Nature vs humains : le pari gagnant du Grand Lagon Sud

De décembre à avril, le Grand Lagon Sud s’anime d’un ballet aérien unique. Plus de 5 000 couples d’oiseaux marins ont trouvé refuge sur 24 îlots, protégés grâce à un dispositif strict de mâts et de mises en défens. Cette saison 2024-2025 marque un véritable succès pour la province Sud et la protection de la biodiversité.
Le dispositif de mâts permet de concilier loisirs humains et nidification. Les zones sensibles sont désormais clairement délimitées, limitant les dérangements et assurant une reproduction optimale des espèces protégées.
Vrai succès du dispositif : 12 îlots fermés, 5 000 couples protégés
La province Sud a identifié 24 îlots majeurs pour la nidification. Parmi eux, 12 ont été équipés de mâts ou de mises en défens. Ces îlots sont strictement interdits au débarquement et au survol de drones, garantissant la tranquillité des oiseaux.
Le bilan est parlant : près de 5 000 couples ont niché sur ces îlots avec un taux de reproduction de 65 %, tandis que les 35 % restants ont été affectés par le dérangement humain (45 %), les conditions météo défavorables (33 %) et l’érosion (22 %).
L’exemple le plus marquant est l’îlot Koko, où se regroupent les fous bruns, les fous masqués et les fous à pieds rouges. Depuis l’installation du mât permanent en 2014, ces espèces bénéficient d’une tranquillité remarquable et la reproduction s’est stabilisée.
Suivi détaillé des espèces : succès et difficultés
Les sternes de Dougall ont montré une nidification mitigée : 1 583 couples sur l’ensemble des îlots phare, en baisse par rapport aux 3 450 couples de la saison 2023-2024 . Le mât permanent et les mises en défens ont permis de limiter les dérangements humains, mais les conditions météorologiques défavorables et l’érosion restent des facteurs limitants.
Les sternes huppées ont vu 1 200 couples se reproduire sur les îlots principaux (Totéa, Uié, N’Da), avec un succès notable autour des mâts installés, notamment sur Totéa et Uié, où plus de 500 adultes ont été recensés.
La sterne diamant a comptabilisé 500 couples sur Vua, Uaterembi et Ua, tandis que les îlots restants ont connu des difficultés liées aux dérangements ponctuels et aux submersions.
Les noddis bruns totalisent 1 251 couples sur les îlots phare, avec des effectifs stables malgré les interventions humaines pour évacuer des blessés ou gérer les débordements. Les noddis noirs, plus nombreux, comptent plusieurs milliers d’individus et semblent moins sensibles aux perturbations que leurs homologues bruns.
Enfin, les fous à pieds rouges, bruns et masqués confirment l’importance du dispositif. Sur Koko, 400 fous à pieds rouges ont été recensés, tandis que les fous bruns et masqués, bien que moins nombreux, bénéficient d’une protection totale et voient leur reproduction favorisée par la mise en défens des îlots.
Organisation et dispositifs : mâts et mises en défens
Chaque îlot protégé suit un calendrier précis, avec levée et retrait des mâts ainsi que mises en défens adaptées aux périodes de nidification.
Par exemple, l’îlot Kouaré a eu son mât installé du 11/12/24 au 22/04/25, permettant à 800 sternes de Dougall de se reproduire, tandis que l’îlot N’Da a vu ses mâts rester en place jusqu’au 24/07/25 pour protéger noddis et sternes. D’autres îlots comme Petit Koko, Mboré, Totéa et Ua ont suivi des calendriers similaires, avec des périodes de 5 à 10 mois selon la sensibilité des espèces et les conditions locales.
Les mises en défens protègent temporairement les zones sensibles tout en permettant l’accès aux zones moins critiques, créant ainsi un équilibre entre loisirs et conservation. La province Sud rappelle que toute perturbation volontaire peut entraîner des sanctions allant jusqu’à 90 000 F conformément au code de l’environnement.
La saison 2024-2025 du Grand Lagon Sud démontre que la protection active et ciblée des îlots porte ses fruits.
La nidification de plus de 5 000 couples d’oiseaux marins et la stabilité des populations sur les îlots phares illustrent l’efficacité des mâts et des mises en défens.
Les interventions humaines et les conditions naturelles restent des défis, mais le suivi précis et la gestion proactive ont permis d’éviter des pertes catastrophiques. La province Sud réaffirme son engagement pour la biodiversité et la protection des espèces protégées, en combinant lois strictes et dispositifs concrets sur le terrain.
Pour plus d’informations et pour consulter les îlots protégés : province-sud.nc/oiseaux-du-lagon.

