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L'actualité locale

Le hub de l'Europe ? C'est Nouméa

2 octobre 2026 à 14:00
4 min de lecture
Le hub de l'Europe ? C'est Nouméa

Résumé IA

L’État mobilise 1,5 milliard de F CFP via le Fonds à impact Outre-mer et 417 millions avec Atout France pour soutenir l’économie calédonienne, lors du sommet Choose France Outre-mer à Paris. Christopher Gygès annonce le premier sommet Choose NC à Nouméa, du 16 au 18 mars 2027, visant à attirer investissements et compétences, avec des filières prioritaires comme l’économie maritime et le numérique.

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Paris a donné le ton, Nouméa prend le relais. Entre engagements de l'État et sommet inédit, la Nouvelle-Calédonie veut redevenir une terre d'investissement.

L'État au rendez-vous, chiffres à l'appui

Il y a des rendez-vous qui disent beaucoup d'une époque.

Ce jeudi 1er octobre, sous les ors de la Banque de France, le sommet Choose France Outre-mer a réuni décideurs publics et acteurs économiques des territoires ultramarins.

La Nouvelle-Calédonie y était. Et elle n'est pas venue les mains vides.

D'un côté, l'État a sorti le carnet de chèques. De l'autre, le gouvernement calédonien a annoncé un événement qui doit placer le territoire sur la carte des investisseurs.

Deux messages, une même ligne : on ne relève pas une économie en se lamentant. On la relève en attirant des capitaux, des compétences et des projets.

C'est la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, qui a ouvert le bal des annonces.

Premier étage de la fusée : 1,5 milliard de F CFP, soit 13 millions d'euros, mobilisés sur cinq ans.

Le financement est intégralement pris en charge par l'État.

L'argent transitera par le Fonds à impact Outre-mer One. Sa mission est claire : accompagner les entreprises calédoniennes dans leur croissance et soutenir les secteurs d'avenir.

Pas de saupoudrage, donc. Un outil ciblé, tourné vers ceux qui produisent, embauchent et prennent des risques.

Deuxième étage, le tourisme.

Un partenariat de 417 millions de F CFP, soit 3,5 millions d'euros, a été conclu avec Atout France. Il servira à accompagner le développement du secteur, à financer des projets et à promouvoir la destination Nouvelle-Calédonie à l'international.

Le signal mérite d'être souligné.

Ces engagements ne tombent pas du ciel. Ils s'inscrivent dans la stratégie de l'État pour le redressement et la diversification de l'économie calédonienne à l'horizon 2030.

Après les émeutes de mai 2024, qui ont durement frappé le tissu économique local, la France rappelle une évidence que certains feignaient d'oublier : elle est présente, elle investit, elle tient sa place dans le Pacifique.

Choose NC, la Calédonie prend la main

La seconde annonce est venue de la délégation calédonienne elle-même.

Christopher Gygès, vice-président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en charge de l'attractivité, a officialisé la tenue du tout premier sommet Choose NC.

Rendez-vous est pris du 16 au 18 mars 2027 à Nouméa.

Autour de lui, une délégation qui en dit long sur la mobilisation du monde économique. Aircalin, partenaire Premium de l'événement. Le MEDEF NC, la CCI NC, la FEINC. Et plusieurs entreprises emblématiques du pays.

Le sommet n'est pas une initiative isolée. Il s'inscrit dans la feuille de route Attractivité 2026-2029 portée par le gouvernement calédonien.

Les objectifs sont affichés sans détour : attirer de nouveaux investissements et de nouvelles compétences, créer des emplois, diversifier l'économie, renforcer le rayonnement du territoire dans son environnement régional et international.

Et l'ambition va plus loin encore.

La Nouvelle-Calédonie entend se positionner comme le hub de l'Europe dans le Pacifique.

Une formule qui assume pleinement l'ancrage français et européen du territoire, au cœur d'une région où les grandes puissances se disputent l'influence.

Christopher Gygès a résumé l'état d'esprit de l'exécutif :

Avec l'organisation d'un sommet Choose NC, nous voulons faire de l'attractivité un véritable levier de développement pour la Nouvelle-Calédonie.

Il a insisté sur les atouts du territoire et sur l'enjeu concret de l'événement : faire connaître ces filières, provoquer des rencontres et, surtout, faire émerger de nouveaux investissements et partenariats au service de l'économie locale.

Des filières d'avenir sous les projecteurs

Trois jours. C'est le temps dont disposeront investisseurs, entreprises, acteurs économiques et partenaires institutionnels pour découvrir les opportunités et les projets calédoniens.

Le programme a déjà ses priorités.

Quatre filières sont identifiées comme prioritaires : l'économie maritime, le numérique, les ressources durables et la transition énergétique.

Le choix n'a rien d'anodin. Avec l'un des plus vastes espaces maritimes de la République, la Calédonie dispose d'un potentiel que peu de territoires peuvent revendiquer.

D'autres secteurs structurants auront aussi leur place. Le tourisme, évidemment, qui bénéficie déjà du coup de pouce d'Atout France.

Le nickel, pilier historique de l'économie locale, dont l'avenir reste un sujet central pour le territoire.

Mais aussi la santé, la silver economy, l'export et la coopération régionale.

Ce panorama dessine une économie qui refuse la dépendance à une seule ressource. Une économie qui veut compter sur ses forces plutôt que sur ses plaintes.

Le calendrier, lui, est désormais posé.

À Paris, l'État a mis des moyens sur la table. À Nouméa, en mars prochain, il appartiendra aux Calédoniens de convaincre le monde de venir investir chez eux.

(Crédit photo : Choose New Caledonia)