les Loyalistes et Le Rassemblement stoppent net les discussions

La rupture est désormais actée. Face à une décision parlementaire jugée déséquilibrée, les Loyalistes et le Rassemblement haussent le ton.
C’est un refus clair et assumé. Dans un communiqué publié ce mardi 7 avril 2026, les Loyalistes et le Rassemblement annoncent qu’ils ne participeront pas à la réunion convoquée par l’État sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.
Une décision lourde de sens, qui intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par le rejet à l’Assemblée nationale du projet de loi constitutionnelle intégrant l’Accord de Bougival et l’Accord complémentaire Élysée-Oudinot.
Une décision parlementaire qui change la donne
Pour les deux formations non-indépendantistes, le vote des députés constitue une rupture majeure dans l’équilibre politique construit ces derniers mois.
En mettant fin à l’examen du texte, la majorité parlementaire a, selon eux, rompu les engagements pris et fragilisé la parole donnée entre partenaires politiques.
Ils rappellent que les accords avaient été signés après plusieurs mois de négociations, dans un cadre validé par l’ensemble des forces politiques calédoniennes.
Dès lors, ce rejet est perçu comme un désaveu direct du compromis trouvé sur le territoire.
Une légitimité contestée de la réunion proposée par l’État
Dans ce contexte, la réunion convoquée par le gouvernement apparaît, aux yeux des Loyalistes et du Rassemblement, dénuée de sens politique.
Le Premier ministre a évoqué la possibilité de réunir à nouveau les signataires de l’accord. Mais pour les formations loyalistes, la question centrale demeure : qui sont encore les signataires légitimes ?
Ils pointent notamment le rôle du FLNKS, accusé d’avoir remis en cause sa signature, ainsi que la présence de groupes liés aux violences du 13 mai 2024, ce qui rendrait toute discussion incohérente.
Le spectre d’un retour en arrière institutionnel
Autre point de crispation : le renvoi du texte en commission, qui éloigne toute perspective d’évolution institutionnelle conforme aux accords négociés.
Les Loyalistes et le Rassemblement dénoncent un blocage politique à Paris qui empêche toute sortie de crise, tout en rappelant que le référendum d’autodétermination n’est plus constitutionnellement possible.
Dans ce contexte, ils estiment que le maintien du statu quo ou un retour à des positions antérieures constituerait une impasse politique dangereuse pour le territoire.
Une ligne de fermeté face aux violences
Enfin, les deux mouvements conditionnent toute reprise du dialogue à un préalable clair : la fin des violences.
Ils affirment qu’ils ne participeront à aucune réunion impliquant le FLNKS tant que l’État n’aura pas obtenu de garanties concrètes sur l’arrêt des actions violentes.
Une position qui traduit une stratégie de fermeté assumée, dans un contexte où la défiance entre les acteurs politiques atteint un niveau critique.

