Présidentielle : comment Mélenchon aimante la gauche

ALLÉGEANCE. Face à la domination de l’insoumis dans les sondages, de plus en plus de voix à gauche appellent à le soutenir, dans une logique de vote utile.
Lucas Planavergne 04/07/2026

Jean-Luc Mélenchon, Philippe Poutou et Sandrine Rousseau. © AFP
La présidentielle donnera-t-elle naissance à un nouveau Nouveau Front populaire ? En pleine course à l’Élysée, la gauche commence à ressortir la carte de l’alliance après avoir pourtant juré des mois durant que celle des législatives anticipées de 2024 était la « der des ders ». Mais voilà, dans les dernières enquêtes d’opinion, Jean-Luc Mélenchon caracole en tête avec environ 15 % des suffrages. De quoi nourrir l’espoir d’une qualification au second tour et accréditer l’idée qu’il demeure le candidat « le mieux placé » pour l’emporter.
Au sein du PS, la logique du vote utile pourrait aussi s’imposer
C’est l’analyse que fait Sandrine Rousseau au micro de Sud Radio cette semaine. « Ça devient vital. Je veux bien qu’on critique non-stop Mélenchon, mais je voudrais au moins qu’on discute avec lui », a développé la députée écologiste, n’hésitant pas à lâcher publiquement la patronne de son parti en appelant à se ranger derrière le leader de La France insoumise. « Elle voue une animosité constante à Marine Tondelier. Dès qu’elle peut lui foutre un pain, elle le fait. C’est de l’opportunisme, observe une cadre des Verts. Certains parlementaires ont peut-être peur pour leur circonscription lors des prochaines échéances. Mais nous n’avons pas vocation à céder à la dictature des sondages aussi tôt dans la campagne ! »
Allié à LFI lors des présidentielles de 2012 et 2017, le Parti communiste français, dont le 40e congrès se tient ce week-end, fait lui aussi face à un dilemme : présenter un candidat pour exister ou se ranger afin d’empêcher une victoire du Rassemblement national. « Il y a des débats internes pour savoir ce qui serait le plus utile. Mais les différences avec LFI demeurent nombreuses, aussi bien en matière de stratégie que de sociologie électorale », explique un cadre du PCF, martelant le mantra répété cette semaine par son secrétaire national Fabien Roussel : « Nous ne voulons pas choisir entre Mélenchon et Glucksmann. »
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Au sein du PS, qui continue de s’écharper autour de sa votation interne, la logique du vote utile pourrait aussi s’imposer, comme en 2022 – ce qui avait conduit à la bérézina d’Anne Hidalgo – ou aux dernières municipales. Fin juin, la section jeune de la formation a ainsi lancé une pétition pour exhorter sa direction à rompre avec le « social-libéralisme » et s’engager en faveur de « l’union de la gauche à travers la primaire du Front populaire 2027 ». Une initiative qui profiterait, sans nul doute, à Jean-Luc Mélenchon. « Alors que nous sombrons dans une forme de déliquescence organisationnelle, pour nos jeunes militants, LFI constitue un partenaire fréquentable qui pourrait, en plus, nous apporter une ligne claire », observe un ponte socialiste, rejetant la faute sur le premier secrétaire Olivier Faure.
Pendant ce temps, chez les plus radicaux, la question est déjà tranchée. Lors d’une conférence de presse, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) de Philippe Poutou et Olivier Besancenot a annoncé son ralliement au tribun insoumis, indiquant que « des discussions » autour des modalités de ce soutien sont en cours.

