Philippot promet une destitution impossible. Pendant ce temps, Macron vacille et Bayrou risque de tomber.
Un disque rayé qui cache un carnaval populiste
Comme un disque rayé, la Ve République tourne en boucle. Mais cette fois, Emmanuel Macron pourrait bien se retrouver face au mur. Son Premier ministre, François Bayrou, est sur la sellette. Le 8 septembre, une motion de confiance menace de l’emporter. Et dès le 10, les cortèges syndicaux réclameront la tête du Président.
Le 8, on vire Bayrou ; le 10, on fait tomber Macron
scandent déjà certains slogans. Le climat social s’alourdit, la rue s’échauffe, et l’Élysée se retrouve assiégé. Macron, jadis présenté comme un stratège froid et implacable, paraît désormais acculé, isolé, prisonnier de ses propres contradictions.
Mais dans ce décor de crise réelle, un autre spectacle occupe l’espace médiatique : celui des populistes qui agitent la fiction de la destitution. Florian Philippot en tête, qui a promis une « destitution de Macron le 23 septembre ». Une annonce choc, calibrée comme une bande-annonce Netflix, mais qui ne repose sur rien de concret.
La destitution : une illusion constitutionnelle brandie par les populistes
En réalité, la destitution présidentielle est une procédure d’une complexité extrême. L’article 68 de la Constitution la définit comme un processus à quatre étages :
- 10 % des parlementaires doivent initier la procédure ;
- Les deux tiers de l’Assemblée nationale ET du Sénat doivent l’adopter ;
- Une Haute Cour doit être convoquée ;
- Le président est jugé pour « manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat ».
Autant dire : une mission impossible. Dans un pays où même une majorité simple est introuvable, imaginer une telle unanimité relève de la science-fiction. Philippot le sait. Mais il joue sur la confusion, en laissant croire qu’un bouton rouge est caché sous la table et qu’il suffirait de l’appuyer pour renverser Macron.
C’est une stratégie classique des populistes : transformer un texte juridique impraticable en arme de communication. Pendant que les foules se passionnent pour un 23 septembre apocalyptique, la réalité politique, elle, se joue ailleurs : dans l’hémicycle, à travers la motion de censure contre Bayrou.
Bayrou en danger, Macron sans paratonnerre
Pendant que Philippot vend des illusions, la vraie bataille se joue le 8 septembre. François Bayrou risque de tomber, balayé par une motion de censure annoncée. Ce serait un coup dur pour Macron, qui perdrait son paratonnerre, celui qui encaissait les critiques et lui permettait de tenir encore quelques mois.
Sans Bayrou, l’Élysée devient vulnérable. Le pouvoir vacille comme rarement depuis 2018. La gauche radicale jubile, la droite populaire guette son heure. Mais au fond, la cause est simple : sept années de macronisme technocratique, coupé du réel, incapable de rassembler une majorité stable.
La dissolution, que Macron répète ne pas vouloir, redevient une option. Gérald Darmanin l’a dit : il ne faut pas « écarter » trop vite ce scénario. Même Édouard Philippe, figure modérée, estime qu’elle est « inéluctable ». Mais dissoudre ne réglerait rien : le pays resterait fracturé, le Parlement éclaté.
La tentation de la démission et les fausses sorties de crise
Face à l’impasse, certains évoquent une sortie par le haut : la démission du Président. Jean-François Copé exhorte Macron à « programmer son départ ». Mélenchon, lui, répète que « le problème, c’est Macron ». Une convergence rare, mais révélatrice d’un malaise profond : la légitimité présidentielle s’érode.
Macron, fidèle à son tempérament, balaie ces appels. Il promet de rester « jusqu’au dernier quart d’heure ». Mais la lassitude est telle que même ses soutiens les plus fidèles peinent à défendre son bilan. Le macronisme est devenu un bruit de fond, une sorte de disque rayé que le pays n’écoute plus.
Dernière carte possible : nommer un Premier ministre issu du Nouveau Front populaire. Mais ce serait un pari insensé. La droite et le RN censureraient immédiatement ce gouvernement, et Macron n’a jamais accepté que sa politique économique soit détricotée.
Macron en sursis, Philippot en roue libre
En réalité, Emmanuel Macron n’a plus d’options solides. Ni dissolution, ni démission, ni nomination miracle. Son autorité s’est évaporée. Et dans ce vide politique, les populistes prospèrent. Philippot brandit la destitution comme un totem, sachant qu’elle est irréalisable.
Le vrai danger n’est pas la procédure fantasmée d’un article 68 oublié, mais la facilité avec laquelle des leaders politiques transforment l’illusion en slogan. La désinformation est devenue leur marque de fabrique. Pendant qu’ils agitent un carnaval creux, le pays s’enfonce dans une crise bien réelle : un président affaibli, un Parlement éclaté, une rue en colère.
La République n’a pas besoin de carnavals
Philippot promet un 23 septembre apocalyptique. Mais son calendrier n’existe que dans les réseaux sociaux et les plateaux télé. La République n’a pas besoin de populistes qui vendent du spectacle. Elle a besoin de clarté, d’ordre et d’autorité.
Emmanuel Macron n’incarne plus cette autorité. Mais croire que Philippot ou d’autres peuvent l’imposer à coups de slogans, c’est confondre la politique avec un carnaval. Or la France n’a pas besoin d’un carnaval : elle a besoin d’un cap.
L’alternative Bardella : la seule option crédible
Face à cette impasse, une évidence s’impose : la seule alternative légitime et populaire aujourd’hui s’appelle Jordan Bardella. Dans l’opinion, il incarne à la fois la fermeté, la jeunesse et l’ancrage populaire que Macron n’a jamais su construire. Là où les scénarios de destitution ne sont que du vent, et où les motions de censure ne font que prolonger l’agonie, Bardella apparaît comme une sortie de crise crédible.
Un gouvernement Bardella–Knafo–Ciotti–De Villiers donnerait une colonne vertébrale claire : ordre, souveraineté, autorité. C’est ce que réclame une majorité silencieuse de Français lassés des faux-semblants et des postures technocratiques. Macron le sait : il n’a plus que deux choix, s’accrocher jusqu’à l’effondrement, ou reconnaître que la seule potion réaliste pour le pays passe par Bardella.