Encore une semaine politique intense pour le Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Les élus du boulevard Vauban vont enchaîner auditions, rapports et projets de délibérations dans une atmosphère de réformes lourdes et de responsabilités accrues.
Logement social et garanties financières : l’État appelé à la rescousse
Dès le lundi 1er septembre 2025, les commissions du Congrès s’attaqueront à un dossier sensible : la garantie d’emprunt de la Nouvelle-Calédonie au profit de la Société immobilière de Nouvelle-Calédonie (SIC). Derrière ce geste, il s’agit, ni plus ni moins, de sauver un modèle de logement social fragilisé par les dettes contractées auprès de la Caisse des dépôts et consignations. Une fois encore, c’est la collectivité qui devra se porter garante pour maintenir à flot un secteur qui, sans soutien public, risquerait l’effondrement.
En parallèle, la commission entendra les acteurs du secteur : SIC, SEM Sud Habitat, Fonds social de l’habitat. Un constat s’impose : sans réforme structurelle, le logement social calédonien restera une bombe à retardement pour les comptes publics.
Santé et fonction publique : le poids des revendications syndicales
Toujours le 1er septembre, à 14 h 30, place à un autre dossier brûlant : les revendications des syndicats paramédicaux. Auditions de l’UT-CFE-CGC, de la Fédé, puis examen d’un texte en faveur de certains personnels de santé. La scène est connue : syndicats exigeants, élus contraints, finances exsangues.
À cela s’ajoutera, quelques jours plus tard, l’examen d’un projet de loi du pays sur la fonction publique de Nouvelle-Calédonie, avec un volet consacré aux concours administratifs. Là encore, la dépense publique enfle, tandis que le privé étouffe. Cette semaine met en lumière un déséquilibre persistant : toujours plus de garanties pour la fonction publique, toujours moins de réformes structurelles.
Grands travaux, fiscalité et avenir institutionnel : l’agenda de la République
Les 2 et 3 septembre, le Congrès se penchera sur des textes économiques et douaniers, sur la sécurisation des ponts de Houaïlou et Ponérihouen, ainsi que sur la modification du code de la route.
Le 4 septembre, en séance publique, le menu sera copieux : énergie, transport aérien, reconstruction d’infrastructures, évaluation des politiques publiques, sans oublier le rapport accablant de la chambre territoriale des comptes sur les déplacements des élus.
Enfin, point hautement politique, le 5 septembre sera marqué par l’examen d’une proposition de loi organique visant à reporter le renouvellement général du Congrès et des assemblées provinciales, conformément à l’accord du 12 juillet 2025. Là, plus de doute : la République reprend la main. Le haut-commissaire a lui-même sollicité cette session extraordinaire, preuve que Paris veille et que l’avenir institutionnel ne se construira pas dans le désordre.
Entre un logement social à bout de souffle, une fonction publique surprotégée, des infrastructures à réhabiliter et une réforme institutionnelle capitale, la semaine du 1er au 5 septembre 2025 restera comme un moment clé.
Les élus locaux n’auront pas d’autre choix que de sortir de la gestion de crise permanente et de penser l’intérêt général avant les petits arrangements politiques. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : maintenir l’autorité, restaurer la confiance et éviter que la Nouvelle-Calédonie ne sombre dans une spirale d’assistanat et de dettes.