Deux réalités s’entrechoquent aujourd’hui en Nouvelle-Calédonie : l’effondrement silencieux des effectifs soignants et la nécessité absolue de reconstruire un pilier fondamental, la santé.
Face à cette urgence, les collectivités locales tentent de reprendre la main, loin des discours victimaires.
Une profession vitale face à l’effondrement des effectifs soignants
Ce lundi 2 février, Claude Gambey, membre du gouvernement en charge de la santé, s’est rendu à la cérémonie d’accueil de la promotion 2026 préparant le diplôme d’État d’infirmier.
Un déplacement hautement symbolique, alors que le système de santé calédonien traverse l’une des plus graves crises de personnel de son histoire récente.
La cérémonie s’est tenue en présence de Catherine Ris, présidente de l’Université de la Nouvelle-Calédonie, de Yannick Lerrant, directrice de la Maison de l’étudiant, de Marie-Laure Mestre, directrice des Affaires sanitaires et sociales (DASS), ainsi que de Hnassil Duhnara, directeur de l’IFPSS.
Un signal clair : la formation des soignants est désormais un enjeu stratégique.
À cette occasion, Claude Gambey a rappelé l’importance fondamentale du métier d’infirmier, soulignant qu’il s’agit d’« une profession dont la Nouvelle-Calédonie a grandement besoin ».
Il a insisté sur la dimension humaine du soin, fidèle à la philosophie du plan Do Kamo, déclarant :
Prendre soin et appréhender l’Homme dans sa globalité, et pas uniquement dans sa maladie.
Cette prise de parole intervient dans un contexte alarmant. Dès le début de l’année 2025, les répercussions des émeutes ont lourdement pesé sur les structures hospitalières publiques.
Chez les infirmiers, la baisse des effectifs atteint 16 %, conséquence directe de l’épuisement professionnel, des départs massifs et d’un climat de travail dégradé.
Toutes les provinces sont concernées. Aucune structure hospitalière n’est épargnée, du Nord aux Îles en passant par le Grand Nouméa.
Fin 2025, le malaise a atteint un point critique avec des agressions subies par trois soignants du Médipôle de Koutio, révélant une perte inquiétante de respect pour la profession infirmière.
Refaire de la Nouvelle-Calédonie un territoire sanitaire attractif
Pour autant, tout n’est pas sombre. Face à la désorganisation héritée des violences et à l’usure du personnel, les collectivités refusent la fatalité.
L’objectif est clair : restaurer l’attractivité du territoire pour les professionnels de santé, condition indispensable au maintien d’un système hospitalier digne.
La province Sud a ainsi engagé un dispositif d’aide à l’installation, visant à attirer et fidéliser les soignants, notamment les infirmiers diplômés d’État.
Une politique assumée, qui tranche avec des années d’inaction et de renoncements.
Cette nouvelle promotion d’infirmiers s’inscrit donc dans une logique de reconstruction, loin des discours plaintifs.
Former, responsabiliser, stabiliser : la réponse passe par l’exigence et la durée, pas par la démagogie.
Les autorités sanitaires le savent : sans infirmiers, aucun système de santé ne tient.
Ils sont le premier maillon du soin, le lien quotidien avec les patients, et souvent le dernier rempart face à la désorganisation.
Diplôme d’État d’infirmier : une formation exigeante et structurante
La formation au diplôme d’État d’infirmier, régie par l’arrêté du 31 juillet 2009, s’inscrit dans le cadre du système Licence-Master-Doctorat (LMD).
Elle permet l’obtention du grade de licence, soit 180 crédits ECTS, ouvrant la voie à des poursuites d’études en master.
D’une durée de trois ans, la formation repose sur une alternance rigoureuse entre enseignements théoriques et pratique clinique.
Elle est structurée en six semestres de vingt semaines chacun, représentant un total de 4 200 heures de formation.
La partie théorique comprend 2 100 heures, réparties entre cours magistraux, travaux dirigés et travaux personnels guidés.
Elle vise l’acquisition de connaissances solides en sciences infirmières, santé publique et pratiques professionnelles.
La formation clinique repose également sur 2 100 heures de stages, indispensables à la validation de dix compétences professionnelles.
Ces immersions sur le terrain confrontent les étudiants à la réalité du soin, loin des abstractions idéologiques.
Les démarches de prévention et de promotion de la santé sont intégrées à travers le service sanitaire des étudiants en santé, renforçant leur rôle dans la cohésion sociale.
Conditions d’accès et modalités d’inscription pour la rentrée 2026
Les modalités d’admission sont fixées par l’arrêté du 13 décembre 2018. Quelle que soit la voie d’inscription choisie, les candidats doivent avoir 17 ans minimum au 31 décembre de l’année d’entrée en formation.
Deux parcours principaux existent. La sélection IDE au titre de la formation professionnelle continue, accessible sous condition de trois ans d’expérience professionnelle, tous secteurs confondus.
La voie Parcoursup Nouvelle-Calédonie s’adresse aux élèves de terminale, sous réserve de l’obtention du baccalauréat, ainsi qu’aux titulaires du bac souhaitant reprendre ou réorienter leurs études.
Les sélections pour une rentrée en 2026 sont à venir, confirmant la volonté de renforcer rapidement les effectifs.
Dans un contexte de crise sanitaire persistante, cette promotion 2026 incarne une réponse concrète, fondée sur la responsabilité, l’engagement et le mérite.
Un choix clair : former plutôt que subir, reconstruire plutôt que se lamenter.
(Crédit photo couverture : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)


















