Ils sont venus voir, comprendre et constater sur le terrain.
À Tontouta, la démonstration était claire : l’État investit, assume et s’inscrit dans la durée en Nouvelle-Calédonie.
Une base stratégique au cœur de l’ambition française dans le Pacifique
C’était l’effervescence, ce lundi 26 janvier, sur la base aérienne 186 « Lieutenant Paul Klein » à Tontouta, sur la commune de Païta.
Loin d’une simple opération de communication, cette démonstration opérationnelle a mis en lumière une réalité souvent passée sous silence : la France continue d’investir durablement en Nouvelle-Calédonie, y compris dans ses infrastructures stratégiques.
La base aérienne de Tontouta est aujourd’hui au cœur de cette ambition. Construction d’un grand dock dédié aux Falcons assurant les évacuations sanitaires, création de nouveaux hangars, modernisation lourde des infrastructures : ces choix sont concrets, chiffrés et planifiés.
Ils traduisent une volonté claire de renforcer la capacité de projection, de secours et de souveraineté française dans le Pacifique Sud.
Ces investissements s’inscrivent dans une logique globale. Être capable d’accueillir des avions toujours plus imposants, de renforcer la maintenance lourde sur place et de sécuriser les opérations aériennes, civiles comme militaires, est devenu un impératif stratégique.
À l’horizon 2031, la base aérienne 186 devra être en mesure d’accueillir de nouveaux avions, hélicoptères et des capacités logistiques renforcées, comme l’a confirmé le colonel Genre-Grandpierre, commandant de la base.
Des investissements lourds et des retombées économiques locales assumées
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et coupent court à toute lecture idéologique.
600 millions de francs CFP sont engagés pour la construction de nouveaux hangars capables d’accueillir des Falcons ou des hélicoptères Caracal.
1 milliard 500 millions de francs CFP seront consacrés à l’agrandissement et à l’adaptation de la piste afin de répondre aux standards des appareils de nouvelle génération.
Mais le chantier le plus structurant reste celui du hangar de maintenance de l’A400M, un projet estimé à près de 3 milliards de francs CFP.
Un investissement massif, pour lequel les entreprises calédoniennes pourront se positionner via des appels d’offres, générant activité, emplois et compétences locales.
Au-delà du béton et de l’acier, ces projets impliquent aussi l’installation durable de familles de militaires. Elles vivent sur le territoire, consomment localement, scolarisent leurs enfants et participent à la vie économique et sociale.
C’est une dynamique de stabilité, souvent ignorée, mais essentielle pour un territoire fragilisé par des crises successives.
Qu’on l’apprécie ou non, le constat est factuel : Sébastien Lecornu, successivement ministre des Outre-mer, ministre des Armées et aujourd’hui Premier ministre, tient les engagements pris pour la Nouvelle-Calédonie en matière de défense et de présence militaire.
Dans un contexte régional de plus en plus concurrentiel, la France ne recule pas : elle structure.
L’A400M, un outil militaire au service des populations
Actuellement, les appareils les plus imposants stationnés de manière permanente sur la base aérienne 186 sont les deux Casa.
Mais cette situation est appelée à évoluer. D’ici 2031, l’A400M pourrait être accueilli durablement à Tontouta, un saut capacitaire majeur pour le territoire.
Cette semaine, l’avion militaire était justement présent en Nouvelle-Calédonie pour livrer un nouvel hélicoptère à la base. L’occasion pour l’équipage de mener plusieurs exercices opérationnels et de démontrer les capacités polyvalentes de l’appareil.
Car l’A400M n’est pas qu’un outil de projection militaire. Il est aussi un vecteur essentiel d’assistance aux populations.
Lors des émeutes de mai 2024, il a joué un rôle clé dans le réapprovisionnement de la Nouvelle-Calédonie, notamment en médicaments et en matériels essentiels. Un fait vérifiable, documenté, loin des discours abstraits.
Ce lundi, la mission du jour illustrait parfaitement cette polyvalence : le sauvetage d’un homme en mer, mené en coordination avec la SNSM.
Une opération concrète, visible, qui rappelle que la présence militaire française n’est pas seulement stratégique ; elle est aussi humanitaire et opérationnelle.
Voir de près, comprendre, mesurer les effets sur le territoire : c’est ainsi que se construit une action publique responsable, ancrée dans le réel et non dans l’idéologie.
À Tontouta, la France ne fait pas de promesses vagues. Elle investit, elle construit et elle assume sa place dans le Pacifique.


















