Après les pluies, le risque sanitaire grimpe

La situation est claire. Les fortes pluies de ces derniers jours, et celles encore attendues, créent un terrain favorable à deux maladies bien connues du territoire : la dengue et la leptospirose.
Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, par l’intermédiaire de la direction des Affaires sanitaires et sociales (DASS), appelle à la responsabilité individuelle et collective.
Du 1er janvier au 26 février 2026, 117 cas de dengue ont été détectés dans 19 communes.
Dans le même temps, 39 cas de leptospirose ont été confirmés depuis le début de l’année.
Les chiffres sont publics. Les consignes sont connues. Reste à les appliquer.
Dengue : éliminer l’eau stagnante et se protéger sans attendre
La dengue progresse lorsque les moustiques se multiplient. Et les pluies abondantes créent précisément les conditions idéales à leur prolifération.
Dans le Grand Nouméa Nouméa, Mont-Dore, Païta et Dumbéa la circulation du virus reste contenue grâce à la présence de moustiques porteurs de Wolbachia, un dispositif qui limite fortement la transmission.
En revanche, la transmission est plus active dans les zones non couvertes par Wolbachia. Les communes de Poya, Thio, Pouébo et Ouégoa concentrent une part importante des cas recensés.
Les regroupements liés à la rentrée scolaire peuvent également favoriser une accélération des contaminations si les gestes de prévention ne sont pas strictement respectés.
Le principal levier reste simple : la suppression des gîtes larvaires.
Après chaque pluie, il faut éliminer toute eau stagnante autour des habitations : soucoupes, pneus, récipients, déchets, bâches mal tendues ; entretenir les extérieurs et couper les herbes hautes ; porter des vêtements couvrants ; installer des moustiquaires ; utiliser un répulsif adapté, en demandant conseil à un professionnel de santé pour les enfants et les femmes enceintes.
Pour les bébés de moins de six mois, la moustiquaire reste la priorité absolue.
Autre point essentiel : en cas de dengue confirmée, il faut éviter les piqûres pendant plusieurs jours afin de ne pas infecter d’autres moustiques et de limiter la transmission à l’entourage.
Il ne s’agit pas d’alarmisme. Il s’agit de discipline sanitaire.
Leptospirose : le danger invisible des eaux boueuses
La leptospirose progresse après les crues et les inondations. Cette infection est transmise par contact avec de l’eau, de la boue ou des sols contaminés par l’urine d’animaux infectés, notamment les rongeurs.
Les épisodes pluvieux augmentent mécaniquement les situations d’exposition.
Les consignes sont précises : ne jamais marcher pieds nus, même en claquettes, dans la boue, les flaques ou les zones inondées. Éviter les baignades en eau douce après de fortes pluies.
Pour les travaux en milieu humide (jardinage, nettoyage après inondation), porter des chaussures fermées et des gants. Protéger toute plaie : nettoyage, désinfection et pansement étanche.
Limiter la présence de rongeurs autour des habitations : déchets correctement stockés, aliments protégés, ramassage des fruits tombés.
Ces règles relèvent du bon sens. Elles relèvent aussi de la responsabilité.
La prévention n’est pas une option administrative. C’est un devoir civique.
Un seul réflexe : consulter rapidement en cas de fièvre
La dengue et la leptospirose peuvent débuter par des symptômes similaires : fièvre, douleurs, fatigue intense, maux de tête. En cas de symptômes, il faut consulter rapidement un médecin.
Lors de la consultation, il est indispensable de préciser toute exposition récente : piqûre de moustique ; séjour dans une commune où la dengue circule ; contact avec de l’eau ou de la boue après inondation ; travaux extérieurs en milieu humide ; baignade en eau douce.
Seul un professionnel de santé peut orienter les examens nécessaires et décider de la prise en charge adaptée. La DASS rappelle que l’actualisation des cas et l’ensemble des recommandations sont disponibles sur son site officiel.
Il n’y a ni fatalité tropicale ni excuse climatique. La Nouvelle-Calédonie connaît ces risques. Elle dispose des outils pour les contenir.
Mais la clé reste immuable : la vigilance individuelle. La protection du territoire passe aussi par les gestes du quotidien.

