Journée internationale du baiser : bien plus qu'un geste, une science

Chaque 6 juillet, le monde célèbre le baiser. Pas celui de la bise sociale, pas le bisou du dimanche chez mamie, le vrai baiser, celui qui compte, celui qu'on choisit. La Journée internationale du baiser est née au Royaume-Uni dans les années 1990, sous l'impulsion de dentistes britanniques qui souhaitaient rappeler l'importance de ce geste dans la vie affective. L'idée a rapidement essaimé, portée par les réseaux sociaux et un enthousiasme populaire universel, pour devenir une célébration planétaire.
Une histoire vieille comme le monde
Le baiser n'a pas toujours eu la signification qu'on lui connaît aujourd'hui. Dans l'Antiquité, il était avant tout échangé entre hommes comme signe de reconnaissance sociale et d'appartenance à un même groupe. La première mention du baiser sur les lèvres dans la littérature remonte à environ 1500 avant notre ère, dans des textes indiens. Ce sont les Romains qui en ont popularisé la pratique en Europe, avec une terminologie déjà bien précise : l'osculum pour le baiser social, le basium pour le baiser tendre entre époux, le suavium pour le baiser amoureux profond. Ce n'est qu'à la Renaissance que le baiser devient une marque d'amour entre homme et femme, quittant progressivement la sphère du rituel pour entrer dans celle de l'intime.
Un geste universel ? Pas si vite
On pourrait croire que s'embrasser est une évidence pour toute l'humanité. Ce serait aller vite en besogne. Une étude menée par des chercheurs de l'université d'Indiana sur 168 cultures à travers le monde a conclu que seulement 46 % d'entre elles pratiquent le baiser sur la bouche. En Polynésie et dans une partie de l'Océanie, le geste traditionnel d'affection passe davantage par le contact frontal ou le frottement de nez, ce que les Maoris de Nouvelle-Zélande appellent le hongi, que par le baiser occidental. La diffusion du baiser « à la française » dans ces régions du monde est en grande partie liée à l'influence européenne, notamment coloniale.
Ce que dit la science
Le baiser a sa propre discipline scientifique, la philématologie, et les chercheurs ne manquent pas de résultats pour justifier qu'on s'y adonne sans retenue. Un baiser intense mobilise une trentaine de muscles faciaux, tonifie la peau et favorise la microcirculation. Il déclenche une cascade hormonale : libération d'ocytocine (l'hormone de l'attachement), de dopamine (le plaisir) et d'endorphines (le bien-être). Résultat : tension artérielle qui baisse, stress qui fond, cholestérol en recul. Certaines études ont même montré que l'échange de bactéries lors d'un baiser jusqu'à 80 millions en six secondes contribuerait à renforcer le système immunitaire des partenaires. Un vrai soin de santé, et sans ordonnance.
En Nouvelle-Calédonie, le mélange des gestes
Sur le Caillou, le baiser se vit à l'image de la société calédonienne elle-même : plurielle, métissée, parfois contrastée. Dans la culture kanak, les démonstrations d'affection physique entre adultes ont longtemps été peu présentes dans l'espace public, relevant d'une pudeur et d'un rapport au corps différents de ceux hérités de l'Europe. La bise à trois ou quatre fois, la poignée de main chaleureuse, l'accolade autant de gestes de connexion qui coexistent avec les habitudes plus occidentales. Ce 6 juillet est une invitation à regarder avec tendresse et curiosité la richesse de ces codes, sans jamais en hiérarchiser aucun. Et peut-être, pour ceux qui le souhaitent, à voler un baiser de plus que d'habitude.

