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L'actualité locale

Camp-Est : le cri d'alerte envoyé à Paris

3 octobre 2026 à 11:00
5 min de lecture
Camp-Est : le cri d'alerte envoyé à Paris

Résumé IA

Le syndicat FO Justice interpelle la direction de l’administration pénitentiaire à Paris, le 2 octobre 2026, sur les conditions de travail au quartier mineurs du centre pénitentiaire de Nouméa. Treize mois après le début des travaux, agents et mineurs détenus cohabitent toujours avec le chantier, ses nuisances et ses risques.

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Treize mois de travaux, des agents à la tâche au milieu de la poussière et du bruit, et des mineurs détenus revenus dans un quartier toujours en chantier.
FO Justice hausse le ton et interpelle directement le patron de l'administration pénitentiaire à Paris.

Treize mois de chantier, et toujours les mêmes agents en première ligne

Le courrier est daté du 2 octobre 2026. Il est signé Emmanuel Baudin, secrétaire général de FO Justice, et adressé à Pascal Courtade, directeur général de l'administration pénitentiaire. Son objet tient en une ligne : la situation du quartier mineurs du centre pénitentiaire de Nouméa.

Le ton, lui, ne laisse aucune place à l'ambiguïté. Pour le syndicat, la situation n'est plus acceptable.

Tout commence en septembre 2025. Des travaux sont lancés dans le quartier mineurs de l'établissement nouméen. Depuis, les personnels n'ont jamais cessé d'y travailler.

Ils le font dans un secteur transformé en zone de chantier. Le syndicat décrit des nuisances importantes, de la poussière, du bruit. Il pointe aussi la coactivité permanente avec les entreprises intervenantes et les difficultés à sécuriser les outils et le matériel laissés sur place. Dans une prison, ce dernier point n'a rien d'un détail.

Pendant un temps, les mineurs détenus avaient été déplacés. Ce n'est plus le cas. Ils ont réintégré le quartier, alors que les travaux se poursuivent.

Le 29 septembre, une réunion a réuni l'administration et les organisations syndicales. FO Justice y a de nouveau demandé qu'une autre organisation soit trouvée, pour ne pas maintenir durablement agents et mineurs dans ces conditions. La réponse est tombée, et elle n'est pas celle espérée : selon le syndicat, il a été décidé de manière unilatérale que le chantier continuerait en présence des surveillants et des personnels de la PJJ.

D'où une exigence posée noir sur blanc : la délocalisation du quartier mineurs pendant toute la durée des travaux.

Car la solution proposée aux agents ne convainc pas. Bouchons d'oreille, masques, équipements individuels : pour FO Justice, cela peut dépanner face à une difficulté ponctuelle. Pas devenir la norme de fonctionnement d'un quartier pénitentiaire. Encore moins lorsque le calendrier du chantier, selon le syndicat, ne cesse de s'allonger.

On demande à ceux qui tiennent les murs de la République de s'accommoder. Encore. Et toujours.

Plomb, amiante, silice : les questions que l'administration laisse sans réponse

Il y a le bruit. Il y a la fatigue. Et puis il y a la poussière.

Le site est ancien. FO Justice demande donc à l'administration de préciser quels matériaux sont touchés par les travaux, et quelles vérifications ont été menées, notamment sur la présence éventuelle d'anciennes peintures au plomb, d'amiante ou de silice, ou de tout autre matériau susceptible de présenter un risque pour la santé.

Le syndicat prend soin de ne pas extrapoler. Il n'affirme pas que les agents ont été exposés à ces substances. Sa position est plus simple, et plus dure à contourner : après plusieurs mois de chantier, il n'est pas normal que les personnels en soient encore à s'interroger sur la nature des poussières qu'ils respirent.

La conclusion s'impose d'elle-même. Les diagnostics et les analyses réalisés doivent être communiqués.

Le courrier ne s'arrête pas là. Il réclame aussi une révision des conditions de coactivité avec les entreprises, de la circulation dans les zones en travaux, ainsi que du stockage et de la sécurisation des outils.

Le problème, d'ailleurs, ne date pas d'hier. Le syndicat rappelle qu'il alerte depuis plusieurs mois sur la situation du centre pénitentiaire de Nouméa. Sa section locale dénonce sans relâche une dégradation continue des conditions de travail, alors que les chantiers s'enchaînent dans l'établissement.

Une phrase résume l'état d'esprit des agents : on ne peut pas leur demander de s'adapter indéfiniment à un environnement de travail dégradé.

À 22 000 kilomètres de Paris, l'État employeur face à ses obligations

Le raisonnement juridique du syndicat est limpide. Dès lors que l'administration est alertée sur des risques possibles pour la santé ou la sécurité de ses personnels, elle doit les évaluer et agir. Faute de quoi, écrit FO Justice, la question d'une carence de l'État employeur pourrait légitimement être posée.

Le syndicat demande donc à la DGAP d'intervenir rapidement auprès de la DSPOM, la direction qui pilote les services pénitentiaires d'outre-mer. Trois attentes sont formulées : un réexamen sans délai de la délocalisation du quartier mineurs, la communication des diagnostics et analyses, et la présentation d'un calendrier clair de fin de chantier.

Il réclame en outre la convocation en urgence de la formation spécialisée locale, afin que la situation soit examinée avec les représentants du personnel.

Et l'alerte ne restera pas cantonnée à la place Vendôme. Elle sera également transmise à l'Inspection santé et sécurité au travail du ministère de la Justice, pour que celle-ci puisse s'emparer du dossier.

Reste la phrase la plus forte du courrier, celle qui parlera à tous les Calédoniens attachés à l'égalité de traitement avec la métropole : à 22 000 kilomètres de l'administration centrale, les obligations de l'État employeur restent les mêmes.

Les surveillants de Nouméa ne demandent ni privilège ni passe-droit. Ils demandent, selon les mots du syndicat, rien d'exceptionnel : simplement de pouvoir travailler dans des conditions dignes.

Ce sont eux qui assurent, chaque jour, la garde de mineurs placés sous main de justice. Eux qui font tenir l'autorité de l'État dans un établissement sous tension. Eux encore qui encaissent les retards et les décisions prises sans leur avis.

FO Justice conclut en appelant à envisager sérieusement une délocalisation temporaire du quartier mineurs, jusqu'à ce que les agents puissent retrouver des locaux compatibles avec leur santé et leur sécurité. Le syndicat dit attendre une intervention rapide et des réponses concrètes.

La balle est désormais dans le camp de la DGAP.

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(Crédit photo : CGLPL)