 % des voix. En cas d’absence de majorité absolue, un second tour a lieu. Seules les listes ayant dépassé 10 % des suffrages peuvent se maintenir, mais celles à 5 % peuvent fusionner.
Cette réforme supprime l’ancien système différencié entre communes de moins et de plus de 1 000 habitants. Une décision qui met fin à des inégalités électorales injustifiées et redonne de la clarté aux électeurs.
Le rôle central du maire et la bataille politique à venir
Une fois élus, les conseillers municipaux procèdent à l’élection du maire. Ce dernier, élu à la majorité absolue ou relative selon les tours, demeure la pierre angulaire de la République locale. Dans un pays fragilisé par l’abstention, son autorité demeure essentielle.
Le nombre de conseillers municipaux varie de 7 pour les plus petites communes à 69 dans les plus grandes. Le nombre d’adjoints est limité, mais peut être étendu dans les villes de plus de 80 000 habitants pour tenir compte des réalités de terrain. Partout, la loi impose des listes paritaires, composées alternativement d’hommes et de femmes, une contrainte parfois difficile dans les villages, mais garante de l’égalité civique.
Au-delà des aspects techniques, ce scrutin sera une bataille politique majeure. Les municipales dessinent la carte d’influence des partis dans les territoires, déterminent les équilibres locaux et orientent les politiques publiques au quotidien : sécurité, école, fiscalité locale, urbanisme. Autant de sujets concrets où les Français veulent de la clarté et des résultats.
Le 15 mars 2026, chaque électeur aura entre les mains un bulletin décisif pour l’avenir de sa commune. Dans un pays traversé par les doutes, les municipales restent le socle de la démocratie française : l’échelon où le peuple s’exprime le plus directement, loin des idéologies victimaires. La participation citoyenne sera le vrai test de vitalité de notre République.