Le séminaire TOPOS explore à Nouméa l’alliance entre sciences, cultures et biodiversité pour imaginer la ville de demain.
Une ville qui écoute ses écosystèmes
Le campus de Nouville s’apprête à devenir, les 4 et 5 septembre, le laboratoire vivant d’un projet inédit : TOPOS. Porté par l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), ce programme entend réconcilier la ville avec ses milieux naturels et ses cultures. Comme le résument les organisateurs :
Il s’agit d’écouter ce que la biodiversité et les pratiques culturelles locales ont à nous dire pour construire la ville de demain
À l’heure où Nouméa étouffe sous la pression démographique et environnementale, TOPOS se présente comme une réponse ambitieuse : relier arts, sciences et langues pour inventer un modèle urbain plus sensible, plus inclusif et plus écologique.
Projections et récits de l’océan
La première étape aura lieu le jeudi 4 septembre, avec une soirée de projections à l’amphi 400. Plusieurs films viendront poser le décor : Drenge Ju ! – L’art et la science sur une même pirogue (IRD & UICN, 2022), Mâdaa Najë – Écho de l’océan (Nicolas Job, 2025), ainsi que des courts-métrages étudiants réalisés lors de la Semaine des Océans.
Le projet veut partir du réel, de ce que disent les images, les voix et les mémoires du territoire
explique une chercheuse associée. Les échanges avec le public viendront nourrir cette réflexion collective.
Ateliers et dialogue autour de la ville
Le vendredi 5 septembre, la journée entière sera consacrée à la découverte des axes de recherche TOPOS. Entre témoignages de projets collaboratifs, table ronde et ateliers, les participants réfléchiront à des pistes concrètes pour « construire des villes à la fois inclusives et écologiques ». Ici, l’objectif n’est pas seulement académique : il s’agit de relier chercheurs, associations, artistes et citoyens.
Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons inventer une ville attentive à son environnement et respectueuse de ses habitants
insiste un membre du comité scientifique.
Une ambition politique et culturelle
TOPOS n’est pas un séminaire de plus. Il porte une ambition politique : replacer la recherche au service du territoire et de ses habitants. Dans une Calédonie fracturée par les crises sociales et environnementales, ce type d’initiative résonne comme une tentative de réconciliation. L’UNC et l’IRD veulent démontrer que la science peut sortir de ses laboratoires pour irriguer la cité. Comme le dit un participant :
Faire dialoguer un biologiste, un artiste et un coutumier, c’est déjà transformer la ville
Une invitation à penser autrement
Avec TOPOS, Nouméa tente une expérience rare : se penser comme une ville qui écoute. Écoute de ses récifs, de ses cultures, de ses langues, mais aussi de ses blessures. Une démarche exigeante mais nécessaire à l’heure où la crise écologique ne laisse plus le choix.
Un rendez-vous à ne pas manquer pour celles et ceux qui croient qu’une autre ville est possible.