Je me suis réveillé, et la campagne a encore changé de braquet

Les listes du second tour étaient tombées.
Et là, j’ai compris qu’en Nouvelle-Calédonie, une municipale, ce n’est jamais juste une municipale.
Il y aura 80 listes dimanche dans 25 communes.
Des fusions.
Des maintiens.
Des triangulaires.
Des quadrangulaires.
Et dans le Grand Nouméa, personne n’a eu la délicatesse de simplifier le menu.
À Nouméa, on repart pour un duel à trois.
À Dumbéa, ils seront cinq.
Au Mont-Dore, ça se bouscule encore.
À Païta, tout le monde veut incarner le changement, donc forcément, ils sont plusieurs.
Pendant ce temps, le FLNKS a expliqué qu’il ne voulait plus d’alliances de circonstance.
En gros : chacun chez soi, et l’indépendance au milieu du salon.
À Nouméa, comme leur liste a raté de peu la barre des 10 %, l’appel est tombé : vote blanc ou nul.
Ambiance.
À Dumbéa, Yoann Lecourieux appelle les abstentionnistes à se réveiller.
Muriel Malfar-Pauga dit qu’elle reste sans étiquette.
Et Cynthia Jan, elle, garde sa position de favorite du premier tour avec une avance bien installée.
Bref, tout le monde parle au peuple.
Mais surtout au peuple qui n’a pas voté.
À Païta, Milakulo Tukumuli a sorti la formule : pas d’alliance avec les appareils, alliance avec le peuple.
C’est propre.
C’est bien emballé.
Et ça confirme surtout une chose : à quatre jours du vote, chaque camp essaie de raconter que le vrai second tour, c’est lui.
Sauf qu’au même moment, il y avait un autre sujet, beaucoup moins électoral et beaucoup plus brutal : Air Calédonie continue de s’enfoncer.
Les liaisons vers les îles sont toujours bloquées.
La moitié du personnel passe en chômage partiel.
Et maintenant, on parle carrément de redressement judiciaire.
Là, on n’est plus dans la polémique.
On est dans le dur.
Le vrai.
Celui qui menace des centaines d’emplois et qui isole encore un peu plus les populations des îles.
Et comme si ça ne suffisait pas, on a rappelé qu’il reste encore 12 000 véhicules équipés d’airbags Takata défectueux sur le territoire.
Donc pendant que certains cherchent leur bulletin pour dimanche, d’autres roulent peut-être avec un danger mortel juste devant eux.
Deux morts déjà en Nouvelle-Calédonie.
Et malgré ça, il faut encore convaincre.
Ici, même les urgences ont besoin d’un rappel.
Moi, je me suis réveillé avec une campagne partout, une compagnie aérienne au bord du vide, des airbags qui traînent encore dans les voitures, et des candidats qui courent après les abstentionnistes comme si leur vie en dépendait.
En fait, peut-être que leur vie politique, oui.
Bref.

